LES PIGEONS VOYAGEURS AU FRANSYAAR
Malgré le laconisme des dépêches anglaises, nous voyons que le gouvernement britannique a tiré parti des enseignements du siège de Paris, et organise à Ladysmith un système de correspondance par pigeons voyageurs. Ce système comprend naturellement l'installation dans la place assiégée d'un pigeonnier pour les oiseaux élevés à Ladysmith et qui rapportent les nouvelles du dehors, et d'un autre pigeonnier où sont retenus en captivité les pigeons élevés au dehors. Ces derniers sont originaires soit de Durban, soit du Cap, soit de Pieter-Maritzburg, soit de ces trois localités.
Le système fonctionnera très bien aussi longtemps que ces stocks d'oiseaux ne seront pas épuisés. C’est alors qu'il faut avoir recours aux ascensions montées. En effet, les aéronautes jouent à la fois deux rôles, ils apportent les nouvelles et les correspondances de la place et ils ramènent dans des cages les oiseaux qui ont déjà franchi une première fois les lignes ennemies.
Les Anglais, fort indifférents en matière de navigation aérienne, ne paraissent point s'être préoccupés de cette seconde partie du problème qui est aussi importante cependant que la première.
Pour peu que le siège dure, ils sont exposés à se trouver privés de ce moyen de correspondance. Ce qui donnerait à supposer qu'il en est ainsi, c’est qu'ils paraïssent en ce moment faire de grands efforts pour établir des correspondances optiques
entre Ladysmith et Est-Court.
A. CLÉRY
Le Ballon du Comte Zeppelin
On a commencé à la fin du mois d'octobre le gonflement du ballon du comte Zeppelin qu’on devait lancer du lac de Constance.
Il devait être exécuté à l'aide de 2,000 appareils de compression fournis par l'usine de Zurich, et dont chacun renferme 5 mètres cubes de gaz hydrogène. Une foule de photographes de toutes les nations s'étaient donné rendez-vous autour du ponton monstre d’où le ballon devait être tiré par un bateau à vapeur, appartenant à la compagnie et qui est ancré en rade de Friedrichshafen. Mais on a subitement annoncé que l'opération était interrompue, à la suite d’un accident dont la nature n’a point été indiquée et de la gravité duquel nous ne pouvons en conséquence nous prononcer. Nous devons ajouter que d’après les dessins qui ont été publiés, le ballon Zeppelin est beaucoup plus compliqué qu’on ne le supposait. En effet, cet immense aérostat possède dans son intérieur une carcasse en fils d'aluminium. Cette carcasse est revêtue d’une enveloppe en tissu, laquelle porte le filet de suspension et pardessus -une enveloppe légère en nansouk pour éviter l’échauffement par les rayons solaires.
Quand on pense que la machine a 120 mètres de long et environ 12 mètres de diamètre, on ne peut s'empêcher de redouter que les déboires sans cesse renouvelés fassent abandonner finalement l'expérience qui a absorbé déjà une somme de 1,750,000 francs. Cette construction est faite avec un soin tout particulier, des ingénieurs d’un haut mérite s’y sont attachés. La cause de l’échec, c’est la égalomanie. Il faut appliquer surtout aux constructeurs de ballons dirigeables le mot de Talleyrand à ses diplomates : « Messieurs, surtout pas de zèle. »
W. MonNiot.
Le Directeur-Gérant : Georges BESANÇON.
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Directeurs : GEORGES BESANCON et WiLFrRiD DE FONVIELLE
7e Année — N° 12 Décembre 1899
PORTRAITS D'AERONAUTES CONTEMPORAINS