JULES DURUOF
Au lieu d'avoir le plaisir de retracer aujourd'hui la carrière d'un aéronaute vivant, nous avons le regret d'écrire la nécrologie de Duruof (Jules Dufour) le premier aéronaute qui, pendant le siège, sortit en ballon de Paris.
Né dans cette ville le 21 décembre 1841, il est mort le 12 février 1808, au fond d'un district rural du département de l'Aisne. Il à payé son tribut à la nature environ un an avant que la nouvelle soit parvenue à ses amis et ait été publiée par les journaux.
L'ascension qui devait l’immortaliser, et qui rend son nom à jamais célèbre, fut exécutée de la place Saint-Pierre, avec le Veptune, du cube ce 1,200 mètres. Le ballon lui avait servi pour exécuter plusieurs ascensions célèbres, celle de Calais avec Gaston Tissandier et celle des Arts-et-Métiers
avec MM. de Fonviclle et Gaston Tissandier. Il avait aussi exécuté des ascensions captives avec Nadar et Dartois, depuis le 4 septembre jusqu’au 23, jour de son départ. Il fallut toute l'habileté de Jules Duruof pour se maintenir en l'air pendant les trois mortelles heures indispensables, pour atteincre le village de Craconville, dans le département de l'Eure. Ne serait-il point à désirer que la municipalité de cette localité fit élever une pierre commémorative d’un événement important, car c'est uniquement le succès de Durucf qui détermina l'Administration à organiser le service aérien qui a rendu tant de services et rachètera aux yeux de la postérité une partie de nos défaites ; et le temps qui cisatrisera forcément nos blessures, développera les conséquences de l'immense impulsion que les nus merveilleux de la poste aérienne ont donnés à toutes les branches de l'aéronautique.
Les allemands n'ont point été les derniers à comprendre l'importance de la rupture du blocus moral de la glorieuse émancipatrice de la pensée francaise.
Dèsle lendemain du jour où Duruof laissait tomber dédaigneusement, sur le camp prussien, sa carte de visite, M. de Bismarck exhalait sa colère dans le fameux décret par lequel il menaçait de traiter en espions les aéronautes français qui lui tomberaient entre les mains.
Pendant le reste de la guerre, Duruof fut attaché à l'armée de la Loire où il fit des ascensions captives, puis à la station aérostatique de Lille, dont la signature des préliminaires Le paix interrompit les travaux.
RES la ratiñication du traité de Paris, il exécuta en Italie une série d'ascensions avec Bunelle, ancien lienteant du ballon l'Zgalité, et pour so malheur il revint à Paris.
Il se trouva en quelque sorte malgré lui, compromis dans l'insurrection des communards. En effet, pendant que le gouvernement légitime dédaignait l'usage des ballons pour l'affichage céleste de ses décrets, les insurgés voulaient employer ces véhicules à l'envoi en province de leurs proclamations. Comprenant qu'il s'était trop légèrement engagé dans une voie funeste, Duruof rata intentionnellement les opérations aérostatiques dont il avait été chargé par l'état-major communard.
Arrêté après l'entrée des troupes de la République, il fut traduit en conseil de guerre, mais Nadar sous les ordres duquel il avait servi à bord du Géant, dans les ascensions d'Amsterdam et de Lyon, se chargea de sa défense. Il le fit avec son cœur, son éloquence et son esprit; à des soldats il fit entendre le langage d'un patriote ; acquitté, Duruof put reprendre le cours de ses voyages.
Le 31 août 1874, Duruof devait exécuter une ascension à Calais. Le vent était d’une grande violence et portait sur la Manche. Le maire sopposa au départ qui fut remis au lendemain. Mais une foule, meute irritée de ce retard, fit entendre quelque mots mettant en doute le courage du capitaine du 77icolore.
Duruof ayant entendu les critiques résolut de répondre à ses accusateurs
en effectuant l'ascension interdite et en se lançant sur l'océan. S' emparant de la nacelle que l'on avait renfermée dans une des salles de la mairie, il
l'attacha à son ballon le 77zcolore, y prit place avec sa jeune femme, qui avait refusé de se séparer de lui. Les deux époux disparurent dans la direction de la mer du Nord. Pendant plusieurs jours, l'on n'entendit plus parler de ce couple téméraire, dont le sort préoccupa le monde entier. Enfin l'on apprit que, recueillis en pleine mer parle bateau pêcheur le Great- Charge, les voyageurs étaient arrivés sains et saufs à Grimsby, port de pêche sur la côte orientale de l'Angleterre septentrionale. Les anglais firent en faveur de Duruof une souscription qu'il abandonna à ses sauveteurs. Il exécuta à Londres, au Palais de Cristal, une ascension avec un ballon que M. Coxwell mit à sa disposition et pour laquelle il reçut une somme de 3,000 francs. Trop pressé de retourner en France, il refusa les offres de M. Merriman qui lui proposait une série d'ascensions dans les principales villes des Trois-Royaumes. Il s'empressa de retourner à Calais où les habitants avaient fait une souscription pour lui construire un ballon, en remplacement du 7 ricolore, que l'on croyait perdu, et qu’un pêcheur anglais ramena.
Il exécuta encore quelques ascensions intéressantes, mais il divorça avec la femme dont le nométait uni au sien par une aventure inoubliable, et dépensa petit à petit l'héritage maternel.
Lors de sa mort, il ne lui restait plus qu'une petite propriété à Esquehéries, où il vivait avec un secours de 1,000 francs que l'administration des Postes lui servait chaque année.
Il avait complètement cessé de donner des nouvelles à ses camarades et vivait dans un isolement volontaire tenant de la misanthropie.
Wilfrid DE FONVIELLE.
Les Cerfs-Volants et la Météorologie
Une description complète des cerfs-volants météorologiques, et de la méthode pour les employer ainsi qu'un résumé des premiers résultats obtenus, se trouvent dans la seconde partie du tome XIII des Annales de Harvard collège observatory le plus grand établissement universitaire et astronomique de l'Amérique et un des plus considérables du monde entier. En outre, on trouve des résultats plus récents discutés dans l’Astronomie (Sept. 1898) et dans le numéro d'octobre de la même année du Fournal métsorological Socréty de Londres.
Nous ne reviendrons pas sur ce que nous-même nous avons publié à différentes reprises, mais nous ajouterons qu'au commencement de l’année 1899, c'est-à-dire cinq ans seulement après l'origine des travaux qui ne remonte qu'à l’année 1894, l'observatoire de Blue-Hill ne possède pas moins de 200 diagrammes, obtenus dans les conditions météorologiques les plus variées et à toutes les altitudes, depuis le voisinage du sol jusqu'à une hauteur de 3,500 mètres. La hauteur atteinte dans ces expériences augmente progressivement; le 28 février 1899, M. Rotch est parvenu à l'altitude de 3,800 mètres.
Rien d'essentiel n'est changé à l'appareil que nous avons décrit dans notre numéro de mars 1897, et notre article suffit encore aujourd’hui à comprendre les particularités de cette méthode. Il faut cependant ajouter à ce que nous avons déjà dit, que M. Rotch est le premier physicien qui ait employé, dans des recherches
aérostatiques, un baro-thermo-hygromètre en aluminium. Les courbes dont il est question dans l'article de l'Asrophile, sont parfaitement comparables a ce que l'on obtient de plus parfait en ballon monté ou en ballon sonde.
Aux indications que donne M. Rotch dans son article de l'Aérophile du mois de mai 1898, il est bon d'ajouter un artifice nouveau qu'il a indiqué depuis, et qui fournit une réponse complète à une très grave objection.
On rencontre quelquefois à terre des calm?s persistants qui empêchent le cerf-volant de s'élever, mais qui ne règnent jamais que dans le voisinage immédiat du sol. Alors qu'il existe à une très faible altitude, une brise assez fraiche pour le soutenir. Dans de pareilles circonstances, il suffit d'attacher le cerf-volant à une montgolfière ou à un petit ballon en caoutchouc qui l'entrainera à la hauteur où le courant d'air commence à se montrer. Ce petit ballon d'entraînement sera dégagé
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BLUE HILL METEOROLOGICAL OBSEFRVATORY. 26 AUGUST, 828...