CAPABLE DE DONNER EN AIR CALME UNE VITESSE DE 50 KIL. À L'HEURE
Avec moteurs de cent chevaux-vapeur de puissance
Ballon. — L'appareil, dont nous donnons un dessin d'ensemble, se compose d’un ballon-porteur sphérique, triangulaire à la partie inférieure en coupe transversale, et de forme ovoïde allongée dans le rapport de 1 à 5, dans le sens longitudinal ; il a été calculé dans toutes ses proportions et suspensions pour obtenir un minimum de résistance pour une vitesse voulue.
En nous reportant aux lois du génie maritime et en les vérifiant, nous avons dù abandonner une disposition de notre projet de 1896 d’aérostat à une hélice, consistant à placer en avant la maîtresse section de l’aérostat avec une partie plus allongée en arrière, c'est-à-dire le gros bout en avant, avec rapport de 1 à 6.
Des expériences récentes nous ont permis de prendre une forme un peu plus symétrique en portant le maître couple de notre ballon un peu plus à l'arrière (rapport, 1 à 5) pour en diminuer la surface, par suite le poids, et, de ce fait, de disposer d'une plus grande puissance à l'emplacement où vient se fixer le gouvernail, évitant ainsi des fléchissements d'une partie trop allongée.
Nous laisserons donc l'arrière du ballon légèrement plus court que lPavant, par rapport à son diamètre au fort.
Rigidité de l'enveloppe. — L'enveloppe de notre ballon est en étoffe de soie supérieure et imperméabilisée par nos nouveaux vernis.
Pour obtenir la permanence de la forme du ballon (condition indispensable à la bonne marche d’un appareil dirigeable), il a été appliqué à la partie inférieure une poche à air longitudinale ou ballonnet, dont l'augmentation ou la diminution de eapacité correspond exactement à tous les changements pouvant survenir dans le vo- Lime du gaz du ballon, soit par suite de dilatation, de condensation ou des pertes de gaz nécessaires pour contre-balancer les ruptures d'équilibre.
Chemise et suspensions. — Le filet et la suspension ordinaire de la nacelle ont été remplacés :
1° Pour le filet ou les attaches à bâtonnets à même l’étoffe du ballon : par une chemise de soie, étoffe de 1.400 kilos de résistance dans chaque sens et enduite, sur sa face extérieure, d’un procédé nouveau pour éviter l'absorption de l'humidité; elle est renforcée et consolidée au moyen de rubans.
Cette chemise enveloppe complètement le ballon et fait corps avec lui; elle se termine par un fourreau recevant la quille-carène de suspension.
20 Pour les suspensions : par des cébles d'acier permettant un maximum de résistance tout en présentant la plus petite surface possible à l'avancement.
La suspension en fils d’acier, par suite du croisement rationnel des càbles depuis leur liaison avec la perche formant quille jusqu'à la carcasse de la nacelle, rend le tout solidaire et maintient le système dans une stabilité absolue qui permet d’en considérer l’ensemble comme un solide de construction.
La partie inférieure de la chemise du ballon vient se réunir à la perche servant de quille-carène; cette perche, outre la rigidité qu'elle donne à l’aérostat, sert de plus à en éviter les déformations et à attacher les suspensions qui relient le tout à la nacelle. A l'extrémité arrière de cette perche se trouve placé le « gouvernail », logé dans un cadre en aluminium et manœuvré à l’aide d’une drosse d'acier.
Un nouveau système de pattes d’oie longitudinales descendant du ballon, se reliant à bâbord et à tribord de la nacelle, compléteront la rigidité de l’ensemble.
Le remplacement du filet par une chemise en étoffe enveloppant le ballon de toutes parts et servant d'intermédiaire à la série des fils d'acier qui suspendent la nacelle, a permis de ramener les surfaces de résistance à leur plus simple expression, condition indispensable à un appareil de ce genre.
Hélices. — L'emplacement des hélices a été déterminé :
1° Par la nécessité de mettre la puissance à l'avancement le plus près possible du centre d'attaque de l'appareil, lequel correspond à la pointe-avant du ballon ; comme application pratique, cela est très difficile, pour ne pas dire impossible.
Les places les plusrationnelles pour les 2 hélices se trouvent donc être à l'avant
et à l’arrière de la nacelle. Cette position, outre l’avantage qu’elle a d’être le plus près possible du centre d’attaque, permet la transmission de l'effort de poussée dans la partie la plus rigide des suspensions, et l'emploi de deux hélices de grand diamètre à grande surface d'ailes et à petit nombre de tours. C’est, à notre avis, le plus sûr moyen d'obtenir un rendement maximum, celle de l'arrière sera de 1/5e plus petite que celle de l'avant.
20 Par l'impossibilité de trouver à ce jour un moteur léger atteignant la force de 100 ch.-vap. Nous nous sommes donc vus dans l’obligation d'employer 2 moteurs et conséquemment d'abandonner momentanément notre conception d’une seule hélice.
Moteurs. — À ce jour, nous avons à notre disposition des moteurs légers variant comme force entre 50 et 70 ch.-vap. effectifs. A leur poids propre, qui est de 4 kilos 500 par ch.-vap., il convient d’ajouter celui des radiateurs, tuyauterie, réservoirs à eau et à pétrole, etc., etc.
Le moteur de l'hélice arrière fera fonctionner en même temps le ventilateur pour l'alimentation de la poche à air.
Nous avons, du reste, à l'étude en ce moment un moteur à pétrole de grande puissance qui, nous lespérons, fera avant peu une révolution dans la navigation aérienne.
Le ballon dirigeable Louis Godard