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L'EMPLOI DES CERFS-VOLANTS EN MÉTÉOROLOGIE

Nous voudrions, dans cet article, présenter aux lecteurs de l’Aérophile quelques détails sur les ascensions des cerfs-volants météorologiques. Cette partie de la technique scientifique moderne est encore peu connue du public. Nous n’hésiterons pas à entrer parfois dans des détails assez minutieux, afin de faciliter la construction des appareils aux personnes qui auraient le désir de les employer. C'est aux Etats- Unis que l’on a repris sérieusement, il y a cinq ans, l’idée de faire servir les cerfsvolants aux études météorologiques. Les publications les plus essentielles à consulter sont celles du Veather Bureau et celles de l'Observatoire météorologique du Blue Hill, près de Boston, fondé et dirigé par M. A. Lawrance Rotch. Nous y avons puisé un grand nombre de renseignements utiles.

On peut ranger en une même classe tous les cerfs-volants qui n'offrent qu’une seule surface sensiblement plane, quel qu'en soit, du reste, ie contour. Ce sont les plus faciles à construire et les plus généralement connus. Si l’on désire fabriquer des exemplaires assez grands, unissant la simplicité et la solidité, on peut procéder comme suit : On prend deux tiges de bois de section rectangulaire et de même longueur ; on les croise à plat et on les unit par une solide ligature {fig. 1). Le point de croisement E est choisi de manière que la distance CE soit les 18 centièmes de la longueur CD. On fait passer sur les extrémités légèrement entaillées des tiges une ficelle, que l’on tend bien ; on s'assure en même temps que les deuxtiges sont exactement perpendiculaires l’une sur l’autre. Cette charpente est ensuite recouverte de papier.

Disons une fois pour toutes que les ligatures qui doivent assujettir les unes sur les autres des pièces de bois, se font très solidement au moyen de très gros fil ou de de ficelle fine ; on serre fortement et l’on termine l'opération en enduisant les liens de colle forte.

Lorsque la croix de bois a reçu la couverture, on courbe un peu en arrière, comme un arc, la tige transversale et on la maintient dans cette position par une corde attachée aux deux bouts. La flèche doit être un dixième de la longueur AB.

L'appareil ainsi construit est le cerf-volant Eddy ou malais. Il reste à le munir d'une bride.

On donne le nom de bride à un ensemble de cordons qui, partant d’un cerfvolant, vont se réunir en avant de sa surface, en un même point, où vient aboutir la ligne qui attache l'appareil au sol. La bride du cerf-volant Eddy est formée de deux branches se fixant, l’une au point de croisement des deux tiges, l’autre à l’extrémité inférieure de l'appareil (fig. 2). On lui donne une longueur telle, que la proportion EI, qui est à angle droit avec la tige verticale, soit égale à la moitié de cette tige.

Il est à remarquer qu'en général on ne peut pas déterminer du premier coup et définitivement la position du point où vient s'attacher la ligne. Le plus souvent, il sera nécessaire de procéder à quelques ascensions d'essai, à une faible hauteur, après chacune desquelles on déplacera un peu le point d’attache, dans un sens ou dans l’autre, jusqu’à ce que l’on ait trouvé la bonne position.

Ces opérations préliminaires seront facilitées et abrégées si l’on unit la bride à la ligne par un nœud particulier, le nœud carré, appelé aussi nœud herculéen. On lui donne, en Belgique, le nom de nœud de tisserand, mais il est à remarquer que le weaver's knot des Américains en diffère. La partie supérieure de la figure 3 montre

la manière de former le nœud carré. La disposition définitive est représentée par la figure 4. Ce nœud a plusieurs qualités: il ne glisse pas, à l'état de tension; lorsqu'on veut le déplacer, il suffit de le ramener à la forme de la figure 3, ce qui se fait très aisément. Enfin, il n’affaiblit presque pas la résistance des cordons à la rupture. Le nœud de la figure 3, très communément employé, a, au contraire, l'inconvénient de constituer un point de facile rupture: des expériences ont montré qu'il diminue d'un tiers la résistance des cordes.

Pour plus de précaution, on unit encore les deux brins de la ligne par un nœud d'archer, que nous croyons bon de décrire également. On fait d’abord sur la ligne une boucle (fig. 6, &), puis on dispose ie bout a comme :l est indiqué, et l’on serre (fig. 3). Il n’est pas avantageux de serrer fortement la couronne c du nœud. Le nœud

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