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CORRESPONDANCE

Fort Ossovetz 11/24 mars 1900.

Monsieur le Directeur,

Je lis dars plusieurs journaux les articles intitulés Ze ballon dirigeable de l’armée russe où il est dit que l'appareil de l'ingénieur Danilevski est un appareil volant des aérostiers militaires russes.

Je dois vous dire premièrement que M. Danilevski n'est pas ingénieur, mais médecin. Secondement, il n’a aucun rapport avec les aérostiers militaires russes.

Enfin, l'appareil de M. Danilevski n’est pas aussi pratique qu'il le dit dans tous les journaux russes et étrangers.

Dans le journal « Norod », n° 786 de 1899, a paru un article de M. Gribojedoff, savant météorologiste, intitulé Voyage du docteur Danilevski à bord de son ballon dirigeable dans la végion fantastique. Dans son étude M. Gribojedoff analyse au point de vue scientifique l'appareil de M. Danilevski et conclut que l'idée du docteur ne représente aucun intérêt scientifique et pratique.

Je désirerais que cette lettre soit insérée dans votre revue.

Veuillez agréer mes compliments les plus sincères.

Lieutenant ESTIFEEF,

Commandant les aérostiers militaires russes au fort d'Ossovetz.

Le Directeur. Gérant : Georges BESANÇON.

Directeurs : GEORGES BESANÇON et WiLFriD DE FONVIELLE

8e Année — N°5 Mai 1900

PORTRAITS D'AÉRONAUTES CONTEMPORAINS

M. VICTOR SILBERER

Ce célèbre aéronaute à qui l'on doit la fondation du sport aérien et de l'aérostation militaire en Autriche, est né en 1846.

Il commenca par s'occuper de canotage, en 1864 et en 1868, il publia sur cette spécialité les premiers articles qui aient paru dans son pays, à Vienne, sur cette importante spécialité sportive.

Après avoir organisé les premières régates à Vienne, il partit en Amérique en 1608. Il revint en Europe assez à temps pour assister aux principaux épisodes de la guerre franco-allemande, comme correspondant de la Vouvelle Presse libre de Vienne. Les descriptions qu'il donna de ces scènes tragiques, étaient pour la plupart écrites au crayon sur le champ de bataille, avec beaucoup d'humour et d’impartialité.

Il a raconté RÉdENR us dans le discours prononcé à l’occasion de la fondation de l'Aéro-Club viennois, la part qu’il a prise lui-même à l'introduction en Autriche de l’aérostation sportive, scientifique et militaire, nous renvoyons

le lecteur au compte-rendu, que nous donnons ci-après, de cette remarquable manifestation.

Nous ajouterons à ces détails que le nombre des ascensions de M. Silberer s'élevait à la fin de l’année 1892 au chiffre respectable de 138. On évalue à 50 le nombre de celles qui furent exécutées avec des officiers de l’armée impériale pour compléter le cours d'instruction dont M. Silberer resta chargé pendant plusieurs années.

Quelques-unes de ces expéditions aériennes ont été très remarquables, notamment celle de Vienne à Posen, celle de Vienne en Pologne-Russe, et enfin celle de Vienne en Illvrie, en franchissant, bien entendu, la chaîne des Alpes. Aucun de ces brillants voyages, dont les journaux ont rapporté tous les détails et qui ont été exécutés par des vents violents, n’a été accompagné du moindre accident.

En Ballon, le principal ouvrage aéronautique de M. Silberer est écrit avec une verve des plus remarquables, il serait à désirer qu'il en fut publié une version française. Malgré les rhumatismes que l’auteur a contractés en exécutant une descente pendant une épouvantable tempête où tombait une trombe d'eau accompagnée de grêle, il tient toujours son rang en tête des aéronautes autrichiens, qui tous ont pour leur doyen et leur professseur la plus vive affection. Chacun d'eux s'efforce d’imiter l'humour et l'élégance de son style.

Ses articles sur le sport sont un véritable modèle. M. Silberer est également un des arbitres les plus recherchés par son impartialité et la sûreté de son Jugement.

En 1880, il fonda le Yournal genéral des Sports qui arriva rapidement à une immense popularité. Ce succès hors ligne lui permit de créer les championnats du Danube, pour l’aviron, la natation, et le championnat d'Autriche pour la bicyclette, le fleuret, le sabre, le billard, etc. C'est encore lui qui organisa à Vienne le grand match Austro-Américain pour l’aviron ; cette lutte historique se termina par la défaite d'une nombreuse équipe de rameurs célèbres arrivant en triomphateurs de l’autre côté de l'Atlantique.

M. Silberer sera certainement un champion redoutable pour les épreuves en ballon de cet été, si la part qu'il compte prendre aux courses au trot ne l'empêche d'y participer.

En effet, depuis 1806, il possède une écurie dans laquelle figure le CoZonel Kager le trotteur le plus fameux d'Europe. L'on ne peut exiger que son zèle pour l’aérostation aille jusqu’à lui faire dédaigner les succès, qui lui paraissent réservés.

En matière de sport, on peut lui appliquer le vers de Térence.

Rien d’humain ne lui est étranger.

Au moment où nous terminons cette trop courte notice, nous apprenons qu'ainsi que M. le comte de Castillon de St-Victor, nous venons d’être nommés membres de l’Aéro-Club de Vienne. C’est à ia bienveillance et à l’'amabilité de M. Victor Silberer que nous devons cette distinction flatteuse, et nous saisissons cette occasion pour lui témoigner toute notre reconnaissance.

Wilfrid de FONVIELLE.

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