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LES BALLONS MILITAIRES EN AFRIQUE AUSTRALE

On sait que les corps des aérostiers anglais comprend actuellement, dans l'Afrique australe, deux divisions composées chacune de 68 officiers, sous-officiers et soldats, 20 chevaux et 6 voitures.

Le gouvernement Britannique vient d'envoyer au Cap une troisième division d’aérostats, composée comme les premiers de dix ballons en baudruche du cube de 314 mètres, de dix petits ballons pour enlever les accessoires de la télégraphie sans fils, d'un chariot-treuil, et d'un équipage de plusieurs fourgons pour transporter les tubes à gaz hydrogène; ce détachement est commandé par le lieutenant Blakeney.

Le Standard saisit cette occasion pour défendre le droit de faire des observations captives ou libres, sans être traité comme espion, en cas de capture par l'ennemi. Ce droit n'est pas douteux. Pendant la guerre franco-allemande, M. de Bismarck avait fait rendre un décret comminatoire qui était parfaitement illégal et n’a point été appliqué. Si Ladysmith est pris, les aéronautes renfermés dans la place suivront le sort de leurs camarades et seront enfermés avec eux dans les prisons militaires de Prétoria, ou ils séjourneront sous la garde des femmes et des enfants; mais on ne les fera nullement passer en conseil de guerre.

Si l’on en croit le journal la Politique de Prague, les anglais ont reconnus la position des Boers à Zwartkopje, pendant la nuit du 18 janvier, avec un ballon éclairé par des fusées. Il est plus sensé de croire, si cette reconnaissance a eu lieu, que les aéronautes se sont servis de la lumière de la lune qui était encore presque pleine; mais nous pensons qu'il serait peu raisonnable d’avoir trop de confiance dans des reconnaissances exécutées sans y voir bien clair.

D'après le New-York Hérald du 6 février, quelques officiers du dépôt des torpilles à Porsmouth, viennent de faire des expériences sur des observations captives à bord d’un croiseur.

C'est une répétition de celles qui ont été déjà faites par des officiers de marine française sur la Méditerranée.

Il est probable que les ballons captifs de l'armée du Cap, ne sont point étrangers à la facilité avec laquelle le général French a réussi le raid exécuté sur Kimberley en dépit des forces commandées par le général Cronje. Les Boers auront appris sans doute à leurs dépens, mais trop tard, la valeur des aérostats dont ils ont repoussés les services.

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Nous devons à notre excellent confrère La Revue Hebdomadaire le cliché représentant un des ballons anglais à Ladysmith, où ils ont fonctionné pendant toute la durée du siège.

Chacune des enveloppes des balions employés par les Anglais est formée par

Un ballon anglais à Ladysmith

plus de 50,000 morceaux de baudruche juxtaposés et superposés sur huit couches d'épaisseur.

La résistance et l'imperméabilité de ces enveloppes sont supérieures à celle des ballons ordinaires, mais il faut ajouter qu’elles s'altérent beaucoup plus rapidement; puis leur maniement exige de très grandes précautions et beaucoup de soins; enfin les réparations sont assez difficiles à exécuter. -

Le volume de ces ballons varie entre 290 et 320 mètres cubes et le poids des enveloppes de 45 à 50 kilogrammes (environ 200 à 210 grammes par mètre carré). Le prix d’un de ces ballons est de 13,500 francs.

Le reste des agrès, filet, nacelle, cercle de suspension, etc., pèse 54 kilogrammes. Le matériel complet, moins le câble d’ascension, n'atteint pas 100 kilogrammes.

Le mode de suspension de la nacelle et l'attache du câble est des plus rudimentaires. Le câble de retenue se compose d'une corde métallique de 4 mn 7/10, pesant environ 80 grammes par mètre courant. Un dispositif ingénieux permet de fractionner er plusieurs éléments, susceptibles d'être portés à dos de mulet, le treuilsur lequel le câble s’enroule.

Les tubes-réservoirs d'hydrogène, créés par les Anglais, ont une longueur de 2 m. 40 pour un diamètre intérieur de 140 millimètres. Le gaz y est comprimé de 130 à 150 atmosphères, et le poids de ces récipients est d'environ 9 kilogrammes de métal par mètre cube de gaz avant la compression.

: Paul ANCELLE.

Notice sur la Télégraphie sans Fil AU MOYEN DES ONDES HERTZIENNES

Une invention qui à fait grand bruit au cours des dernières années, nous voulons parler de la Télégraphie sans fil au moyen des ondes hertziennes, paraissant devoir trouver un auxiliaire indispensable dans les ballons captifs, il a semblé qu’un exposé succinct des procédés du nouveau mode de transmission des signaux à distance ne serait pas sans intérêt pour les personnes qui s'occupent de la science aérostatique et de ses applications.

Ondes hertziennes. — On sait que l’étincelle de décharge d'un condensateur de faible capacité est constituée par une série d’oscillations électriques d'une grande rapidité, pouvant atteindre jusqu'à 50 milliards de vibrations par seconde.

Ces oscillations électriques de haute fréquence produisent un ébranlement de l’éther et donnent lieu à la formation d'ondes qui se propagent dans l’espace suivant les mêmes lois que la vibration lumineuse et qui exercent sur leur passage des actions inductrices révélées par des récepteurs appropriés.

Ce sont ces actions à distance, découvertes par Hertz, en 1887, qui ont servi de base au système de télégraphie sans fil, réalisé d'abord en 1895 par M. le professeur russe Popoff, puis par M. Marconi, en 1896, et dont plusieurs expérimentateurs poursuivent aujourd'hui le perfectionnement.

Oscillateur. — Pour rendre possibles des expériences de quelque durée, il fallait, avant tout, donner de la continuité à la décharge oscillante du condensateur.

On y est parvenu par l’adjonction d’une bobine d’induction de Ruhmkorff dont le fil secondaire a ses deux extrémités en communication avec les armatures du condensateur.

À chaque intermittence du courant dans le circuit primaire de la bobine, le condensateur se charge à un potentiel élevé, et sa décharge a lieu en même temps que celle du cireuit secondaire.

L'étincelle jaillit entre deux sphères métalliques 4. 2. (hig. 1), dont on peut faire varier l'écartement à volonté.

On obtient ainsi, tant que la bobine de Ruhmkorff est en action, une succession très rapide de décharges oscillantes qui produisent un ébranlement continu de l’éther.

On a donné le nom d'oscillateur à l'appareil formé par les sphères métalliques entre lesquelles se produit la décharge oscillatoire.

Radiateur. — Le condensateur de la fig. t none peut être remplacé par des surfaces métalli- or ques quelconques formant capacité.

On a reconnu que la propagation à distance des effets de l’oscillation électrique est notablement augmentée lorsque la capacité est donnée par deux simples fils métalliques dont l'un est mis en communication avec le sol et dont l'autre, isolé, s'élève librement dans l'atmosphère, le long d'un mit vertical (fig. 2). On a donné à ce dernier fil le nom de 7adiateur, en raison de ce que les oscillations électriques dont il est le siège se transmettent à l’éther

sur toute sa longueur.

\® la La distance à laquelle peuvent étrempercus les effets des ondes électriques augmente avec la longueur du radiateur, c'est-à-dire avec la hauteur du mât.

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