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enfance à tous, et s’il pouvait rester encore pu doute sur 1 Intérét scientifique que présentent ces appareils, le livre si documenté que M. Lecornu vient de faire pa-
Fig. 2. — Vue de l'Observatoire de Blue-Hill (prise en cerf-volant)
raître à la librairie Nony suffirait à le dissiper complètement. C’est une monographie complète des cerfs-volants que nous présente l’auteur, et, pour beaucoup peut-être, ce livre sera une révélation.
Après avoir, dans la première partie, exposé rapidement une théorie de cerf-volant très simple et très élémentaire (une théorie plus complète et plus scientifique n'aurait pas été de mise dans un ouvrage s'adressant à tout le monde) et passé en revue tous les cerfs-volants connus depuis l'antique cerf-volant en poire de nos pères jusqu'aux cerfs-volants modernes à cellules de Hargrave on multicellulaires de Lecornu, en
passant par les cerfs-volants chinois et japonais si bizarres, l’auteur étudie toutes les applications qui ont été faites de cet appareil si lonStemps décrié, et qui s'impose maintenant à l'attention de tous les chercheurs. Le côté sportif et
Fig. 3. — Cerf-volant Hargrave de Blue-Hill portant son météorographe
amusant n’est pas dédaigné, mais le côté pratique et scientifique est longuement traité : il convient de citer principalement les cerfs-volants météorologiques, véritas bles appareils de précision qui, entre des mains de savants comme M. Teisserenc à lObservatoire de Trappes en France, et M. L.
Rotch, à l'Observatoire de Blue-Hill en Amérique, ont donné des résultats absolument merveilleux ; des ascensions à 5.000 mètres de hauteur sont réalisées presque journellement, et les documents météorologiques, consistant en diagrammes re- u levés par des appareils enregistreurs, sont de la plus haute importance. Citons encore les ascensions en cerf-volant : ces curieuses expériences montrent que le cerf-volant qui, en somme, n’est autre chose qu'un aéroplane captif, est un merveilleux instrument d’études pour les appareils plus lourds que l'air. Et c'est en cela surtout que le cerf-volant se rattache à la science aéronautique et qu'il intéresse particulièrement les aviateurs. Il est certain que les ballonniers ont pris une large avance sur ceux-ci, mais qui répondrait que les aviateurs ne pren-
l'ig. 4. — Cerf-volant du colonel Pomorseff
Fig. 5. — Cerfs-volants multicellulaires droit et oblique de M. Lecornu, 1° prix aux concours d’aérostation internationaux de 1900
dront pas leur revanche et ne donneront pas une solution plus complète du problème de la Navigation aérienne? Les travaux des uns et des autres sont à suivre, à quelque école que l’on appartienne, et c’est à ce titre que nous recommandons fortement la lecture de l'ouvrage de M. Lecornu.
Cu. D.
PARIS. +— IMPRIMERIT CHARLES BLOT, RUE BLEUE, 7 Le Directeur gérant : GEORGES BESANCON.
Directeur-Fondateur : Grorces BESANCON
10° Année — N°8 Août 1902.
PORTRAITS D’AVIATEURS CONTEMPORAINS
Gustave TROUVÉ
Cet infatigable travailleur que la mort a fauché sans pitié, le 26 juillet dernier, est né à La Haye-Descartes, en Touraine, le 1° janvier 1839.
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Il a vu le jour dans la maison qui fait face à celle du célèbre philosophe Descartes, eton peut dire, sous un certain point de vue, que son illustre compatriote lui a imparti une parcelle de son génie. En effet. il n’a pas pris moins de 300 brevets dont la plupart n'ont point encore été mis en pratique.
À une certaine époque, un syndicat de spéculateurs américains s'était formé pour Cor toutes les inventions du nouvel Edison français, il y adhéra à condition qu'on lui verserait une provision de 700 francs par semaine jusqu'à ce que la Compagnie ait réuni son capital; cette rente fut servie pendant assez longtemps, mais le projet n'eut pas d'exécution, le président de cette association s'étant suicidé après s'être ruiné à la Bourse de New-York.
Fig. 1. — Oiseau mécanique de Gustave Trouvé
Gustave Trouvé fut élève de l'Ecole des Arts et Métiers d'Angers, il était très adroit à l’étau et dans les travaux manuels, mais quelquefois il lui arrivait de se blesser; c’est ce qui se produisit le 15 mai dernier: il s'entama l'épiderme avec une petite seie à main, qui malheureusement était empoisonnée. N'ayant pas voulu se laisser couper le pouce, il a succombé après une longue maladie.
L'esprit aventureux et absolu de Gustave Trouvé avait dédaigné les ballons, il était convaincu du plus lourd que l'air.
Une des créations les plus remarquables de cet illustre inventeur est celle d’un aviateur-moteur-propulseur dont nous donnons le dessin (fig. 1) : il se compose d'un tube Bourdon muni de deux ailes À et B placées aux extrémités du tube; cet appareil est destiné à marcher à l’aide d’explosions successives. Le générateur de ces explosions est un barillet D de revolver, armé de 12 cartouches ; deux cliquets le font tourner automatiquement, mais pour que les cliquets fonctionnent et que le barillet tourne, il est indis-
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pensable de laisser l’aviateur à lui-même, car le pereuteur ne s'élève que par l'effet du poids de l’appareil.
La figure 2 indique la disposition pour la mise en marche : une flamme A brûle le fil horizontal qui tient l’aviateur dans: une position inclinée, une autre flamme B est placée dans la verticale du point de suspension 5 aussitôt que le fil de suspension arrive devant la flamme B, ilest brülé et l'aviateur est abandonné à lui-même : alors le percuteur mis en liberté s'abat, une cartouche fait explosion et les ailes, fouettant énergiquement l'air, produisent un mouvement ascendant.
Grâce à l'inclinaison de la queue C, l'oiseau artificiel s'élève, puis le barillet entraîné par son encliquetage ramène une seconde cartouche qui fait explo-
Fi.g 2. — Diagramme de l'expérience de l'oiseau artificiel
sion, et ainsi de suite jusqu'à l'emploi de la douzième cartouche; alors l’appareil retombe, mais il a franchi avant de toucher terre une longueur horizontale d'environ 75 à 80 mètres. 6
Peu de temps avant sa mort, M. Gustave Trouvé a déposé à l’Académie des sciences un pli cacheté décrivant un moteur à l’aide duquel il espérait donner à son aviateur un mouvement réellement continu.
M. Trouvé était doué d’un heureux caractère, d’une très grande facilité d’éloeution ; il a laissé beaucoup d'amis, aussi sa perte sera longtemps sentie par les personnes qui cultivent les différentes branches de la science appliquée, qu'il a lui-même étudiée avec tant d'activité pendant sa trop courte carrière.
Nous sommes heureux d'apprendre que la maison qu'il a fondée et qui est arrivée à un grand degré de prospérité, sera continuée par l’un de ses amis, le principal confident de ses projets, de ses espérances et le témoin de tous ses travaux.
Wicrrin DE FONVIELLE
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BULLETIN OFFICIEL DE L’AÉRO-CLUB
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