L'UNIVERSITÉ DE PARIS
L'Université de Paris, la première en date des Universités de France (i), fut fondée non par Charlemagne, comme le pensaient Jacques îMensel et Gabrielle Naudé, mais sous Philippe Auguste. Ce monarque, en I300, réunit les différentes Ecoles de Paris en une corporation dont les statuts furent rédigés un peu plus tard par Robert de Courçon (i2i5). Vers 1260 ces Eoles prennent le nom d'Université, nom qui tout d'abord était suivi d'un complément ; Universitas magistrorum ou Universitas scholariim.
Do tée de privilèges considéra bles , j alousement gardés jusqu'à la fin du xvi^ siècle, l'Université acquit une puissance avec laquelle les Papes et les Rois durent compter et qui, plus d'une fois, mit leur autorité en échec.
Dès le milieu du xiiie siècle, la vieille Université de Paris est définitivement organisée. H y a quatre Facultés: les Arts (lettres et sciences), la Théologie, le Droit civil et le Droit canon, la Médecine. Le chef suprême de l'Université est le Recteur, personnage qui prend rang immédiatement après les Princes du sang. A la tête de chaque Faculté est le Doyen, élu pour deux ans par les professeurs.
(1) Les plus vieilles des Universités de province sont celles de Toulouse (i233) et de Montpellier (1289-1 289). L'Université do Montpellier acquit dès le début une grande renommée; elle compta Rabelais parmi ses élèves.
FACULTÉ DE MÉDECINE
L'ori'^ine de la Faculté de Médecine de Paris ne peut être précisée par aucun texte. Avant le xiii^ siècle l'organisation
de la Médecine était libre. Aux Ecoles grecques et romalnesavaienlsuccédé les Ecoles néo-latines, dont l'Ecole de Salerne , puis les Ecoles des Monastères .
En établissant les statuts des Monastères , saint Benoît avait en effet imposé à chacjue couvent d'avoir un , moine pour soigner les frères, les pauvres,^ les étrangers. Ainsi se développèrent les moines-médecins qui, pour perpétuer leur enseignement, fondèrent de petites écoles, dites écoles d'abbayes, de monastères, de cathédrales. Les clercs parmi lesquels des évèques fréquentèrent ces écoles, que protégea Cbarlcmagne auquel on doit la création d'autres écoles, dites écoles palatines.
5 Grand sceau d'argent de la Faculté de médecine de Paris (xiii" siècle). (Sigillum ma-'istrorum FacultatlsMedicinae Pansiensis).
FACULTÉ DE MÉDECINE
Les clercs et les moines pratiquaient la médecine et la chirurgie, mais l'Eglise n'approuva jamais l'exercice de l'art chirurgical qu'elle défendit même complètement au concile de Tours (ii63): Ecclesia abhorret a sanguine.
A côté des moines et des clercs, il y avait quelques laïques médecins. Dans le Midi, et en particulier à Montpellier, des médecins juifs eurent une grande fortune; parmi eux se trouvaient des lettrés connaissant l'arabe, par conséquent capables de comprendre tous les auteurs grecs et Galien qui avaient été traduits en arabe au ix"" siècle.
Les médecins du Nord, moines, clercs et laïques, ne furent aussi bien partages que les médecins de Montpellier cjue plusieurs siècles plus tard. « L'on croit, dit Nicaise, que Galien domina la médecine depuis le temps où il florissait jusqu'au delà de la Renaissance; or, pendant sept siècles, ses livres n'ont pu être étudiés. En effet, après la chute de l'empire romain, les médecins quittèrent l'Occident, la langue grecque était inconnue de ceux qui restaient, elle était ignorée aussi dans les monastères; d'un autre côté, les premières traductions latines de livres complets de Galien sont du xi^ et du xii« siècle: il en résulte donc que depuis la lin du v" siècle jusqu'au xii", pendant sept siècles, la médecine de Galien ne fut pas connue en Occident, dans son ensemble du moins. »
L'enseignement médical fut donné d'abord dans des écoles libres, ecclésiastiques ou laïques, écoles dirigées par un maître que suivaient quelques apprentis. Il n'y avait aucun titre ojjiciel ; mais les autorités devaient veiller cependant, tout au moins un peu, à la pratique de la médecine.
Ainsi, Charles II d'Anjou, par une lettre de juin 1397, mande aux sénéchaux de Provence, à propos de la ville d'Avignon (juc les médecins ne puissent pratiquer sans être au préalable examinés par le conseil
FACULTÉ DE MÉDECIJVE
et la cour royale, à qui il appartient aussi d'interdire aux médecins l'exercice de leur profession. Voici encore, dans ce même ordre d'idées, un article curieux d'un règlement avignonnais du xv«= siècle.
« Art. io3. Des barbiers et des chirurgiens.
« Tout barbier et chirurgien doit déclarer au greffe des enquêtes de la cour temporelle, les blessures, meurtrissures, rupture des os, déchirures des membres, qu'il aura été appelé à traiter, le jour même où les soins auront été demandés, sous la peine de 4o livres, dont le dénonciateur aura le quart.
« Et qu'aucun barbier et chirurgien qui n'aura pas dans l'année prêté serment n'ose exercer la profession dans cette ville, avant qu'il n'ait prêté le serment d'usage devant la cour temporelle, sous la peine de 4.0 livres. » (i)
La réglementation de la médecine à Paris semble dater du xui" siècle. Dans un concordat de 1268 figurent des physici comme constituant une corporation.
En 12 15, Robert de Gourçon donne les premiers statuts aux diverses écoles de Paris. Vers 1260, ces écoles prennent le titre cV Universilé (Universitas niagisirorum, UniversUas scholarum : en 1220, le cardinal Conrad institue à Montpellier YUniuersilé des Ecoles de Médeciney
La médecine dépend d'abord de la Faculté des Arts et s'en sépare en 1280, d'après Chomcl, en 1261, ou au moins en 1268 d'après Ch. Jourdain (2).
La Facullé, fondée au mu" siècle, élait ecdêsinslique et les régents voués au célibat : « Tout homme marié, tant que sa femme vivra, ne sera point régent. » En
(1) G. Bwi.K. « Les médecins d'Avignon au moyen âge». Avignon, Seguin, i88a. .
(2) JouHiJAiN. « riisloire de l'Universilc de Pans, aux xvii« et xviii" siècles. » Paris, 18GG.
HISTORIQUE
i453, le cardinal d'Estouteville abolit cependant le célibat des médecins. L'Eglise conserve la juridiction de la Faculté jusqu'en 1695.
Le premier docamenl connu de l'Ecole de Pans est la Consultation de i3/i8, rédigée par les Médecins de l'Ecole de Paris, sur la demande de Philippe VI de Valois, sur les moyens de combattre la terrible épidémie de peste de cette même année (i).
La première installation de la Faculté date de 1^72 et se fait rue de la Bùcherie: auparavant, les Médecins se réunissaient chez les Doyens ou dans les Eglises.
La Faculté était une Ecole littéraire, et le Maître aurait déchu en s'adonnant à un exercice manuel tel que le réclamaient l'anatomie et la chirurgie. L'anatomie, d'abord proscrite, lut finalement enseignée, bien que fort mal, à la Faculté. La chirurgie, qui eut ses maîtres propres dès la fondation de l'Université, resta toujours plus ou moins indépendante de la Faculté. Durant quatre siècles ce fut une lutte incessante entre Médecins et Chirurgiens.
A la fin du xm'^ siècle, il existait des chirurgiens qui étaient en même temps clercs et maîtres en médecine: telsGuydeChauliac, Lanfranc, Pitard, Henri de Mondeville. Mais dès le xiv« siècle, la Faculté de Paris méprise la chirurgie manuelle et la défend, en i35o, à ses Bacheliers.
Les cours étaient rudimentaires, faits en latin, et tous théoriques. Il n'y eut aucune clinique jusqu'à la fin du xviii'^ siècle et les étudiants n'avaient qu a suivre un maître dans sa clientèle. L'anatomie n'était d'abord pas enseignée et le pape Boniface VIII avait menacé d'excommunication quiconque disséquerait un cadavre; au xv<= siècle, on commença cependant a
(i) MicHON. « Documents inédits sur la grande peste i348. » Paris, J.-B. Baillièrc, 1860.
44 FACULTÉ DE MÉDECINE
disséquer 3 à 5 fois par an un cadavre de pendu, mais le professeur dédaignait de manier le scalpel qu'il laissait à un sous-ordre et se contentait d'enseigner ex cathedra.
La première dissection faite en France fut pratiquée à Montpellier sous Charles VII.
Jusqu'en i63/|, il n'y eut que deux cours : l'un sur les choses naturelles (anatomie, physiologie) et non naturelles (hygiène, diététique) ; l'autre sur les choses contre nature (pathologie, matière médicale, thérapeutique).
En i63/i, la Faculté institue un cours de chirurgie en latin pour l\o étudiants, puis un en français pour 6o chirurgiens.
En 1646, fut fondée une chaire de botanique, puis deux chaires de pharmacie, dont les deux titulaires étaient chargés l'un de l'inspection des apothicaires de la rive droite, l'autre de ceux de la rive gauche.
Les grades qu'elle conférait étaient ceux de Bachelier, de Licencié, de Maître auquel se substitua, au xve siècle celui de Docteur (Corlieu a trouvé l'expression de Docteur utilisé pour la première fois, à Paris, en i4i3). On n'obtenait ces diplômes qu'après de longs et sérieux examens où les dissertations tenaient une large place.
Pour être admis à suivre les cours de la Faculté, l'étudiant, âgé de vingt-trois ans au moins, devait posséder le titre de MaUre ès arts ou ès philosophie : il devait en outre justilicr de deux années d'études consacrées à l'anatomie et aux sciences physiques et naturelles.
Devenu étudiant en médecine, il se préparait au Baccalauréat. Cet examen se passait devant le Doyen assisté de quatre professeurs : le candidat répondait à toutes les questions qu'on voulait bien lui poser en médecine, avec « discussions et argumentations ». Si l'on veut bien s'imaginer ce qu'était la Médecine au
HISTORIQUE i5
moyen âge, on conviendra que c'était là un programme singulièrement imprécis.
" Le nouveau Bachelier devait attendre deux an avant de se présenter à la Licence. Dans -ntervalle il subissait toute une série d'examens qui devaient faire de lui un « Bachelier Émérite » . Tout d'abord, pendant une semaine et à raison de trois heures par jour le Bachelier devait se tenir à la disposi ion des profesfeurs qui, à tour de rôle, venaient l'interroger sur es Ma ièi'es Médicales et la Botanique. Cette épreuve subie avec succès, le candidat soutenait trois thèses, la première sur un sujet de physiologie, la seconde sur un suiet d'hvgiène, la troisième (thèse quodlibetaire) ur un sujet'choisi par le candidat. Chaque soutenance durait uie semaine et la thèse était argumentee bien férocement quelquefois - non seulement par les Professeurs, mais encore par les autres Bachelu,rs Ces thèses étaient imprimées sur de grandes feuilles de papier vélin ou de soie, ornées de vignettes embleniatiques et des armoiries de l'étudiant ou de ses protecteurs (fig. 3 et 7).
^ Le « Bachelier Emérite » pouvait alors prétendre a la Licence qui consistait en longues interrogations sur la pratique médicale : à la suite de cette épreuve, le licencié était solennellement déclaré apte a exercer et à enseigner la médecine « hic et ubiqae ierraram «. Ls licenciés qui voulaient devenir docteurs adressaient une supplique à la Faculté.
Le Doctorat après des « discussions . souvent fort peu médicales, était conféré en grande po';^P« j« Doyen assisté des Professeurs parmi lesquels menait plaL le nouveau Docteur. Ce docteur prenait le titre
'^l!^:^:S;;^ts Docteurs,Bégents de Paris^sti tuait la Faculté de Médecine; au étaient une centaine, pour 5Z,oooo ^^b ants^ Ils •étaient admis, durant deux ans, aux (onctions de
/i6 FACULTÉ DE MÉDECINE
professeurs ; ils enseignaient, faisaient subir"" les examens, avaient voix délibéralive à la Faculté, etc. Suivant qu'ils avaient plus ou moins de lo ans de grade de Docteur, on les distinguait en « Anciens »
FiG. 8. — Coslume de chirurgien au temps d'Henri III.
et en k Jeunes ». Les fonctions de Doyen avaient également une durée de deux années.
Telle était, très brièvement résumée, l'organisation de la vieille Faculté : on y travaillait beaucoujD cl cependant, il faut bien le reconnaître, l'éclat de 1 en-
HISTORIQUE
sei^ement médical ne fut guère brillant C'est que la Médecine ne progresse guère par les discussions purement théoriques ; or, la pratique était singulièrement méprisée. ^ > * i Bien différents des Médecins se montrèrent les
Chirurgiens. , j r> •
Dès le xiii^ siècle, un arrêt du prevot de Paris organise en confrérie, en laSZ,, les Chirurgiens libres, qui prêtent serment devant l'official en 1268 et reçoivent, en i3ii, de Philippe le Bel, sous 1 mfluence de Jean Pitard, chirurgien au Roi, une charte établissant leurs droits de « Maîtres-chirurgiens » se recrutant eux-mêmes. JEn i355, un arrêt du Parlement dit que les deux Chirurgiens du Roy et le Prévôt des Chirurgiens doivent convoquer les « Licentiez en la 1^ acuité de Chirurgie, pour examiner les aspirants et conlercr la licence à ceux qui seront trouvez capables ». Ln 1870 après revision des statuts, la corporation comprend des maîtres, des licenciés, des bachehers, comme la Faculté de Médecine. Elle n'a encore pas d licole. La première mention de Collège des Chirurgiens de Paris serait de i533, d'après Malgaigne.
A côté des chirurgiens existaient les barbiers, dont l'indépendance fut établie par Charles V,en 1372. Les barbiers ne faisaient c^ue les opérations de petite chirurgie. Leur nombre à Paris était de 26 en idoi, de
4o en i364. 1 o •• i n> 1
Pour lutter contre les Chirurgiens de Saint-Come, es
Médecins soutinrent les barbiers et en ikgi,la~ ."^^
permit : « quod barbitonsores haberent unum de Ma-
gistris Facultatis qui legem. . . Guidonem seu ahas auc-
tor^s... verbis familiaribus et gallicis » (Corlieu) {^).
(1) GoRLiEU. « L'enseignement au collège de chirurgie depuis son origine jusqu'à la Révolution. » Pans, J.-I5. Baillère, 1890.
FACULTÉ DE MÉDECINE
En i5o5elen 1577, la Faculté établit des contrais avec les barbiers leur faisant promettre de ne faire aucune opération sans l'assistance d'un docteur et leur donnant en revancbe instruction et clientèle. Elle leur donna le litre de chirurgien-barbier.
Les Chirurgiens de Saint-Gôme demandèrent alors •de faire partie de la Faculté et les Médecins acceptèrent, les Chirurgiens s'engageant à ne pas faire de pathologie interne. Les Barbiers, ainsi abandonnés par les Médecins, revinrent sous l'autorité des Chirurgiens.
Les Médecins, toujours jaloux, soutinrent néanmoins les barbiers, et les Chirurgiens obtinrent contre ces derniers un arrêt du Parlement en i566, des lettres patentes de Henri IV, de Louis XIII en i6ii, de Louis XIV en i644-
En 1643, la Faculté veut s'appuyer sur les éiavisies, simples baigneurs, mais elle se couvre simplement de ridicule par cet acte.
En i6/|/|. la Faculté se rapproche à nouveau des barbiers.
En i655, les Chirurgiens, au lieu de continuer la lutte sans merci, traitent avec les barbiers et forment la corporation des chirurgiens-barbiers.
En 1660, sur la demande de la Faculté, le Parlemeht rend un arrêt qui supprime aux Chirurgiens les titres de bachelier, licencié, docteur, collège, les remplace par ceux d'aspirant, maître, communauté, et leur défend le port de la robe et du bonnet, ainsi que toute lecture ou acte public. « Saint Luc a été plus fort c|ue saint Côme », disait Guy-Palln, et ce fut un malheur pour le pays.
Le barnier du roi se trouva dès lors à la tête dala corporation; mais, en 1668, Louis XIV, pour pallier à tant de ridicule, força le barbier h vendre sa charge à son premier Chirurgien. Dès lors, par une autre conséquence non moins ridicule, le premier Chirurgien du roi se trouva le chef non seulcmentdes Chirurgiens-
HISTORIQUE 49
barbiers mais encore des barbiers barbants devenus indépendants en 1637, des coiffeurs el des perruquiers .
D un arrêt de 1660 résulta l'assujettissement des Chirurgiens aux Médecins. Le premier chirurgien du roi chef de la corporation des chn-urgiens-barbiers, prêtait serment entre les mains du premier médecin. Le lendemain de la Saint-Luc, ses prévôts devaient annuellement aller prêter serment à la Faculté et lui remettre un écu d'or, en signe de dépendance.
En 1724, commença l'aO'ranchissement des chirurgiens par une ordonnance de Louis XV dispensant les chirurgiens de s'inscrire à la Faculté et établissant au coUèo-e de Saint-Côme cinq places de démonstrateurs, dont^les titulaires étaient nommés par le premier chirurgien du roi. , • • j
En 1781, Maréchal, premier chirurgien du roi, fonda V Académie de Chirurgie. ^
En 1743, l'association avec les barbiers est terminée. Tout postulant au titre de chirurgien devait être
maître ès arts. , ^ 1 j
En 1 760, une ordonnance royale fixe le cours des études chirurgicales à cinq ans, rétablit les noms de collège et d'école, supprimele serment et le tribut à la Faculté.
En 1751, les chirurgiens sont placés sous la protection du roi et obtiennent 4 places de chevaher dans l'ordre de Saint-Louis. ■ c a
En 1778, Lassone, premier médecin du roi, londe la Société royale de Médecine et naturellement la Faculté s'en formahse, d'ailleurs sans succès.
Yers 1780, de Saint-Germain crée des niédecins et des chirurgiens militaires, organise leur instruction et aiïranchit l'armée, des barbiers payés par le colonel.
L'Université de Paris, issue de l'Eglise, reformée et régentée parla Monarchie, devait disparaître avec 1 ancien régime. Un décret delà Convention en date du i t) septembre 1793 supprima « la Fille aînée des Rois de France ». L'ancienne Faculté de médecine avait vécu.
L'^Esciji.APE.
FACULTÉ DE MÉDECINE
Lorsque le décret de la Convention supprima la Faculté de Médecine et le Collège de Chirurgie, Paris comptait iSg docteurs et 171 chirurgiens (soit i praticien par 2 000 habitants). L'enseignement comporportait les chaires et les professeurs suivants (i) :
Pharmacie. .
Pathologie. .
Chirurgie française.
Chirurgie latine.
Matière médicale Accouchements.
Physiologie.
Bibliothécaire. .
Censeur.
Mallet.
Lavergne.
Petit-Radel.
GiLLIÎ.
Géraud.
Leclehc.
Borie.
Defrasne.
Sallin.
COLLEGE DE CmRURGIE
Physiologie et hygiène.
Pathologie. .
Thérapeutique.
Anatomie. .
Opérations..
Maladies des yeux
Chimie. .
Botanique. .
Accouchements.
INIaladies des os.
Pelletan, le matin.
Chopart, l'après-midi.
Fabre, le matin.
Tenon, l'après-midi.
Bkasdor, le matin.
Sue, l'après-midi.
Dubois, le malin.
J. Jos. SuË, l'après-midi.
Sabatiek, le matin.
Lassus, l'après-midi.
Becquet, le matin.
Arrachart, adjoint.
Peyrilhe, le malin.
Léger, adjoint.
Peyrilhe, le matin.
Le Bas, pour les sages-femmes.
PiET, pour les élèves.
BoTTENTun -Langlois.
(I) A. Gorlieu. « Les Médecins de Paris de 1792 à 1794. » La Fiance Médicale, 1902, no 6, a5 mars.
HISTORIQUE 5i
La suppression de l'enseignement médical ne put durer longtemps et la Convention fut obligée ellemême d'assurer le service médical dans ses armées. « La Convention apprendra avec sensibilité, disait Fourcroy dans son rapport, que plus de six cents officiers de santé ont péri depuis dix-huit mois au milieu et à la suite même des fonctions qu'ils exerçaient; si c'est une gloire pour eux, puisqu'ils sont morts en servant la patrie, c'est un besoin pour la République de réparer cette perte. » , „ . .
A la suite du rapport de Fourcroy, le 4 Inmaire an III (1794). la Convention rendit un décret fondant trois Ecoles de santé à Paris, à Montpellier et à Strasbourg. « Ces trois écoles seront destinées à former les officiers de santé pour le service des hôpitaux, et spécialement des hôpitaux militaires et de la marine... " Celle de Paris sera placée dans le local de la ci-devant Académie de chirurgie auquel on réunira le ci-devant couvent des Cordeliers... L'enseignement théorique et pratique sera donné par douze professeurs à Pans... Les élèves observeront la nature des maladies, au lit des malades, et en suivront le traitement dans les hospices voisins des écoles... Il sera appelé de chaque district de la République un citoyen âgé de 17 à 26 ans... Trois cents de ces élèves seront destinés pour l'Ecole de Paris. Les élèves recevront par chaque année un traitement égal à celui des élèves de l'Ecole centrale des travaux publics. Ce traitement ne durera que pendant trois ans. » • / n
Ainsi fut fondée l'Ecole de santé de Pans (i) (1794-1809). Elle avait pour but principal l'instruction d'élèves salariés, dits Elèves de la Patrie, et dont
I. A. Prévost. « L'Ecole de santé de Paris(i794-i8o9). >' Bibliothèque historique de la Fiance Médicale. Pans,
FACULTÉ DE MÉDECINE
le traitement fut successivement de i 200, i 5oo, I 800 et 2 100 livres, sans compter d'autres avantages de voyage, de nourriture, etc. Outre ces élèves, l'Ecole recevait des étudiants libres « l'école devant être ouverte au public afin que les lumières deviennent le patrimoine de tous ».
L'enseignement fut divisé ainsi qu'il suit (an III) :
1° Analomie et physio-( Chaxjssier, prof, titulaire.
logie ^ A. Dubois, prof, adjoint.
2° Chimie médicale el\ FouKcnoy. prof, titulaire.
pharmacie. . . .) Deteux, prof, adjoint. 3° Phjicjue médicale et( Halli, prof, titulaire.
hygiène } Pjnel, prof, adjoint.
,„ -n II 1 • ■ ( Chopabt, prof, titulaire.
4° l-'alliologie externe. i-, ■> t ■ .
° ( t^EKCT, proi. adjoint.
c,^ n 11- 1 • • i { Doublet, prof, titulaire.
0° Pathologie interne. .{ r, ^ r i- • i
° ( rJouBDiEK, prol adjomt.
6° Histoirenaturellemé-( Peyrilhe, prof, titulaire.
dicale ( Riciiakd, prof adjoint.
„!,,,,. / . • ( Sabatiek, prof, titulaire. 7° Médecine opératoire.^ r> t j- ■ .
' ^ ( BoTEB, prol. adjoint.
o„ /-.,. . , ( Desault, prof, titulaire.
0° ulinique externe. A e j- ■ i
^ ( JVlANOURv, prol. adjoint.
. . ( CoRviSABT, prof, titulaire.
q° Clinique interne. .-^ t r ^■ ■ ,
^ T ( Lecleec, prol. adjoint. ,
10° Clinique de perfec-j Pelletan, prof, titulaire.
tionnement.. . .) Lallemekt, prof, adjoint.
L ^ , \ Aiph. Le Roy, prof, titulaire,
ijo Accouchement. . r> ^ r j- • .
/ Baudelocque, proi. adjoint.
12° Médecine légale el( j r i-i 1 •
, . , , ) Lassus, prol. titulaire,
ilistoire de la me-< n, r j- • i
, . J Mahon, prol. adioint.
decine. . . . .[ '
Chaque matière était enseignée par un professeur et un professeur adjoint. Les élèves devaient suivre lous les cours en l'espace de Iroisans, passaicnl un examen annuel et soutenaient une dissertation ou thèse.
L'Ecole de sanlé eut un cnseignenionl brillant qui attira nombre d'élèves. — « Que quelques légis-
HISTORIQ UE
la leurs, disait Thouret en l'an VI (1798), veuillent bien se transporter à l'Ecole, à l'heure des leçons ; ils verront, à plusieurs d'entre elles au moins, l'amphithéâtre tellement plein, les corridors, les escaliers, toutes les avenues obstruées à un tel point que le professeur est obligé de fendre la foule pour arriver a sa place, tandis qu'un grand nombre d'élèves, faute d'espaces sur les bancs, restent debout, pressés aux portes ou sont contraints de s'entasser par terre. »
L'an XI (i8o3), le 19 ventôse, une loi réglementa la médecine en France, institua les grades de docteur en médecine ou en chirurgie et d'ofEcier de santé. Les examens de doctorat furent au nombre de cinq; le dernier différait (clinique interne ou externe) suivant qu'il s'agissait du diplôme de médecine ou de chirurgie. Les examens étaient suivis de la soutenance d'une thèse en latin ou en français.
Le 17 mars 1808, l'Ecole de Santé fut érigée en Faculté de Médecine.
A partir du 12 janvier 1809, elle devint un corps universitaire. L'Ecole prit le nom de Faculté de Médecine de l'Académie de Paris.
Son enseignement continua à briller d'un vif éclat: les professeurs avaient nom: Chaussier, Fourcroy, VauqueUn, Chopart, Jussieu, Sabatier, Dupuytren, Boyer, Baudelocque, Cabanis, Royer-Collard, Orfila.
La Faculté fut supprimée par une ordonnance du 21 novembre 1822 : une ordonnance du 2 février i823 la rétabUt, mais avec d'importantes modifications. Un certain nombre de chaires étaient dédoublées et l'on en créa d'autres : de plus, cette ordonnance instituait, à la place des professeurs adjoints, des agrégés nommés au concours.
Voici la liste des chaires avec leurs titulaires en 1822 :
FACULTÉ DE MÉDECINE
Anatomie
Physiologie
Chimie médicale. .
Pharmacie
Physique médicale.
Hygiène
Pathologie externe.
Patliologie interne.
Histoire naturelle médicale
Opérations et appareils. .
Accouchements. .
Histoire de la médecine et bihliographio médicale Médecine légale. .
Maladies mentales.
Clinique médicale.
Clinique chirurgicale . .
Chaussier, prof, titulaire.
Béclard, prof, adjoint. Vauquelin, prof, titulaire.
Deyeux, prof, adjoint.
Bertin, prof, titulaire.
Desgenettes, prof, adjoint.
Marjolin, prof, titulaire.
DuMÉRiL, prof, titulaire.
DE Jussieu, prof, titulaire.
Alibert, prof, adjoint.
RicHERAND, prof, titulaire.
P.-J. Pelletan, prof, titulaire.
Desormeaux, prof, adjoint.
Moreau, prof, titulaire.
Orfila, prof, titulaire.
RoYER-GoLLARD, prof. titulaire.
FouRNiER, prof, titulaire.
DupuYTREN, prof, titulaire.
Voici la liste des chaires avec leurs titulaires en iSaS :
Anatomie MM. Béclard.
Physiologie Duméril.
Chimie médicale Orfila.
Physique médicale P. Pelletan.
Pharmacologie Guilbert.
Hygiène Bertin.
Thérapeutique et matière médicale. . . Alibert.
Médecine légale Royer-Gollard.
Accouchements
Pathologie interne, i''" chaire.
— 2'^ chaire.
Pathologie externe, i^" chaire.
— 2'' chaire.
Dl'SORMEAUX.
Fou QU 1ER.
Fizeau.
Marjolin.
P.-J. Roux.
Histoire naturelle médicale Clarion.
Opérations et ajipareils Richerand.
Clinique médicale (/i chaires : Récarmer, Laennec, Landrf.-Beauvais, Cayol).
Chniquc chirurgicale (/i chaires : Boyer, Dupuïtren, Bougon, Lali.emknt ; celte dernière chaire ne fonctionna qu'en 1829).
FACULTÉ DE MÉDECINE
Etaient donc révoqués : Chaussier, Vauquelin, Deyeux, Desgenettes, cle Jussieu, P.-J. Pelletan, Moreau de la Sartlie.
Etalent maintenus: Béclard, Dumérll, Orfila, Bertln, Marjolin, Alibert, Rlcherand, Royer-Collard, Désormeaux, Fouquler.
L'ordonnance du 5 août i83o vint bouleverser encore la composition de la Faculté : un grand nombre de professeurs révoqués en 1822 furent réintégrés dans leurs chaires : ces dernières ne furent d'ailleurs pas modiQées comme nombre et elles furent occupées respectivement par Gruveilliier (nommé en 182b et maintenu), Bérard, Orfila. P. Pelletan, Deyeux, Desgenettes, Alibert, Adelon (nommé en 1826 et maintenu), P.-J. Moreau, Duméril, Andral, Marjolin, J. Cloquet, Achille Richard, Rlcherand.
En définitive, on ne trouve que cinq professem-s n'ayant pas été atteints par les deux ordonnances : ce sont : Marjolin, Duméril, Alibert, Rlcherand et Orfila.
L'organisation de 1832 ne fut donc pas modifiée en i83o ; seuls des professeurs furent changés. Elle subsiste encore dans ses grandes lignes, sans d'ailleurs aucun avantage pour la science.
Successivement et toujours avec lenteur, ont été créées des chaires nouvelles. En voici la liste depuis 1823 :
Pathologie et thérapeutique générales (i83i). Anatomie patliologique (i835).
Chimie organique et chimie minérale (i853). Histologie (1862).
Médecine comparée (i8(5a) transformée en pathologie comparée et expérimentale (i80()).
Histoire de la médecine (1 870).
Maladies mentales (1877).
Clinique ophlalmologitpie (187S).
Clinique de médecine infantile (1878).