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L'AÉROPHILE 183 ———————————……….…—…………—……………——……—————————.———————————————————.—— ]]-—-—-— - ————————.—————— — —. …——….….
mement intéressante et que toutes les expériences faites pour vérifier cette loi et pour constater les perturbations qu’elle subit suivant l'état de l'atmosphère seront accueillies avec le plus haut intérêt par les physiciens et les météorologistes.
M. le comte de Chardonnet présente les clichés et trois tirages des photographies obtenues pendant l'ascension du 20 juillet au moyen de l’actinoscope Chardonnet (présenté à la commission dans sa séance du 28 avril, et dont la description a été donnée dans le numéro de mai de l'Aérophile, page 117).
Le temps de pose a été constamment de trois secondes. Deux rouleaux ont été employés (ensemble 22 poses). Quoique la pellicule ait vu le jour à différentes reprises, ce qui empêche de faire sur ces cie des mesures quantitatives, l’augmentation d'intensité des rayons ultra-violets avec l'altitude est très nettement visible sur les épreuves.
M. de Chardonnet fait remarquer avec quelle habileté M. le comte de La Vaulx s'est servi d'un instrument nouveau et qu'il maniait pour la première fois. Quelques clichés, pris comme vérification dans les mêmes circonstances, se montrent identiques, ce qui prouve la précision des observations. Malheureusement, l’appareil n’a pu enregistrer guère que la lumière diffuse, et pas le rayonnement solaire direct, l'observateur s'étant trouvé constamment soit dans la brume, soit dans l’ombre du ballon.
M. le comte de La Vaulx, qui a signalé lui-même cette imperfection, fait observer qu'on pourrait l’éviter en choisissant convenablement les heures de l'ascension. Dans le voyage du 20 juillet, l'actinoscope Chardonnet n'était qu'accessoire : en effet, l'expérience avait pour but principal Les observations physiologiques dont M. le Dr Hénocque va donner le compte rendu.
M. de Fonvielle fait remarquer à ce propos que l’on pourrait placer l’actinoscope en pleine radiation près de la soupape du PAR ee M. le comte de La Vaulx dit que cette solution parait impossible, parce que l'observateur doit tenir l'instrument à la main et le placer perpendiculairement à la direction des rayons du soleil.
M. de Chardonnet étudiera un dispositif de déclanchement permettant de suspendre l'instrument au-dessous du Fee en dehors de son ombre. Il fait remarquer que, lorsque l’aérostat se trouve au-dessus de la mer de brumes refléchissant vivement la lumière solaire, cette réverbération, en pénétrant obliquement par les fenêtres de l’appareil, nuit au dégradé du cliché. D'autre part, la fenêtre verte donne trop de lumière relativement aux deux autres. Ces petits inconvénients, ainsi que les rentrées de jour, seront facilement corrigés par de petites modifications que M. Pellin va faire à l'instrument.
M. le président remercie M. de Chardonnet de son intéressante communication et l'engage à continuer ses travaux.
M. le président donne la parole à M. Cailletet et demande à son confrère de l’Académie des sciences de bien vouloir faire un rapport au Comité sur son voyage à Berlin, où il l'a représenté auprès du Congrès aéronautique. M. Cailletet dit qu'il ne reviendra pas sur les détails scientifiques qu'a donnés M. de Fonvielle dans la dernière séance, mais qu'il se bornera à résumer ses impressions personnelles.
Il a été reçu par les aéronautes et Les savants allemands de la façon la plus courtoise et la plus distinguée.
Le Congrès était présidé par le prince Frédéric-Henri, cousin de l’empereur, qu'il représentait; la séance solennelle d’inauguration a eu lieu dans la grande salle du Conseil de l'empire, en présence d’une nombreuse assemblée dans laquelle figuraient non seulement les aéronautes et les météorologistes civils, mais tout l’étatmajor du corps des aérostiers militaires, le général Rykatchew, le colonel Kowanko, directeur du service d'aérostation militaire russe, le major Droloppe, commandant des aérostiers anglais, M. Alexander, aéronaute anglais, le commandant du corps des aérostiers espagnols, et celui des aérostiers italiens; un grand nombre d’'aéronautes et de savants autrichiens, ainsi que plusieurs membres des diverses Sociétés aéronautiques allemandes : M. von Bezold, directeur du service météorologique allemand, MM. Assmann et Berson, directeur et sous-directeur de l'Observatoire aéronautique de Berlin.
Cet établissement, qui vient d’être créé, a publié à propos de ce Congrès le premier volume de ses Mémoires annuels. M. Cailletet en dépose un exemplaire sur le bureau de la Société ; on y verra que, non content de s'inspirer des travaux de M. Teisserenc de Bort, dont la Commission d'organisation avait visité l'observatoire, l'établissement possède un vaste hangar, sous lequel sont abrités plusieurs ballons dont il est fait usage pour les ascensions libres, qui sont très nombreuses et dont une restera longtemps célèbre, puisque MM. Berson et Suring, qui l'ont exécutée, sont parvenus à l'altitude de 10.500 mètres, comme chacun le sait.
Ces ascensions sont exécutées à l’aide d’un ballon de 8.400 mètres cubes qui a eté donné à l'Observatoire par un ancien fonctionnaire de l’établissement dont nous regrettons de ne pas connaître le nom.
Dans la séance solennelle d'ouverture, M. Cailletet, qui a été chargé de répondre au discours présidentiel, au nom de tous les autres étrangers, s’est exprimé en langue française. Son discours a été couvert d’applaudissements et dans le banquet qui a terminé la cérémonie on lui a fait l'honneur de le placer à côté du prince président ; il en a été de même lors d’un autre banquet qui a été présidé par le ministre de la Guerre et qui a eu lieu à la suite de la visite faite par le Congrès dans l'établissement militaire de Tegel ; il doit ajouter que la visite s’est étendue sans aucune exception sur toutes les parties de l'établissement, qui n’a aucun appartement secret. Les Allemands font visiblement de grands efforts pour nous dépasser, mais l’orateur est persuadé que, grâce au dévouement et au patriotisme avec lequel tous les membres de la profession aérienne ont répondu à l'appel du Comité de l’Aéro-Club, la France n’a rien à redouter pour sa supériorité séculaire dans l'océan aérien, mais il faut tenir compte de cet élan d'Outre-Rhin pour redoubler d'efforts afin de triompher dans cette Wie pacifique qui se terminera certainement au profit de la science et de l'humanité.
M. ie président remercie l’orateur des paroles patriotiques qu'il vient de prononcer, et il donne la parole à M. Hénocque, qui présente son rapport sur l’ascension scientifique du 20 juillet dernier :
L’£ros, piloté par M. LÉ comte de La Vaulx, ayant pour passagers M. le D' E. Reymond et M. le D' Tripet, s'est élevé du parc de l'Aéro-Club à Saint- Cloud, le 20 juillet, à 10 h. 1/2. Après être resté quelques instants au-dessus de Paris, il a été porté par le vent vers l'Est.
À midi 1/2, il atteignait 4.500 mètres et il s’est élevé à 5.500 mètres environ, suivant les indications du baromètre inscripteur dont les vérifications ont été faites par M. Barbey, du bureau météorologique. Vers 3 h. 1/4, le ballon a atterri sans aucune difficulté à Verdelot, près de Vieils-Maisons (Aisne).
Le programme de l’ascension était le suivant pour la partie physiologique :
1° Répéter et compléter les observations spectroscopiques sur le sang chez l’homme, faites l’année dernière par M. le Dr Reymond.
20 Etudier les variations de la quantité d’oxyhémoglobine contenue dansle sang à des altitudes relativement peu élevées, 4.000 à 5.000 mètres.
3° Etudier l’action de l'ascension à diverses altitudes, sur la durée et l'activité de la réduction de l’oxyhémoglobine dans le pouce.
4° Rechercher avec le sphygmomètre les variations de la tension artérielle.
L'orateur dit que le programme a été parfaitement rempli. Les observateurs ont pratiqué sur eux-mêmes et sur M. le comte de La Vaulx des prises de sang au départ, à 4.300 mètres au moins, et puis après l'atterrissage.
Ils ont de plus fait à des hauteurs variables, depuis le sol jusqu'à 4.300 mètres, 16 observations spectroscopiques sur l’activité de la réduction de l’oxyhémoglobine.
Enfin des déterminations de la tension artérielle avec le sphygmomètre de Verdin.
M. le Dr Hénocque déclare se contenter pour aujourd'hui de signaler celles-ei, afin de constater la date de leur exécution, car elles seront publiées ultérieurement.
Quant aux expériences sur l’oxyhémoglobine et l’activité de la réduction, elles ont donné des résultats très précis et très démonstratifs, confirmant ainsi les observations antérieures du Dr Reymond.
Le Dr Hénocque montre ensuite des diagrammes faisant voir d’une part l’augmentation de l’'oxyhémoglobine chez les rrois ascensionnistes, et l'augmentation remarquable de l’activité de la réduction de l’oxyhémoglobine, c’est-à-dire des échanges respiratoires entre le sang et les tissus.
L'orateur termine en disant que ces recherches feront l'objet de publications ultérieures, où elles seront mises en comparaison avec les conclusions des études de mème ordre par des méthodes physiologiques diverses. Quant à présent, il déclare ne vouloir que faire pressentir que la plupart semblent être en concordance avec les conclusions qui se rapportent à l'hématospectroscopie.
. M. le président remercie M. le D' Hénocque de son intéressant rapport, et l'invite à continuer ses expériences, que tout le monde verra avec plaisir couronnées de succès.
Le président fait procéder ensuite au scrutin pour la nomination de trois nouveaux membres de la Commission.
Personne ne réclamant le scrutin secret, les votes sur les candidatures proposées ont lieu à mains levées.
MM. Armengaud jeune, président de la Société Française de navigation aérienne, présenté par MM. le prince Roland Bonaparte et Wilfrid de Fonvielle; Eiffel, ingénieur, présenté par MM. le Dr Hénocque et Mascart; le Dr Richet, présenté par MM. le D" Hénocque et Louis Olivier, sont reçus à l’unanimité.
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REUNION DU COMITÉ pu 7 AOUT 1902
A la réunion du Comité, présidée par M. Henry de La Vaulx, assistaient :
MM. de Chardonnet, Tatin, E. Giraud, Paul Rousseau, G. Besancon, H, Lachambre, M. Mallet, de Castillon de Saint-Victor, A. de Contades, Delattre.
Le Comité a prononcé l’admission de MM. Mélandri, Tournouer, Astié, Joly, Barthou, Arnould, Pineau, Julliot, Mollien, Bachelard et Fourcade.
M. James Bloch est nommé pilote.
L'article 5 du règlement des ascensions à prix réduit est modifié de telle façon qu'en cas de forfait de l’un des partants, son droit d'inscription de 50 francs reste acquis au Club.
Le président lit une lettre de M. Nocquet, sculpteur, qui offre de faire, à titre gracieux, les bustes des membres de l’Aéro-Club qui se sont distingués par leurs travaux aéronautiques.
Le Comité remercie M. Wilfrid de Fonvielle pour le don à la bibliothèque de son volume : Aventures d'un Français au Klondyke — et adresse à M. Henry Deutsch (de la Meurthe) l'expression de sa sympathie et ses souhaits de prompt rétablissement.
Le président a le regret d'annoncer la mort de M. de Chamberet, membre du Comité, et lève la séance en signe de deuil.
DIiNER-CONFÉRENCE DU 7 AOUT 1902
Au diner-conférence présidé par M. Henry de La Vaulx assistaient: MM. Wilfrid de Fonvielle, Etienne Giraud, Mary, Morin, Tatin, Bacon, Peccatte, Besançon, Mallet, Mélandri, de Castillon de Saint-Victor, de Bradsky, Blanchet, Malfait, Sénécal, Lahens, Barbotte, Tinel, Brisson, Peyrey, Bigault de Grandru, Leys, Lachambre, etc.
Après le diner, il est procédé au tirage au sort des membres inscrits pour l'ascension mensuelle à prix réduit. Sont désignés : MM. de Bradsky, Morin et Barthou. Membres suppléants : MM. Nocquet et Durand. fl
Le président donne ensuite la parole à M. Wilfrid de Fonvielle qui fait une très savante conférence sur différents systèmes susceptibles d’ètre employés pour vérifier la loi des hauteurs barométriques. (Voir le Bulletin, page 182, et le numéro de juillet, page 158.) que ;
M. Charles Mary présente une réduction au 1/15° du ballon dirigeable qu'il a imaginé. Nous reproduisons cette Communication à la suite du Bulletin.
Disons que le petit modèle a évolué avec la plus grande facilité, montant, descendant et virant sous l'effet de ses hélices, au gré de l’orateur.
ÂSCENSIONS A PRIX RÉDUIT
Les ascensions à prix réduit, qui sont organisées chaque année en faveur des membres de l’Aéro-Club, ont lieu tous les mois au parc de l’Aéro-Club, à bord de l'Aéro-Club n° 2, ballon de 1.550 mètres cubes. À
Le premier départ s’est effectué le 8 juillet, à 41 h. 45 du matin. M. Léon Maison pilotait MM. le lieutenant Bourdelles, le vicomte de Monthières et G. Le Brun.
L’atterrissage a eu lieu, à 9 heures du soir, à Romilly, à 15 kilomètres au sud de Troyes. Temps idéalement calme.
Le second voyage a été exécuté le 20 juillet, à 2 h. 20 de l’après-midi. M. Janets, suppléant M. Jacques Faure empêché, pilotait MM. le commandant Amédée Cordier, du 151° de ligne, G. Delebarre de Bay et G. Le Brun. La traversée aérienne, accomplie par temps orageux, a duré deux heures quarante. Les aéronautes ont pris terre à Fontenay-le-Fleury (Seine-et-Oise).
La troisième ascension, dirigée par M. Emile Janets,ayant à bord MM. le comte de La Mazelière, le comte de Chabrol et le comte Economos, a eu lieu le 25 juillet, à 2 heures de l'après-midi. Atterrissage à 500 mètres de la station Epiais-Rhus.
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LISTE DES PILOTES S'ÉTANT FAIT INSCRIRE POUR LA CONDUITE DES ASCENSIONS A PRIX RÉDUIT
Conformément à l’article 9 du règlement des ascensions à prix réduit, le Secrétariat de l’Aéro-Club a recu les inscriptions suivantes : MM. le comte H. de La Valette, E. Giraud, Farman, Blanchet, Peyrey, Maison, Bacon, Nicolleau, Barbotte.