DE M: DE SANTOS-DUMONT
M. de Santos-Dumont a tenu compte, dans une grande proportion et avec intelligence, des conseils qui lui ont été donnés. Son nouveau ballon «utomobile, Le Santos-Dumont n° 3, qu'il a expérimenté le 13 novembre, est allongé d'une façon tout à fait raisonnable, au lieu d'un gros tube de 25 mêtres de long sur 3 m. 60 de diamètre, il a employé, comme Giffard, le volume engendré par un arc de cercle exécutant une révolution autour de sa corde. Le coefficient de son aérostat, qui a 7 m. 50 au faîte et 20 mètres de pointe en pointe, est de 2, 7 au lieu de 7. Ce qui est un progrès. Il a adopté la perche horizontale de l'illustre inventeur de l'injecteur. Il a remplacé la machine à vapeur, qui avec son charbon et son coke, pesait plus
de 200 kilos, par un moteur à pétrole de Dion-Bouton, type de 1 cheval 3/4, à deux cylindres superposés donnant environ 3 chevaux et pesant 75 kilogrammes y compris la nacelle. Il a, de plus, supprimé les bâches à eau et à charbon, etc., etc. Bref, il a pu faire son expérience avec un ballon de 500 mètres cubes rempli de gaz d'éclairage au lieu d'en employer un de 2,500. Le gouvernail a reçu une place et une dimension raisonnables, il forme un triangle de 8 mètres carrés à l'arrière entre le ballon et la nacelle.
Le ballon, en coton verni, avec la suspension et les soupapes, pèse 90 kilos : la nacelle et le moteur 73 kilos : les engins d'arrêts (2 guidcropes, 60 ct 30 mètres)
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Appareillage du Santos-Dumont, N° 3 Cliché commnniqué par la Locomotion Automobile 7.
20 kilos. L'aéronaute, dont le poids est de 50 kilos, emporte 105 kilogrammes de lest en sable fin.
Dans la seconde ascension, exécutée le 23 novembre, il paraît que le gouvernail n'avait point été fixé avec une précision suffisante. Voici ce que dit à ce sujet M. Emmanuel Aimé, dans un article qu'il a publié dans la Zocomotion Automobile : « Le gouvernail mal suspendu, obéissant mollement aux cordes de manœuvre reliées à la nacelle, s'inclinant au moindre souffle lorsque la ballon présentait le flanc au courant, n'a pu imprimer au navire aérien qu'une direction vague et complètement insuffisante. » M. Santos ne s'y est pas trompé, et après l'atterrissage il a déclaré à M. Aimé qu'à aucun moment il n'avait été maître de la direction de son baïlon.
En réalité il paraît que le ballon n'a fait que de tourner sur lui-même ce qui, suivant M. Aimé, a produit l'illusion d'une direction volontaire. Ce sont ces mouvements, ces soubresauts, qui auraient été cause de tous ces articles qu'on a répandus à profusion dans la presse.
“ A L'AÉROPHILE 147 ee
Mais il est possible que M. de Santos-Dumont ait été en quelque sorte trop modeste, et qu'il y ait dans ces zig-zags, une partie qui doit être attribuée au mécanisme mis en action.
Pour faire la part de la machine, il faut que l'observation soit faite scientifiquement, à l’aide de photographies, et d’oriflammes ou de banderolles attachés au ballon ainsi qu'en employant des ballonnets. Une expérience faite à l’improviste n'est point suffisamment instructive.
M. de Santos a débarqué cette fois sans accident. Il a atterri comme il l'aurait fait avec un ballon sphérique. C'est un minime progrès dont nous le félicitons. Nous
va men
Le ballon dirigeab'e de M. de Santos-Dumont en l'air Cliché communiqué par la Locomotion Automobile
l'engageons à continuer, mais en se mettant dans des conditions plus pratiques.
L'art de la direction des ballons est beaucoup moins avancé qu'on ne le croit communément. En effet, il ne suffit pas d'engendrer sur l'air des tractions énergiques, il faut encore les appliquer d’une façon utile non seulement à la propulsion, mais surtout à l'équilibre de l'aérostat, question primordiale, problème toujours négligé mais sans solution duquel il ne peut pas exister de ballon dirigeable.
Actuellement on ignore même les moyens d'observer scientifiquement les mouvements des mobiles aériens. Nous avons vu un des hommes de science, nous assurer gravement que M. de Santos-Dumont s'était parfaitement dirigé, au besoin des milliers de spectateurs en auraient témoigné.
Annonçons que M. de Santos-Dumont a apporté de nombreuses modifications à son aérostat et fait construire un nouveau moteur à 4 cylindres. Nous attendons de grandes choses de son courage, de son adresse et de son esprit ingénieux.
Paul ANCELLE,
LES SPFORTS EN 1200