‹ L'Aérophile (volume 5)Chapitre 70 sur 161 · BRU · texte numérisé non relu

BRU

Nous n'avons pu employer la méthode exacte que lorsque la formule (3) nous a permis, en 1899 ef 1900, de calculer le valeur de K = 0,07.

Ce chiffre de 0,07, nous l'avons obtenu dès 1899, tandis que pour les surfaces plus petites nous avions trouvé 0,08 et même 0,09, ce qui expliquerait que nos prédécesseurs, n'ayant jamais opéré que sur de petites surfaces, avaient trouvé des valeurs plus fortes.

L'augmentation de la vitesse tend aussi à diminuer la valeur de K.

M. le colonel Renard, lors de notre voyage à Paris, fin 1901, a bien voulu nous confirmer la valeur de 0,08 comme la valeur limite vers laquelle tendent les toutes petites surfaces. Il opère sur des surfaces de 0,20 en carré ou équivalentes. M. Langley, le savant secrétaire de l'Institut Smithsonian, à opéré sur un pied carré. Nous avons aussi trouvé K — 0,08 et 0,09 à faible vitesse. Il y a là une loi nouvelle à étudier.

Mais M. le colonel Renard a pris des surfaces métalliques extrèmement minces taillées en biseau; la mesure de l'effort est faite par un poids qui est maintenu en équilibre par cet effort et lon fait varier l'intensité du courant électrique générateur, de façon à le maintenir constant.

M. Langley opérait sur des surfaces en bois épaisses d'un pouce, ce qui faussait ses expériences sous les faibles angles.

L'étude de l'influence de l'angle a fait partie de nos expériences de 1901.

Il serait trop long d'écrire en détail ces recherches qui ont été successivement portées à la connaissance de différentes Sociétés scientifiques. Mais nous pouvons signaler que si l’on porte les valeurs de K en ordonanées, les valeurs du sinus étant les abscisses, on obtient une courbe représentative bien nette et régulière, soit pour toute la surface $, soit pour sa projection $S X sin.z dans le cas d'un plan.

Dans ce cas, le K de la projection est égal à la valeur de K, sur la surface entière divisée par sin.x.

Or, comme on a toujours cherché à écrire la résistance en fonction du sinus de l'angle d'incidence, nous avons tracé les valeurs de K sinus", variant de 1 à 12. Pour ce tracé, il faut supposer K constant, tandis que nous avons trouvé qu'il varie avec la vitesse, la grandeur, la nature et la forme de la surface, et en le supposant constant, on commet une erreur qui fait reporter toutes les différences au compte de l'angle.

Sous cette réserve, que nous comptons élucider dans nos prochaines expériences, on trouve que pour les faibles angles d'incidence la décroissance est si rapide, qu'il faut élever le sinus jusqu'à la 12° puissance pour que la décroissance du sinus suive celle de la résistance, tandis que pour des valeurs moyennes du sinus il suffit du nombre 3, puis 2, et les puissances entre 2 et 1 donnent la valeur aux faibles angies d'incidence. Pour les toutes petites valeurs de ceux-ci, les erreurs relatives acquièrent une importance très grande pouvant fausser les résultats, et sauf une prochaine vérification nous aurions trouvé que ? était égal à 1, mais pouvoir aflirmer qu'il ne descend pas au-dessous.

Il faut done écrire R. K . & (V2,S sinus’ 4) variant de 1 à 12. Les variations de K sont assez importantes pour nous faire dire que c'est notre besoin de simplifier qui nous amène à vouloir avoir quelques valeurs de K seulement, puisqu'il y en a une infinité.

En faisant suivre à un cercle de 1 mètre de diamètre un autre cercle, en tout semblable, d'abord juxtaposé, ensuite l’éloignant jusqu'à 3 mètres de distance, nous avons pu calculer l'augmentation de la valeur de la résistance. En retranchant celle: du premier cercle, supposée constante, nous en avons déduit celle de la surface arrière et en supposant que la valeur de K soit la même pour les deux surfaces,

nous avons pu caleuler le diamètre de la section qui parait seule échapper au choc.

Ce calcul nous à donné un ellipsoïde très régulier allongé de plus de trois fois le diamètre de la surface qui fait abri.

Nous nous proposons de vérilier l'existence effective de ce cône de protection, par des cercles décroissants, par de la fumée, ete., el pour cela, en attendant que quelque prix important nous permette d'installer sur le lac de Garde une station importante que nous voudrions ouverte à tous les chercheurs et où l’on pourrait essaver des modèles un peu grands de dirigeables avant de les exécuter, nous avons installé dans la cour du Château municipal des Sforza, à Milan, un fil long de 120 mètres rachetant une hauteur de chute de 40 mètres.

Nos recherches ont eu des prix d'encouragement: par deux fois M. Langley, de l'Institut Smithsonian, nous faisait allouer 209 dollars, et M. Barbet, deux fois aussi, 1.000 franes. Mais les expériences durent depuis quatre ans et une installation vraiment scientifique exigerait bien plus que ces prix obtenus les uns après les autres, sans jamais savoir si on pouvait y compter.

Nous supposons que le cône de protection suit la surface en mouvement, peutêtre n'en est-il pas ainsi; même la réduction de résistance peut être générale et étendue à toute la surface, mais le résultat est comme si les choses se passaient ainsi.

Nos recherches sur les surfaces glissantes sous fable angle sont soumises à un concours à l'Académie des Lincei à Rome, nous ne pouvons pas les publier avant la décision de cette Académie, mais nous pouvons assurer que les résistances que nous avons trouvées dépassent de beaucoup celles que lon pensait et nous ne demandons qu'à êlre mis en condition de pouvoir étendre, compléter et achever ces intéressantes recherches.

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