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Photographie donnée par l’enregistreur Cailletet
Cet ouvrage vient d’ailleurs à son heure. Par unc remarquable coïncidence, un vif mouvement d'intérêt pour les choses de l'aérostation se manifeste dans le monde éclairé. Le hvre de M. Banet-Rivet ne peut que stimuler l’intelligent désir de s'initier à un art dont la pratique est si peu connue.
Cependant, l'auteur de l'Aéronautique se trompe lorsqu'il indique comme authentique la version publiée par nos coopérateurs de Berlin et donne aux ballons-sondes allemands le record d2 la hauteur. L?s nombres qu'il cite n'appartiennent qu'à la légende. Les diagrammes originaux n'existent ou ne sont pas en état d'être mis sous les yeux des physiciens. On ne les a point apportés au Congrès aéronautique de Strasbourg.
Parmi les nombreux clichés, tous très clairs et artistiques, qui ornent l'ouvrage nous en avons choisi quelques-uns qu'il nous à paru intéressant de mettre sous les yeux de nos lecteurs.
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INFORMATIONS
L'AÉROSTATION MILITAIRE ÉTRANGÈRE. — Allemagne. — V'Allemagne et l'Autriche ont conclu une convention autorisant les aérostats militaires des deux pays à franchir les frontières pour atterrir. Les officiers montant des ballons devront êtres munis de papiers d'identité qu'ils présenteront aux autorités.
Il sera interdit de prendre des photographies et lâcher des pigeons voyageurs. Les dégâts commis par les ballons seront payés par les gouverneurs respectifs.
Suisse. — Le ballon militaire ne sera pas construit ce printemps et l'école des aérostiers, qui devait commencer le 6 juillet, n'aura pas lieu. Cet ajournement est motivé par le retard apporté à la construction du bâtiment destiné à abriter le ballon.
Les plans de ce hall n'ont pu, paraît-il, être livrés à temps par la direction des travaux publics.
La compagnie des aérostiers disposera de deux aérostats : un ballon sphérique pour les ascensions libres et un ballon cerf-volant du système allemand pour les observations captives.
L'arsenal du ballon sera construit près de la caserne de Berne, sur la place d'exercice de Bendenfeld.
MANŒUVRES AÉROSTATIQUES MILITAIRES A TOULON. — D'intéressantes manœuvres ont eu lieu le 19 février au parc aérostatique de la marine, à Lagoubran, sous la direction du lieutenant de vaisseau Tapissier. Les aérostiers réservistes y ont concouru avec ceux de l'active.
Le 20, le ballon a été conduit par terre de Lagoubran au Mourillon, remorqué par une fourragère d'artillerie, attelée en daumont. Durant ce trajet de six kilomètres, le ballon, tenu à trente mètre du sol, a dû franchir de nombreuses lignes téléphoniques et télégraphiques aériennes. On a usé pour cela du fusil porte-amarre et du double câble.
Sur le littoral du Mourillon, le ballon a été placé en remorque sur une chaloupe qui l'a conduit dans l'arsenal. Malgré les difficultés d'accès d'une falaise escarpée, cette opération s’est très bien effectuée, en présence d’une foule considérable.
LES BALLONS À DÉVIATEURS. — M. H. Hervé publie, dans la Revue scientifique du 4 février 1899, un historique des dispositifs de dirigeabilité relative des ballons employés jusqu’à ce jour (voile et guiderope). Il rappelle que le professeur Kratzenstein, de Copenhague, en 1784, et en 1813 Thilorier, dans son Système universel, furent les premiers inventeurs de la méthode et des premiers dispositifs qui la caractérisent.
Tous deux établirent avec une grande clarté que l’aérostat étant toujours en calme relatif avec l'air environnant, quelle que soit la violence du vent, l'usage des voiles ne peut être de quelque utilité que si l’on provoque, par la création de conditions artificielles, la formation d'un vent relatif, à l'aide d’une résistance terrestre ou aérienne. Les premiers, ils indiquèrent que cette résistance peut être produite par le trainage d'une longue chaine ou d’une corde, ou encore par le remorquage d'une voile enverguée plongée dans un courant aérien inférieur.
Vient ensuite Green qui, de 1837 à 1842, présenta plusieurs combinaisons tendant au même but et caractérisées par l'emploi du guriderope à flotteurs: MM. Renoir, en 1875; Morel, en 1881; Lhoste, en 1886 et Andrée, de 1895 à 1807, firent usage de différents déviateurs aériens, basés sur les principes de leurs prédécesseurs.
L'auteur mentionne ensuite les trois traversées de France en Angleterre exécutées par Lhoste en 1883, 1884, 1886, et celle que lui-même et M. Alluard effectuërent, en septembre 1886, de Boulogne-sur-Mer à Yarmouth. Au cours de cette ascension, la déviation maxima varia de 65 à 70° (maritime).
Après avoir donné les résultats actuels de déviation aérienne (terrestre et maritime — 10 à 120) obtenus par les différentes méthodes, M. H. Hervé conclut que ces appareils ne peuvent être considérés que comme des engins auxiliaires précieux, mais non comme les instruments d’un procédé normal de navigation aérienne.
UN AÉROPLANE À MOTEUR À PÉTROLE. — Un grand nombre de journaux ont consacré des articles aux expériences d'aviation que notre collaborateur H. de Graffigny se propose d'entreprendre dans le courant de cette année à l’aide d'un aéroplane à moteur à pétrole.
Nous apprenons que le nouvel émule de Lilienthal — à qui nous souhaitons meilleure chance qu'à son prédécesseur, — a envoyé son adhésion à l'exposition organisée par l’Aéro-Club. On verra donc aux Tuileries, en juin prochain, un modèle, au cinquième d'exécution, de l'appareil à l’aide duquel notre collègue va tenter une expérience aussi intéressante que dangereuse.
VOYAGE EN BALLON. —— M. Abel Corot, l'ingénieur aéronaute bien connu, est parti du vélodrome du Parc des Princes, le 26 février, à midi, à bord d'un ballon de 400 mètres cubes gonflé d'hydrogène. Il atterrissait à 4 heures 30 minutes du soir à Honfleur, dans la ferme de M. Foucu, côte Vassale. La traversée aérienne s'est accomplie dans les meilleures conditions.
UN LEGS IMPORTANT. — M. Louis Pierson, qui vient de mourir à Mirecourt (Vosges), entre autres donations, lègue 100,000 francs à l’Académie française pour la fondation d'un prix biennal dit Pierson-Perrin, à décerner au français qui aura fait la plus belle découverte physique, telle que la direction des ballons.
LE LEGS FARCOT. — La Société française de navigation aérienne vient de recevoir une lettre du ministre de l’Instruction publique demandant la remise immédiate d'un certain nombre de pièces nécessaires pour obtenir la reconnaissance d'utilité publique et la délivrance de deux libéralités de 50,000 francs chacune faites en sa faveur en 1897 par M. Eugène Farcot, ancien aéronaute du siège et un de ses membres fondateurs. D’après les dispositions testamentaires de M. Eugene Farcot, une de ces sommes doit être consacrée à l'établissement d’une station aéronautique et l'autre à la construction d’un ballon dirigeable.
Le Conseil d'Etat sera prochainement appelé à statuer et nul doute qu'il ne le fasse dans un sens favorable.
Le Directeur Gérant : Georges BESANCON.
Directeurs : G£ORGES BESANCON ct Wicrrid DE FONVIELLE
7° Année — N° 3 Mars 1899
PORTRAITS D'AÉRONAUTES CÉLÈBRES