LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE PAR CERFS-VOLANTS
Convaincu, dès les premières tentatives de M. Batut de Labruguière (Tarn), en 1889, de la ressource qu'offrait le cerf-volant, nous r’avons cessé, depuis plus de douze ans, de nous y intéresser et de chercher des perfectionnements tant au point de vue du cerf-volant lui-même qu'à celui de ses applications multiples (photographie aérienne, météorologie, sauvetage, signaux, télégraphie sans Het )E
C'est surtout vers la photographie que nous avons dirigé nos efforts. Le 6 mars 1891, nous soumettions nos premières épreuves à la Société Française de Photographie, et le 7 août de la même année aous résumions dans une note communiquée à la même Société, les moyens employés pour arriver à ces résultats. (Voir Bulletin de la Société Française de Photographie, année 1891, pages 88 et 409.)
Aujourd'hui, grâce aux progrès réalisés, nous sommes arrivé à faire mieux tout en opérant avec plus de facilité qu’au début. La photographie que nous reproduisons est une épreuve obtenue en août 1901 à Jonchery-sur-Vesle, près Reims, directement sur glace 18 X 24 avec une chambre pesant 2 k. 500, à une altitude de 250 mètres environ et au moyen d’un seul cerf-volant.
Il importe avant tout de rappeler qu'il ne faut pas considérer le cerf-volans comme le concurrent du ballon captif, mais comme son complément le plus indique et le plus rationnel. En effet, si l’on peut reprocher au cerf-volant de ne pouvoir s'élever quand le vent est très faible, il faut convenir que le ballon captif pour sa part ne peut rester en l’air pour peu que le vent souffle et même par un temps calme il ne faut pas compter faire atteindre à ce dernier plus de 500 mètres d’altitude, tandis que les hauteurs atteintes par les cerfs-volants météorologiques de M. Teisserenc de Bort à son observatoire de Trappes se calculent jusqu'à 5.000 mètres.
Les hauteurs qu'un appareil enlevé par cerf-volant peut atteindre dépassent : donc celles utiles au point de vue de la photographie pour laquelle nous estimons que les altitudes les plus favorables pour opérer seront :
De 200 à 500 mètres pour les vues en perspective cavalière.
De 500 à 800 mètres pour les vues en plan, c'est-à-dire celles prises verticalement.
Pour le sauvetage, les hauteurs à atteindre ne devront pas dépasser 100 ou 200 mètres.
Il est du reste probable que le cerf-volant n’a pas encore dit son dernier mot, et maintenant que ceux qui se passionnent pour ce nouveau sport ne se comptent plus, de nouveaux progrès vont encore certainement se faire, progrès dont bénéficieront parallèlement toutes les applications de cet aéroplane.
La fin si tragique et si regrettable de M. Severo et de son aide; celle encore plus récente de MM. de Bradsky et Paul Morin auront-elles comme conséquence de ramener un peu le courant des chercheurs du côté du plus lourd que l'air ? S'il en était ainsi, on ne pourrait qu'éprouver davantage le besoin d'étudier plus à fond les propriétés et la théorie du cerf-volant, car il est pour ainsi dire le principe fondamental de l'aviation.
Il manquait un ouvrage complet sur les cerfs-volantset leurs applications; cette
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lacune vient d'être comblée d'une façon aussi utile qu'intéressante par M. J. Lecornu, qui plaide chaleureusement la cause de cet aéroplane, et nous ne pouvons que l'en féliciter (1).
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