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LE MOTEUR « LA MINERVE

Le moteur est à un cylindre vertical, à allumage électrique. Le refroidissement est obtenu par des aiïlettes venues de fonte et par un dispositif spécial de circulation d'air à l’intérieur. Les volants sont dans le carter. Données du moteur : Alésage du cylindre en mm. 85. Course du piston en mm. 80. Diamétre de la cheminée en mm. 34. Surface utile du piston en cmc. 47,6. Volume de la cylindrée en cmgq. 381. Carburateur à barbottage à larges orifices ou carburateur à pulvérisation. Nombre de tours 1,400. Puissance effective 1 ch. 3/4.

Le moteur que la Société & La Minerve » a exposé au Salon du Cycle, justifie par ses avantages incontestables, sur les moteurs similaires à mélange tonnant, la faveur dont il a été l’objet.

Tous les moteurs à mélange tonnant sont, en effet, sujets à un échauffement excessif des parois du cylindre, et tel que tout graissage devient impossible, que les segments grippent et détériorent les parois de ce cylindre. Les ailettes et les circulations d'eau sont bien des moyens pour parer à cet inconvénient, mais ce ne sont que remêdes insuffisants; car si les parois extérieures du cylindre laissent dégager leur excès de chaleur, les parois intérieures et le piston ne s’en débarrassent pas assez vite.

L'originalité du moteur « Minerve » consiste précisément à faire passer un

(1) Voir l’Aérophile, numéro de mars 1800.

courant d'air dans l'âme du piston et à ajouter au refroidissement extérieur par ailettes, un refroidissement intérieur très efficace.

Pour cela, le piston, qui est creux, est prolongé par un tube ou cheminée, qui forme un deuxième piston coulissant dans un cylindre plus petit que celui à explosions. Ce tube est garni, à sa Sparte supérieure, comme le gros piston, de segments, qui assurent l'étanchéité

de la chambre de compression et d’explosion comprise entre les deux séries de segments.

De cette façon, l’intérieur du piston principal et par suite l'intérieur du cylindre, sont en communication constante, avec l’air extérieur qui est aspiré et refoulé à travers la cheminée. Cet air, traversant la partie la plus chaude de la chambre d’explosion, entraîne avec lui un cerlain nombre de calories, et assure le refroidissement du moteur à tel point qu'il peut supporter une compression de 4 kil. 500, sans que la température maxima, après un certain temps de marche en charge à poste fixe, dépasse 240 degrés.

Cette diminution de chaleur assure le parfait fonctionnement mécanique du moteur sans nuire en rien à son rendement thermique.

Lorsque le moteur fonctionne sur un motocycle ou sur une voiturette, le refroidissement par la circulation de l'air dans les ailettes, vient s'ajouter au refroidissement intérieur et empêche la température de monter à plus de 150°, même après plusieurs heures de marche.

Un graisseur spécialement étudié assure le graissage parfait de la cheminée.

En résumé, grâce à son système de refroidissement, qui est produit par le moteur lui-même, sans eau et sans organe mécanique autre que le piston, le moteur « Minerve » conserve toujours sa puissance constante, soit à poste fixe, soit sur route, sans avoir à craindre les pertes résultant d'un échauffement trop considérable, ou l'arrêt complet par suite de grippage, comme cela se produit pour les moteurs similaires. Le moteur « Minerve » type MrA, est garanti pour une puis-

sance effective de 132 kilogrammètres par seconde, soit r cheval 3/4 effectif. Comme les constructeurs de motocyles et de voiturettes, les nombreux partisans de la locomotion nouvelle, fervents de la conquête de l'air, ont demandé un moteur à ailettes puissant et ne chauffant pas. Le moteur « Minerve » avec son système si spécial et si remarquable de refroidissement nous paraît devoir leur donner la plus complète satisfaction.

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