‹ L'Aérophile (volume 5)Chapitre 129 sur 161 · L'EXPÉDITION DU « MÉDITERRANÉEN N · texte numérisé non relu

L'EXPÉDITION DU « MÉDITERRANÉEN N

Avant de mettre sous les yeux de nos lecteurs le compte rendu des belles expériences qui viennent d'être exécutées au-dessus de la Méditerranée par le comte de La Vaulx et l'ingénieur Henri Hervé, il est bon de rappeler que l’expédition du Méditerranéen n'avait pas pour objectif la traversée d'Europe en Afrique, comme le public se complaît à le croire encore.

En choisissant le grand lac français pour ses expériences, le comte de La Vaulx a voulu disposer d’un champ de manœuvres dépourvu d'obstacles, où il n’y a aucun risque de transformer inopinément en engins d'arrêt les merveilleux appareils de stabilisation et de déviation de l'ingénieur Hervé.

Tout comme son savant collaborateur, le comte de La Vaulx a compris que, seul, l'élément liquide permettait une longue expérimentation sans craindre de causer de dégâts. À cet avantage, il faut ajouter la facilité de puiser du lest le cas échéant, considération qui a bien sa valeur.

Ces belles expériences qui vont être reprises méritent les encouragements de tous car elles n'auront pas seulement pour résultat de rendre accesssible aux aérostats, et cela sans témérité, la masse océanique, mais encore de nous donner le ballon à équilibre indépendant, capable de planer pendant des jours, des semaines, audessus des continents et des mers, et plus tard, par l'application rationnelle des méthodes Hervé, le ballon automobile pratique à dirigeabililé complète et indépendante.

Le public croit encore que la locomotion aérienne réside dans la solution du « Grand Problème ». Malheureusement ce n'est pas la résolution d'un problème, mais bien de vingt, trente et plus peut-être que réclame la navigation aérienne : il faut donc procéder méthodiquement comme le font MM. de La Vaulx et Hervé.

L'expédition du Méditerranéen n° ? à été fertile en résultats et en enseignements; elle a donc bien mérité de la science aérienne.

Nous en félicitons particulièrement le comte de La Vaulx qui met sans compter sa fortune et son activité au service de l’aéronaulique française, dont il est le champion incontesté.

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