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kilog.

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troisième surface portante entre les deux primitives, mais cette innovation adiminué la stabilité de l'appareil.

Il n'est pas indispensable qu'il y ait deux cellules. Hargrave a construit un modèle unicellulaire de 076 de longueur sur 1M83 de largeur et 0"76 de profondeur, qui se comportait très bien.

Un autre type cellulaire fort simple et d'excellente tenue au vent est le cerfvolant à cellules en carreau (diamond-cell kite). Nous le décrirons en nous en tenant aux dimensions recommandées par son inventeur, M. S. À. Potter. Pour le construire, on prépare d'abord le châssis, (figure 17), au moyen de quatre lattes larges de 16 millimètres et épaisses de 6 millimètres. Les plus courtes sont terminées à chaque bout par deux petites pièces amincies aux extrémités ; on les colle et on les entoure d'une ligature au fil gris encollé ; on a ainsi des sortes de fourches qui embrassent les grandes lattes; on empêche celles-ci de glisser au moyen d’une simple pointe. Deux fils de bronze phosphoreux assurent la rigidité du système ; on soude les portions enroulées de ces fils.

La figure 18 représente le cerf-volant monté. On a commencé par coudre sur les lattes verticales du châssis deux bandes de toile sans fin, larges de o"33, longues de 205. On fixe ensuite par une couture, à mi-distance, deux autres lattes ayant exactement les mêmes dimensions que les précédentes; chaque bande se trouve ainsi divisée en quatre parties égales. On intercale alors les étais P. Leur longueur est d'environ 097; elle ne peut être déterminée exactement qu'après que les lattes verticales ont recu les bandes de toile ; elle doit être telle, que ces bandes soient

fortement tendues. Leur section transversale est carrée, de 13 millimètres de côté. Ces étais sont munis d’un bec un peu différent de celui qui a été décrit ci-dessus ; il est représenté par la figure 10. Ils sont assujettis sur les courtes lattes du châssis par une solide ligature.

La bride s'attache à l’une des grandes lattes du châssis, au milieu de chaque bande de toile ; elle a une longueur de 1225. La ligne vient aboutir en un point O, qui est au cinquième environ à partir du point d'attache supérieur; il faut en déterminer la position la plus convenable par tätonnement.

Le cellulaire en carreau offre cet avantage, qu'on peut le démonter pour l’emporter dans les voyages. Il rentre dans la catégorie des cerfs-volants à étais (bystruts), par opposition à celle des cerfs-volants à châssis (by frames). L'Hargrave peut se construire aussi par étais.

On a essayé avec succès des modèles dits trapézoïdes (fig. 20), qui ont beaucoup d'analogie avec le carreau et dont la confection n’a pas besoin d’explications, après ce que nous avons dit de ce dernier modèle.

Il n'est évidemment pas indispensable, en construisant les cerfs-volants que nous venons de décrire, de s’en tenir strictement aux dimensions absolues que nous avons données : il suffit de conserver les rapports de ces mesures. Il est commode et économique à la fois de partir de la largeur des pièces de tissu que l’on trouve dans le commerce et de choisir les autres dimensions des appareils en conséquence.

Les types Hargrave, en carreau et trapézoïde sont les meilleurs que l’on connaisse actuellement. On en a imaginé beaucoup d’autres, parmi lesquels nous mentionnerons les modèles à aïles, c'est-à-dire à surfaces planes ou courbes, s'élançant des deux côtés. Ils ont le défaut des cerfs-volants à une seule surface ils sont exposés à se déformer asymétriquement par un vent fort ; ensuite le rapport des surfaces portantes aux surfaces réellement existantes ou projetées est trop grand pour maintenir toujours la stabilité.

(A suivre). J. VINCENT, Météorologiste à l'Observatoire royal de Belgique.

La Catastrophe de Chalais-WMeudon

Le silence qui règne autour de l'établissement central d’aérostation militaire de Chalais-Meudon a été troublé le 6 avril par une nouvelle catastrophe d’un genre imprévu, et dont les détails n’ont point été publiés. Ce qu'il y a de trop certain c'est que deux sapeurs du génie, sont morts à l'établissement aérostatique, et que des trois autres en traitement à l'hôpital militaire de Versailles, un a encore succombé après trois jours d’agonie.

Voici sous toutes réserve comment les choses se seraient passées :

Ces soldats ont été empoisonnés par la respiration d'un hydrogène mélangé d'hydrogène arsénié s’échappant d’un ballon auxiliaire déchiré au cours demanœuvres du treuil destinées à l'instruction des mécaniciens. Afin d'éviter la perte des 300 mètres cubes de gaz, et après avoir aveuglé la fuite on avait ordonné aux sapeurs de transvaser l'hydrogène dans un autre ballon; c'est au cours de ces manipulations que de nouvelles déchirures se produisirent et cinq soldats se trouvèrent indisposés.

Chalais n'ayant pas de médecin militaire en propre, on aurait prévenu un

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médecin civil attaché à l'établissement. Sans se déranger pour s'assurer de la nature du mal, le docteur aurait rédigé, à son domicile, une ordonnance et l'aurait remise au planton qu’on lui avait envoyé, en lui disant qu'il ne pouvait visiter les malades sans l'ordre d’un officier. Il serait venu seulementle lendemain, à 9 heures et demie du matin, après trois démarches faites auprès de lui; il aurait été trop tard pour sauver toutes les victimes.

La seule chose qui paraisse incontestable, c'est que l'infection du gaz provenait de ce qu’il avait été fabriqué avec un acide sulfurique préparé avec des pyrites arsenicales et que deux braves soldats aéronautes ont succombé.

Gonflement d'un ballon militaire Cliché communiqué par Armée et Marine

Cette catastrophe lamentable avertit les aéronautes de la nécessité d’inspecter avec soin les produits chimiques dont ils se servent. Il faut espérer que les fournisseurs d'acide seront poursuivis devant les tribunaux comme coupables d’homicide par imprudence s'ils ont trompé sur la qualité des produits chimiques livrés.

L'hydrogène arsénié répandant une forte odeur d'ail tout à fait caractéristique, on peut s'étonner que personne ne se soit aperçu de la présence de cet agent délétère, et que l’on ait donné aux soldats la consigne qu'ils ont trop fidèlement suivie, de sorte que ces infortunés seraient morts victimes du devoir.

L'autorité devrait publier un récit officiel pour qu'on tire de cette catastrophe les enseignements qu’elle comporte.

Il est un moyen pratique d'éviter à tout jamais le retour d'un évènement aussi funeste, et il est du devoir du ministre de la Guerre d'aider à sa réalisation : c’est d'’ordonner l'emploi exclusif de l'hydrogène pur fabriqué par la voie de l'électrolyse.

Le directeur de Chalais, M. le colonel Charles Renard, a assez longuement étudié la question pour pouvoir présenter un devis aussi juste que possible pour l'installation d’une usine pratique. Qu'il demande les crédits nécessaires et le parlement ne peut manquer de les lui accorder.

Du reste nous savons que M. Teisserenc de Bort, le savant directeur de l’observatoire de Trappes, patronne l'établissement d'une fabrique d'hydrogène chimique-

ment pur, dont il fait une grande consommation. Il parait qu'en attendant l'ouverture de cette fabrique ïl a disposé un appareil de Marsh et il s'assure que l'hydrogène qu'il emploie ne contient pas de traces d'hydrogène arsénié.

Georges GÉo.

Nous empruntons, aux Archives de Médecine et de Pharmacie militaires, l'extrait d'un article, rendu d'actualité, par la catastrophe de Chalais-Meudon.

Intoxication des aérostiers par l'hydrogène arsénié. — Le docteur Maljean, médecin-major de 1e classe, a eu l'occasion d'observer plusieurs cas d’empoisonnement par le gaz des ballons.

La voiture-treuil Cliché communiqué par Armée et Marine

L'intoxication se manifeste par un malaise général, des nausées, des maux de tête, des étourdissements, une courbature générale; l'urine devient très noire; la peau se colore en jaune verdâtre. La guérison vient au bout d'une huitaine de jours, mais est accompagnée d’une perte de poids assez notable (2 kg).

Tous ces symptômes sont, à l'intensité près, ceux de l’empoisonnement par l'hydrogène arsénié. D'ailleurs, l'essai des urines au moyen de l'appareil de Marsh donne les anneaux caractéristiques.

Sur la paroi intérieure de l’aérostat, on trouve parfois un dépôt pulvérulent qui fournit la même réaction.

Le sulfate de cuivre ou le bichlorure de mercure permettraient sans doute d’absorber plus complètement Île terrible toxique gazeux, mais on peut l'en garantir, paraît-il, d’une façon plus simple.

Afin de prévenir le retour de ces accidents, le docteur Maljean recommande l'emploi du baroscope du capitaine Lindecker, qui permet de vérifier, sans flairer, si l’on a bien affaire à un mélange d'hydrogène et d'air ou à de l'hydrogène. Il conseille, en outre, l’usage du chlorure de chaux, dont les émanations suffisent à décomposer l'hydrogène arsénié, sans irriter les organes respiratoires.

1e MAI 1900

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