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AU MOYEN DES ONDES HERTZIENNES

(Suite)

Propagation des ondes hertziennes. — Les ondes électriques produites par l’étincelle oscillante du condensateur se propagent en ligne droite et dans toutes les directions vers l’horizon.

Il résulte de cette propriété que si deux postes À et B sont mis en correspondance hertzienne à une distance d, les signaux transmis par l’un des deux postes, À par

Vo:r l'Aérophile, n° 2, février 1950.

exemple, pourront être perçus par un nombre quelconque d’autres postes englobés dans le cercle ayant comme centre le point À et pour rayon 4. Cette dispersion des signaux dans toutes les directions constitue un défaut du système tel qu'il est aujourd’hui.

Disons toutefois qu'il a été reconnu que les ondes hertziennes sont susceptibles, dans certaines conditions, deseréfléchiret de se réfracter comme les ondes lumineuses. Il n’est donc pas impossible que l’on parvienne à diriger des faisceaux de rayons hertziens, comme on dirige les faisceaux lumineux dans les appareils de télégraphie optique. Mais les moyens d'obtenir ce résultat ne sont pas encore connus.

Les substances métalliques, même sous une épaisseur infinitésimale, sont opaques pour les rayons hertziens.

Toutefois, l'arrêt des ondes par un obstacle métallique n’est total que si l'obstacle a une étendue assez grande. Dans le cas contraire, les ondes peuvent contourner les obstacles en partie.

Une enveloppe métallique fermée arrête les ondes hertziennes d'une façon absolue.

Des trous, très petits, dans l'enveloppe métallique (mailles d'une toile métallique très fine, par exemple), ne laissent pas filtrer les radiations hertziennes. Mais des fentes, même très étroites, laissent passer les radiations, s7 elles sont parallèles au radiateur. L'arrêt a lieu, malgré les fentes, si elles sont perpendiculaires au radiateur.

Les substances non métalliques sont plus ou moins opaques aux radiations hertziennes, selon leur nature et selon leur épaisseur.

Un mur de faible épaisseur laisse passer en partie les radiations. Un mur épais les arrête. On comprend que, dansune ville, les maisons, les arbres, les monuments, les cheminées d'usines constituent autant d'obstacles à redouter.

D'une manière générale, pour établir une bonne communication hertzienne, il faudra élever le radiateur et le collecteur à des hauteurs suffisantes pour que les ondes se propagent par dessus tous les obstacles matériels.

Dans les communications à grande distance, il sera nécessaire de tenir compte de la sphéricité de la Terre, dans la détermination de la hauteur des mâts.

Le même fil extérieur peut être tour à tour radiateur et collecteur, selon qu'ilest relié, dans le poste, aux appareils de transmission ou à ceux de réception.

Développement du radiateur-collecteur. — En allongeant le radiateur-collecteur, dans sa partie efficace, on augmente la portée de la communication. M. Marconi a formulé la loi suivante entre les longueurs des radiateurs-collecteurs et les distances auxquelles les signaux peuvent être perçus avec netteté.

Soient /7, Æ les longueurs des radiateurs, d, d' les distances franchies par les signaux.

On a, d'après M. Marconi :

H d EST ans DONNEES

Prenons comme terme de comparaison la communication hertzienne établie avec plein succès entre Bournemouth et l'ile de Wight, avec un radiateur de 35 mètres de long, à une distance de 23,000 mètres, et posons :

Je GSIMÈTES.

d' — 23,000 mètres.

On aura dés lors, pour une distance quelconque d, à franchir

FH 00,2; \| d

On déduit de cette formule le tableau suivant des longueurs de radiateur nécessaires pour correspondre aux distances indiquées :

Distances Long. de radiateurs HOOBIl ONE TE SR PE MP AE 0e Na tie 73 mètres 200 — get Er vd pie SR EM us PT CU LL TOR Mu 300 on JB Sen sante PEN CR En Dee ee PRE AR D'or 126 — 500 — RC CO CS HO D EC 103 —

1.000 ee ER EN DT dE cet ON RE Se MR OS LETTRE 230 — 4.666 — (distance ans AMMEOIeNOrCIE EEE CT

Jusqu'à ce jour, les distances auxquelles on a télégraphié nettement, au moyen des ondes hertziennes, n'ont pas dépassé 50 kilomètres.

La règle de M. Marconi s'est trouvée exacte, dans toutes les expériences effectuées dans cette limite de 50 kilomètres, et sur mer.

Il n'est rien moins que sûr que la formule soit applicable aux très grandes distances.

Toutefois, il est permis d'espérer qu'avec des longueurs pratiquement réalisables Ide radiateur, la transmission hertzienne des signaux pourra être étendue à des imites très reculées.

Emplot des ballons. — Les expériences de télégraphie hertzienne au-dessus des surfaces terrestres ont en général peu réussi. C'est surtout en mer que l'on a obtenu de bons résultats. L'application la plus remarquable réalisée jusqu'à ce jour paraît être la communication entre Wimereux et Douvres (50 kilomètres) par dessus la Manche.

L'insuccès des expériences sur terre tient sans doute pour beaucoup à ce que les radiateurs ne sont pas assez élevés.

Il est déjà difficile de dresser des mâts atteignant 50 à 60 mètres de hauteur. Le problème peut être considéré comme pratiquement insoluble pour des hauteurs plus grandes.

D'un autre côté, les pylônes élevés que l'on pourrait utiliser pour supporter les radiateurs doivent à leur massivité d’absorber une partie des radiations. C’est ainsi que dans les expériences faites entre la Tour Effel et le Panthéon, les signaux transmis par le poste du Panthéon n'ont pu arriver jusqu'aux appareils récepteurs placés dans la Tour, avec un fil collecteur suspendu au dehors, entre les deux plateformes intermédiaires. La masse métallique de la Tour absorbait complètement les radiations.

Les difficultés que nous venons de signaler seront supprimées par l'emploi de ballons captifs permettant de transporter dans les parties élevées de l’atmosphère des centaines de mètres de fils radiateurs dégagés de toutes masses voisines nuisibles.

Un fil radiateur léger de 2 millimètres de diamètre en bronze silicieux, pesant 30 kilogrammes par kilomètre, ne constitue qu'une surcharge insignifiante pour un aérostat.

Sans escompter l'avenir, n’y a-t-il pas lieu de penser que l'on obtiendra des résultats nouveaux et peut-être surprenants, le jour où l’on essayera la télégraphie hertzienne avec des foyers de radiation électrique transportés à de grandes hauteurs, bien au-dessus des obstacles que présente la surface terrestre, au-dessus même des chaïnes de montagnes.

Il semble qu'un aérostat en marche puisse transmettre et recevoir des signaux

hertziens, s’il a dans sa nacelle les appareils nécessaires, en déroulant un fil métallique léger dont l'extrémité inférieure traïnerait sur le sol ou plongerait dans les eaux de la mer.

L'intercommunication entre deux aérostats en marche deviendra sans doute possible, dans ces conditions, à de très grandes distances.

On ne peut s'empêcher de songer combien aurait pu être différent le sort de la mission Andrée si elle avait eu à sa disposition un tel moyen de correspondance.

Nous entrevoyons dans la télégraphie hertzienne par ballon un vaste champ de recherches digne de tenter les expérimentateurs.

Le papillon, après avoir quitté sa chrysalide, commence par se traîner péniblement sur le sol raboteux et brutal. Soudain ses ailes solidifiées battent l'air; la créature plus parfaite prend son essor ; elle plane triomphante, au-dessus des obstacles, dans l'empire de la lumière. Une semblable destinée ne serait-elle pas dévolue à la télégraphie hertzienne ?

Respice finem. PUB:

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