LES BALLONS DANS L'APFRIQUE AUSTRALE
Le peu de nouvelles reçues indirectement de l’armée des Boëers ne nous permet pas de savoir si en réalité les défenseurs du Fransvaal ont employé, à la détermination des positions occupées par les Anglais, les aérostats qu'ils possédaient, si les renseignements que nous avons reçus sont exacts. Les assiégés de Mafeking, de Kimberley et de Ladysmith leur offraient de brillantes occasions pour déterminer l'état des défenses, et même pour augmenter l'efficacité des bombardements en employant le système que nous avons préconisé avec des ballons libres chargés de lyddite et lancés par un vent convenable.
Quant aux Anglais, nous savons qu'ils ont envoyé à l’armée du Natal un détachement d’aérostiers qui s’est trouvé renfermé dans Ladysmith. Les dépêches par pigeons voyageurs reçues du Cap ne mentionnent pas les succès obtenus par ces aérostats, nous n’en sommes pas surpris. En effet, d'après les dessins publiés par les journaux illustrés d'Angleterre, ces ballons étaient d’une construction tout à fait rudimentaire, la nacelle était attachée au cercle sans aucun intermédiaire. Les aérostiers anglais en sont aux simples ascensions foraines.
Leurs ballons ne s’élevant qu’à faible hauteur ont pu étre facilement percés par les projectiles des Boers. En outre, l'ordre dispersif fait partie de la tactique des Boers, qui sont fort habiles à se cacher, de sorte que l'aéronaute doit avoir beaucoup de mal à les apercevoir, surtout si la nacelle est installée d’une façon précaire.
Pour comble, les aérostiers anglais n'ont employé que du zinc pour préparer leur hydrogène. Dans leur précipitation ils n’ont point eu recours aux tubes à gaz comprimés qu'on a inventé à Birmingham. C'est un comble,
Somme toute, leur installation aéronautique ne paraît pas avoir été meilleure que celle du transport de leur Grande Armada.