‹ L'Aérophile (volume 5)Chapitre 15 sur 161 · POSITION DE LA LIGNE DE TRACTION PAR RAPPORT A LA LIGNE DE RÉSISTANCE · texte numérisé non relu

POSITION DE LA LIGNE DE TRACTION PAR RAPPORT A LA LIGNE DE RÉSISTANCE

L'idéal d’un ballon dirigeable serait celui où il y aurait une parfaite juxtaposition des lignes de traction et de résistance.

En effet, si la ligne de traction se trouve dans un plan situé à 6 ou 8 mètres audessous de celui qu'occupe la ligne de résistance, il se produit évidemment un antagonisme de forces dans des plans différents, dont la résultante décrira une courbe. Si le propulseur se trouve dans la nacelle, celle-ci, dont la surface de résistance est relativement petite, cherchera à devancer le ballon qui offrira à la marche la résistance de son énorme section transversale. Le ballon agira comme le point d'appui d’un levier qui aurait la nacelle à l’autre bout et, si ce n'était la gravité qui attire la nacelle au sol, celle-ci tournerait autour du centre du ballon.

Même si cet effet désastreux ne se produit pas, il est évident que, ces deux forces opposées agissant dans des plans très éloignés, il en résultera une marche ondulée de tout l'appareil et des mouvements de tangage sans doute imperceptbles en temps calme, mais qui seront très prononcés dès qu'une marche accélérée ou un vent fort viendra augmenter la résistance exercée sur le ballon. Il est clair qu'en décrivant dans sa marche cette ligne ondulée, le ballon dépensera plus de temps pour parcourir une distance déterminée que s'il suivait le plan horizontal.

Dans l’ « Aéronave Brazil », les lignes de traction et de résistance ne sont pas tout à fait juxtaposées. La nécessité de ne pas trop allonger les tiges qui transmettent le mouvement du moteur aux hélices m'a obligé à descendre un peu plus qu'il ne convenait le plan de la ligne de traction; mais, néanmoins, il ne se trouve pas même à 2 mètres au-dessous du plan de la ligne de résistance, assez rapproché, par conséquent, pour que les inconvénients que je viens de signaler ne se produisent que dans une proportion minime, de façon à rendre inappréciables les mouvements de tangage et la perte de vitesse.

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