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INFORMATIONS

BULLETIN DES ASCENSIONS. — M. Jacques Faure, trésorier de l’Aéro-Club, qui, le 28 janvier, a fait la première ascension de l’année, s'est adjugé la seconde le 25 février; seul à bord d’un petit bailon de 600 mètres cubes. Appareillant à l'usine du Landy, il s'est élevé à minuit 20 minutes.

Une très forte brise l’a porté, en 5 heures, à une vitesse moyenne de 60 kilomètres à l’heure dans la Flandre orientale, à l'embouchure de l'Escaut. Pour effectuer avec si peu de lest (30 kilos) ce remarquable trajet de 300 kilomètres, sous une pluie abondante qui alourdissait le ballon, l'habile aéronaute s’est efforcé de maintenir son équilibre dans les basses régions. Pour prolonger son séjour en l'air jusqu’au matin il lui a fallu faire le sacrifice de son souper. Averti de l’approche de la mer par les feux tournants de Flessingue, il descendit à Saint-Jean-Cremo, profitant adroitement d’une accalmie du vent pour faire au milieu des terres marécageuses un atterrissage de précision entre deux canaux voisins.

— L'Orient, ballon de 1,000 mètres cubes, propriété de MM. le comte de Castillon de St- Victor et Jacques Faure, a effectué sa première ascensionle 11 mars.

Le départ a eu lieu de usine à gaz du Landy, à 11 heures du matin. Mme Jacques

Faure et M. le comte Henry de La Vaulx accompagnaient les deux propriétaires du nouveau yatch aérien.

La descente s’est effectuée par un vent violent, à 3 heures 50 minutes du soir, à Maignelay, petite localité du département de l'Oise, située à environ 100 kilomètres au nord de Paris.

— Le dimanche 19 mars, à 10 heures 40 du matin, a eu lieu de l'usine à gaz du Landy, la seconde ascension de l'Ortent, piloté par son propriétaire, M. Jacques Faure. Étaient à bord: MM. Albert Oberkamp', Legrand et Turgan. Escale, à une heure de l'après-midi dans une plaine, près de Creil, où les excursionnistes attendirent que le soleil échauffé le gaz du ballon pour réascensionner. À 2 heures et demie le vent devenant assez violent et comme M. Jacques Faure, l’habile pilote, ne disposait que peu de lest, il décida la descente.

L'atterrissage a lieu à Cermoy (Oise), après un traînage de 309 mètres dans une bonne terre labourée.

ASCENSION PÉRILLEUSE A TOULON.— Le lieutenant de vaisseau Genty qui dirige le parc aérostatique de la flotte à Lagoubran, près Toulon, a fait le vendredi 16 mars, par forte brise, une ascension libre qui aurait pu avoir une issue fatale, Le ballon de 270 mètres cubes, à bord duquel il se préparait à faire son ascension, possède une petite nacelle où une seule personne peut trouver place. Les engins d'arrêt comprenaient, outre le guiderope, une ancre-herse, un cône-ancre et leur cordage respectif. Le ballon devait être surveillé dans sa course par deux torpilleurs.

Malgré la brise, M. Genty partit, le ballon s’éleva d’abord à 500 mètres, puis atteignit une altitude de 1,200 m. et, entrainé par le vent, il dériva avec une vitesse effrayante du côté de la mer; en 18 minutes il était au-dessus d'Hyères, à 18 kilomètres de Toulon, il marchait à la vitesse d’un train express. Les torpilleurs chargés de le suivre filaient à une vitesse de 20 nœuds, soit 37 kilomètres à l'heure, ils ne pouvaient donc être d'aucun secours en la circonstance.

Lorsque M. Genty vit qu'il allait être entraîné en pleine mer, il résolut d’atterrir et descendit avec une rapidité effrayante. À une hauteur de quinze mètres il lança son grappin qui, dans sa course échevelée, déracina plusieurs arbres et finit par casser son câble; le cordage du cône-ancre qui avait été largué éprouva le même sort. Force fut au courageux aéronaute d'employer le suprême moyen pour arrêter le ballon, il le déchira et vint tomber sur un poteau de télégraphe.

L'oficier s'en est tiré avec quelques contusions; quant au ballon, il a été réintégré dans le parc, où ses avaries ont été réparées.

LES EXPÉRIENCES DE M. CAILLETET. — M. Cailletet, membre de l'Institut, vient d’expérimenter un dispositif photographique, construit aux frais du gouvernement à qui il en fait don, permettant à une armée en campagne ou une ville assiégée, de prendre instantanément la topographie d’une étendue de terrain dans un rayon de dix kilomètres.

Cette intéressante expérience a été faite au parc aérostatique de la marine, à Lagoubran, sous la direction de M. Cailletet, assisté du lieutenant de vaisseau Genty, directeur du parc, et en présence d’une commission composée d'officiers supérieurs de la marine, du génie et de l'artillerie.

Un appareil photographique cylindrique, portant neuf objectifs, est fixé sous un ballon captif au lieu et place de la nacelle. Son câble se déroule lentement et lorsque l’aérostat a atteint une altitude de 250 à 300 mètres, l'opérateur met l'appareil photographique en action au moyen d’un fil électrique disposé à cet effet.

Quelques secondes s'écoulent, les objectifs sont obturés par le même moyen; le câble s’enroule et ramène le ballon à son point de départ.

Les neuf clichés obtenus sont développés, puis raccordés en cercle sur un carton. On a obtenu ainsi la topographie de tous les terrains à dix liemes à la ronde du

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