LES BALLONS-AUTOMOBILES
C’est fort rarement que l’aérostat, fréquemment employé sous la forme livresque, entre dans la fiction théâtrale. Il est difficile de l’évoquer, plus encore de le faire figurer dans l'espace restreint du cadre scénique, où il demeure forcément un organisme inerte. Il est amusant de signaler son apparition sur la scène (scène tout à fait minuscule, il est vrai) mais non dépourvue de charme, au 7'héâtre des Bonshommes Guillaume, dans la rue de Paris, à l'Exposition de 1900.
L'auteur des Ballons-Automobiles juxtapose la déraison à la sentimentalité ou mieux la science dévergondée par l’imagination à la manière de « Cyrano de Bergerac », de Swift, de M. Jules Verne ou de M. le capitaine Driant. L'idée en est neuve, un aérochauffeur poursuit à travers l'espace, constellé d’astres et de planètes, une âme sœur, idylle destinée à se muer en un mariage terrien, ce que les aéroteufsteufs trémulent de toutes leurs hélices, amoureusement. Cela est beau comme l'absurde, mais la déraison d'aujourd'hui sera peut-être la vérité de demain. Quoiqu'il en soit, il nous a paru intéressant de signaler cette petite tentative scientifico-humoristique, tout à fait Jolie.
Emile STRAUS.