À PROPOS DU CALCUL DE LA VITESSE
DE “L’AÉRONAVE BRAZIL”
Monsieur le Rédacteur en chef de l’Aérophile,
Je lis dans le numéro de janvier de votre estimable Revue un artiele consacré à la description d’un projet de ballon automobile par M. Lisbôa ; cet article comprend un calcul de la vitesse probable de cet appareil, caleul basé sur l'emploi d'une formule que j'aurais adoptée.
Or, le résultat ainsi obtenu m’ayant paru dépasser de beaucoup ce que, à première vue, on pourrait attendre de ce ballon, j'ai voulu revoir les calculs de M. Lisbôa, afin de m'assurer que la formule en question avait été convenablement appliquée et j'ai pu constater de suite que tel n'était pas le cas. Je serais désolé que vos lecteurs pussent me croire capable de préconiser un calcul conduisant à une aussi grosse erreur, aussi vais-je rectilier les points qui me semblent erronés dans l'emploi qui est fait de cette formule :
1° D'abord le travail T, exprimé en kilogrammètres, ne saurait être le travail
SI
total du moteur, mais seulement le travail restant disponible pour la propulsion après déduction faite ; de la perte due au recul des hélices ; de celle due au frottement des branches de ces hélices dans l’air ; de celle due à l’épaisseur de ces branches considérées comme projectiles se mouvant dans un fluide ; et enfin de celle due aux transmissions assez compliquées ici: roues d’angles et chaînes; ces diverses pertes me semblent devoir réduire le travail disponible à pas beaucoup plus de la moitié du travail total du moteur, ce qui ne serait pas négligeable.
20 J'ignore la densité de l'air sur tous les points du globe, mais j'ai quelques raisons de croire qu’elle est sensiblement la même partout et, en France, j'ai toujours compté sur 1 k. 3, en chiffres ronds, par mètre cube: je crois donc que c'est encore une erreur qui n’est pas négligeable de réduire cette densité à 1 k. 03.
3° Le coefficient K, appliqué à la maîtresse section du corps principal du ballon, ne saurait avoir la même valeur appliqué aux divers accessoires qui l'accompagnent ; il doit être évidemment beaucoup plus élevé lorsqu'il s’agit de la nacelle et des bâtis assez compliqués de ce projet, d’où une augmentation de résistance au déplacement dont il y a lieu de tenir compte.
4° Enfin, il n'est nullement question du frottement de l'air sur l'énorme surface de l’aérostat ; cette cause de résistance supplémentaire jointe à celle qui précède me semble bien près de doubler la résistance totale au déplacement.
On entrevoit combien ces diverses rectifications doivent modifier le résultat final, et il est probable que ces corrections faites, la formule que j'ai préconisée ne se trouvera plus en défaut; elle ne saurait l'être, d'ailleurs, qu'en y introduisant des facteurs ou des coefficients erronés.
Veuillez agréer, etc. N° TamIN
LISMNENDIE SSD VEN ENNS
RELATIFS A L'AÉRONAUTIQUE ET AUX SCIENCES QUI S'Y RATTACHENT DEMANDÉS EN FRANCE DU 10 AOUT 1901 AU 19 SEPTEMBRE 1901 (1)
313,642. — 20 août 1901. — de Dion : Perfectionnements aux ballons dirigeables. 313,665. — 21 août 1901. — de Dion : Perfectionnements à la construction des ballons dirigeables et à leurs mécanismes de propulsion.
313,675. — 21 août 1901. — Sébillot : Perfectionnements dans Ja navigation aérienne.
313,676. — 21 août 1901. — Duguet : Aérostat dirigeable.
313,682. — 24% août 1901. — Dhennin : Nouveau système de ballon dirigeable.
313,689. — 22 août 1901. — Hébert : Planophile le « Georges Hébert », nouvel appareil d'aviation.
313,758. — 24 août 1901. — Lemoine : Perfectionnements aux aéroplanes.
313,796. — 26 août 1901. — Delaurier : La navigation aérienne pyrotechnique.
313,997. — 2 septembre 1901. — Türr : Nouveau système de ballon.
313,962. — 3 septembre 1901. — Paquier : Perfectionnements dans l’aérostation.
313,995. — 4 septembre 1901. — Porak : Machine à voler.
314,095. — 7 septembre 1901. — Vroland : Système de ballon dirigeable,
314,146. — 10 septembre 1901. — Riedinger : Hélice aérostatique à poids formant volant.
314,207. — 12 septembre 1901. — Maynié : Nouveau ballon dirigeable.
314,219. — 13 septembre 1901. — Guillaume : Perfectionnements apportés aux
dispositifs employés dans la navigation aérienne. 314,368. — 19 septembre 1901. — Piatti dal Pozzo : Aérostat dirigeable,
(1) Communication de MM. Marillier et Robelet, Office International pour lebtention de brevets d'invention en France et à l'étranger, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
RE SUP PARIS, — IMPRIMERIE CHARLES BLOT, 7, RUE BLEUES Le Directeur gérant : GEORGES BESANCGON:
L'AEROPHILE Directeur-Fondateur : Georces BESANCON
10° Année — N° 4 Avril 1902
PORTRAITS D'AÉRONAUTES CONTEMPORAINS
Léonce GIrARDOT
Girardot, le hardi chauffeur, vient à nous; non content d’être l'âme de ces merveilleux engins qu'il mène à de fantastiques vitesses, il rève maintenant de ravir à ses nombreux émules la palme enviée, en dirigeant par les airs une sorte de torpilleur aérien, fruit de son esprit inventif, résultat inattendu de ses multiples conceptions.
Expérimentateur patient et sagace, Girardot a su meitre en pratique ses
observations et ses trouvailles. N'est-ce point lui qui conçut le radiateur, tel qu'il est encore employé? —N'a-t-ilpas. l'un des premiers, avec René de KnyfF, appliqué les pneus aux voitures? — Apôtre de la bonne cause, ce génial praticien contribua au plus haut point à faire sortir des rustiques véhicules de 1897, les chefs-d'œuvre de mécanique, orgueil de notre industrie nationale.
À l'encontre de la plupart des aéro-navigateurs, Girardot va de l’automobile au ballon. La science du moteur, née d'hier, s'allie aux travaux et aux résultats déjà anciens de ses éminents devanciers.
L'inventeur, en préparation à ses projets, fit le 28 janvier 1900 une ascension à bord du Folga. M. Jacques Faure, accompagné de M. Monnier, pilotait l'aérostat. Le 1avril dernier, toujours en compagnie de M. Jacques Faure, Girardot, auquel s'étaient joints le due de Chaulnes et le baron Lepie, faisait un voyage de nuit à bord du Titan; au matin, il atterrissait près de Nancy.
Frappé des inconvénients inhérents à l'action anormale de l’hélice quand elle est établie dans l'axe de la nacelle des dirigeables, il résolut de supprimer celle-ci, où du moins de l'encastrer dans le corps de l’aérostat, au point de n'en laisser affleurer au sommet que le dôme et de n’en laisser dépasser à la
— L'ossature de laéronef Le Girardot est constituée par un réseau de fil d'acier 333, tendu aux quatre extrémités de deux axes rigides #'-ss' placés en croix, empruntant. en outre, comme points d'attache, le faisceau de tiges qui surmonte le dôme et quatre anneaux fixés sur la plate-forme C du moteur.
L'enveloppe. jaugeant 2.000 mètres cubes et pourvue de deux ballonnets e, est tendue à l'intérieur de ce polyèdre. La coupe transversale de l’aéronef est elliptique, afin de permettre à l'appareil lancé un certain planement. Cette disposition, selon Girardot, aide à la stabilité.
Une hélice L, placée à l'arrière et dans l'axe de la figure, assure la propulsion du navire aérien. Les gouvernails X et X’, au nombre de deux et fixés latéralement aux axes-tendeurs du réseau polyédrique, sont constitués par des plans triangulaires de toile: ils peuvent être commandés indépendamment l’un de l’autre, de l'intérieur de la nacelle, au moyen de volants et des cordes haut et bas, yy.
Le moteur M, à quatre cylindres, étudié et construit spécialement par l'inventeur, est boulonné sur une plate-forme C, munie de quatre galets. Deux réservoirs 272 (essence et eau), et un radiateur thermo-siphon d, sont fixés extérieurement au-dessous de la nacelle.
L'hélice est montée sur un axe à rotule permettant de lui faire prendre, au moyen des cordes de renvoi, des positions différentes. L'arbre emprunte le centre d'un des grands axes tubulaires du ballon et est actionné par l'intermédiaire d’une courroie g reliant l'arbre du moteur à celui du propulseur en passant par la partie évidée K de la nacelle. Une poulie folle reçoit la transmission quand l'hélice est au repos. Sur l'axe de l’hélice, est encore placée la boile du changement de marche et de vitesse 2. Le quatre cylindres meut en outre un ventilateur V, chargé de maintenir, par l'intermédiaire des ballonnets, une légère pression dans l'aérostat.
Tous les organes de commande [70 du moteur, gouvernail, hélice, venülateur, poulie folle, etc., sont réunis dans la galerie circulaire de la nacelle.
Le haut de cette sorte de cloche est ajouré de plusieurs hublots permettant la vision de tous les points du compas.
Le dôme-nacelle est en osier, rendu rigide par une double armature d’alu-
SES PSE Re ON RSR ed Cliché de la Locomotion Automobile.
Ensemble du ballon dirigeable Le Gü’ardot
minium et de tiges de sapin, il fait corps avec l’étoffe de l'aérostat par une disposition assez semblable à celle qui maintient un pneu sur sa jante. L’avant et l'arrière du dirigeable sont terminés par deux cônes d'alumi-
Re
Cliché de la Losomotion Aulfomobile.
Moteur et hélice du ballon dirigeable Le Girardot nium, qui, en plus de leur rigidité, permettent de supporter les œillets servant
d'appui à l’armature de fils d'acier.
Il eût été intéressant de connaître la force, le poids, les dimensions du
moteur, de l'hélice, de l'enveloppe et autres particularités, mais ces données n’ont pas été communiquées.
L'inventeur a représenté par Îles dessins qui complètent ce texte, un modèle de dirigeable incorporant ses différentes dispositions nouvelles, mais dans lequel les proportions du ballon proprement dit sont considérablement réduites par rapport aux autres parties du mécanisme.
L'automobile volante. nous semble bien difficile à réaliser; mais nous n’en applaudissons pas moins à l'effort et à l'initiative de Girardot, certain qu’il nous donnera un moteur puissant et léger : le moteur rêvé, peut-être. Ce
| Cliché a Fe onto A oe
Nacelle du ballon Le Gü'ardot
sont ces expérimentations qui marquent les étapes du progrès. Grâce aux efforts de ces infatigables chercheurs, le cheval-vapeur, sous un poids de 2 ou 3 kilog., sera bientôt une réalité.
GEORGES BLANCHET
RRRERELELERS LEE SIT RERLLERSS
DISTINCTION HONORIFIQUE. — Le 20 mars, quelques amis de l’aérostation ont fêté les palmes académiques de notre ami Georges Bans, dont l'Aérophile a publié le portrait dans son numéro de février dernier.
Après une charmante allocution de notre collaborateur Emile Straus, il a été fait remise à M. Bans de palmes en brillants et de deux fantaisies dues au crayon des maîtres dessinateurs Couturier et Thomen.
BULLETIN OFFICIEL DE L'AÉRO-CLUB
LL ERP PR PSS SL PSS