‹ L'AérophileChapitre 29 sur 84 · A4 MARS 1C · texte numérisé non relu

A4 MARS 1C

quartier de Lagoubran, centre de l'opération, formant ensemble un cercle de soixante kilomètres de circonférence.

La commission a examiné cette topographie si rapidement obtenue et a constaté avec un réel étonnement qu’elle est d'une exécution parfaite dans ses plus petits détails : forts, batteries, routes, chemins, habitations, tout en un mot s'y trouve fidèlement reproduit.

LA BOUÉE D'ANDRÉE. — Il est fort intéressant de savoir si la bouée d'Andrée a été lancée par l'Œynen, lorsqu'il passait dans lesenvirons de la terre du roi Charles, ou si elle avait fait un long trajet sur mer. Afin d’éclaircir ce point important pour le tracé de la trajectoire de l’héroïque aéronaute suédois, le professeur Langerheim a procédé à l'analyse micrographique des objets quise trouvaient dans l’intérieur de la bouée ou attachés à ses flancs. Ce savant a reconnu l'existence de 65 espèces différentes de plantes ou d'animaux. Si l'on peut retrouver tous ces objets dans la flore et la faune marine de la terre du Roi Charles, il est évident que la bouée na pas voyagé; si au contraire on trouve un nombre notable d'espèces étrangères, on doit en tirer la conclusion que la bouée a été lancée dans les parages qu'habitent ces êtres. Le gouvernement suédois à l'intention de profiter du départ d'un navire, qui se rend au Spitzberg, afin de mesurer la longueur d’un degré et de s’en servir pour faire procéder à ces intéressantes recherches. Notre opinion, qui a pourtant besoin d'être confirmée par cette analyse micrographique, est que la bouée n’a pas voyagé, et que l'Œynen a péri dans l'Océan glacial compris entre le Spitzberg, la Nouvelle-Zélande et la côte de Sibérie.

Quant aux expéditions, dont il est question pour aller à la recherche d’Andrée, elles n’ont absolument aucun sens.

— La Société de géographie de Stockholm a donné une récompense de 25 kronor à l'enfant islandais qui a trouvé la petite bouée d'Andrée, à Kollafiord, le 14 ma; 1899, une de 100 kronor au capitaine L.-P. Ask, et 50 à son harponneur, P.-C. Obsen qui ont trouvé la grande bouée polaire le 11 septembre de la même année à la terre du roi Charles. Elle a voté une somme de 1,002 kronor, destinée à récompenser les découvertes ultérieures. Cette somme sera attribuée suivant l'importance des renseignements recueillis.

L'ANNUAIRE POUR 1909 DE L'OBSERVATOIRE ROYAL DE BELGIQUE forme le soixante-septième volume d’une publication qui n’a pas subi d'interruption depuis 1834.

Il renferme en ses 650 pages une grande quantité de données astronomiques, géodésiques, géographiques, statistiques, etc., parmi lesquelles une notice consacrée au globe terrestre, des tables contenant les constantes physiques, les statistiques de la population, de l’agriculture, du commerce, des finances, etc.

La partie la plus intéressante de cet Annuaire contient les résultats d'observations météorologiques, astronomiques et magnétiques effectuées à l'Observatoire par les membres du personnel, MM. Niesten, Stuyvaert, Stroobant, Bijl et Prinz, notamment celles relatives aux Léonides, dont on a tant parlé en novembre dernier.

Nous tenons surtout à signaler plusieurs notices scientifiques d’un haut intérêt, dont trois sont dues à la plume de M. A. Lancaster, directeur du service météorologique de Belgique : La population de l'Europe ; le mouvement de la population dans l’agglomération bruxelloise, depuis 1830; la direction du vent à Bruxelles, d'après cinquante années d'observations ; une autre, de M. Ch. Durieux, ancien observateur du service météorologique à Ostende ; enfin, celle de M. J. Vincent, météorologiste à l'Observatoire royal, sur l'emploi des cerfs-volants en météorologie, dont nous publierons un remarquable article dans notre prochain numéro.

Le Directeur-Gérant : Georges BESANÇON.

Directeurs : GEORGES BESANÇON et WILFRID DE FONVIELLE

Page 1