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DE BICÊTRE

au château Yauvert (i), situe plus près de l'enceinte •de Paris, dans des terrains vagues qui répondent au iourd'hui au jardin du Luxembourg.

En 1386, la Grange-aux-Queulx n'était plus qu'une ruine qu'acheta Jean de Roubaix, évèque de Winchester, pour y construire un grand donjon féodal, le château de Winchester (fig. 33).

En 129/1, Philippe le Bel exerçant des représadles ■contre Edouard \" d'Angleterre, confisqua le château de l'évèque anglais et le donna avec ses dépendances à Hugues de Bouillon, chambellan du roi.

En i3or, l'évcque de Winchester réintégra son château.

En i3oZ|, à la mort de l'évèque, le comte de Savoie acheta le manoir.

En i3Z|6, par suite d'un échange, le château fut acquis par la Maison de France.

En 1371, le 34 septembre, l'armée anglaise d'envahissement, après une attaque infructueuse contre Paris, brûla le château de Bicctre.

En i385, Charles VI céda le domaine de Bicêtre à Amédée Vil de Savoie.

En ikoo, Amédée VIII, fds du précédent, le revendit à Jean, duc de Berry, qui rebâtit le château et en fit un des plus beaux de France.

En i/iii, au cours de la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, le château fut brûlé par le parti des Bourguignons.

En i/|i6, le duc de Berry donna le domaine avec ■ses dépendances au Chapitre de Notre-Dame ; cette donation fut confirmée par Charles VII, en et

(i) Le château de Vauvert passait pour être hanté par le •diable et les revenants et inspirait l'eflroi, d'où l'expression « aller au diable Vauvert » pour signifier faire luie course pénible et dangereuse. Dulore, Histoire de Paris, i864, t. m, p. /i3a.

5o4 HOSPICES ET HOPITAUX DE PABIS

par Louis XI, en i464. Le chapitre ne s'en occupa jamais.

En 1019, les ruines du château de Bicèlre, devenues un repaire de brigands, furent saisies à la requête des procureurs du roi.

En iSao, les pierres en furent données à l'administration de riIôtel-Dieu pour la construction de l'hôpital projeté de la Charité. Mais cet hôpital ne fut pas construit et les pierres furent transjjortées en i5i4 à riIôtel-Dieu.

En 1610, d'après Claude de Chàtillon, il existait encore des ruines.

En 1682, tout ce qui restait du château fut rasé par ordre de Richelieu.

La même année, Louis XIII (fig. 34) acheta l'emplacement de ces ruines pour y élever l'hôpital destiné à recevoir les officiers et soldats invalides. Celte idée reçut un commencement d'exécution. Mais la mort de Richelieu, puis celle de Louis XIII vint en empêcher la réalisation complète.

Louis XH' conçut des plans plus vastes, qui aboutirent à la construction des Invalides.

Vers i65o, saint Vincent de Paul installa momentanément, à Bicêtre, les enfants trouvés qui, par suite d'une grande mortalité, furent ensuite transportés à la Maison Saint-Lazare.

En i656, Bicêtre fut réuni à l'IIôpital-Général ; les bâtiments déjà construits pouvaient contenir 600 j)auvres : vieillards, inlirmes, incurables, idiots, épileptiques, etc.

L'cdit de i656, qui rattachait Bicêtre à l'Hôpital- Général, excluait de cet établissement tous les vénériens. En 1679, pour exclure encore davantage ces malades, le bureau de riIôpital-Général prit la décision suivante : « l'ous ceux qui se trouveront attaqués du mal vénérien n'y seront reçus qu'à la charge d être sujets à la correction avant toutes choses, et fouettez,

Icndu, à l'égard de ceux ou celles qui auront gagné mal par leur désordre et débauche et non ceux qui

5o!; HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS

l'auront conlraclc dans le mariage ou autrement, comme une femme par le mari et une nourrice par l'enfant. »

En 1690, le Parlement obligea Bicètre à recevoir les vénériens qui jusqu'alors n'y avaient été reçus que par tolérance. D'après Gullerier, le nombre de vénériens était, en i685, de 70 ; en 1787, de i34 : 21 hommes et i t3 femmes; en I78r, de 862 : 1 38 hommes et 22/1 femmes.

Au xviie et au xviii" siècles, Bicètre comprenait trois parties distinctes : la prison, la correction et l'asile.

La Prison. — C'est à l'année i634 environ, dit Paul Bru, qu'on peut faire remonter l'origine de la Prison de Bicètre. Cependant, comme les plans primitifs furent abandonnés, il est fort possible qu'elle ne date c^ue de i685, date d'une ordonnance du roi, prescrivant d'y amener par la force les mendiants et les vagabonds trouvés errants dans les rues de la capitale. Au début, ce ne fut qu'un lieu de répression passagère et non une maison de détention. Les registres des archives de Bicètre mentionnent pour la première fois la maison de Force en 1729, et les cabanons en 17/11. ,

La Prison de Bicètre est restée fameuse par l'histoire de ses cachots (fig. 35). Ils étaient de 3 sortes : les cachots noirs et les cachots blancs. Les cachots noirs, au nombre de 8, étaient creusés dans le sol, entièrement en pierre de taille. On y descendait par un escalier voûté jusqu'à une profondeur de 5 mètres. L'escalier étroit et rapide était fermé au niveau du sol par une trappe. Pas d'air dans ses antres ; à peine un peu de lumière fUtrait-cIIe à travers les trous des piliers et des dalles formant les voûtes de cet enfer. Ou plutôt, dit un témoin oculaire, ce n'était pas la lumière, c'était ce que Alilton appelle « visible darl ness » ime visible obscurité. — « f^es malheureux qu'on enferme dans ces lieux humides et

HOSPICE DE BICETBE Boy infects, disait Malesherbes, en 1770, dans un mémoire

FiG. 35. — Les cachots de Bicêtre.

Coupe scbcmatique, d'après Paul Bnu.

qu'il adressa au roi, sont attaches à la muraille par une lourde chaîne et on leur donne de la paille, de

5o8 HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS

l'eau et du pain. Votre Majesté aura peine à croire qu'on ait eu la barbarie de tenir plus d'un mois dans ce régime d'horreur un homme qu'on soupçonnait de fraude. Personne dans votre royaume, Sire, n'est assuré à ne pas voir sa liberté sacrifiée à une vengeance ; car personne n'est assez grand pour être à l'abri de la haine d'un ministre, ni assez petit pour n'être pas digne de celle d'un commis des fermes.

Sur les fondations de ces cachots noirs se trouve aujourd'hui le jardin des convalescents et des malades de l'hospice.

Les cachots blancs étaient à peu près semblables, mais ils recevaient le jour par de petits soupiraux placés à ras de terre. Ils servent aujourd'hui de caves à la pharmacie.

La Prison de Bicctre fut le théâtre de révoltes multiples.

Cette prison a persisté jusqu'en iS36, époque à laquelle elle fut acquise par l'administration.

La Correction. — La Correction était destinée à recevoir des enfants enfermés à la demande de leur famille, d'vm parent, d'un patron ou du curé de la paroisse. « Avoir dérobé quelques fruits à un étalage, injurié son maître, mal répondu à son père, llàné un peu plus que de coutume sur les places publiques, etc. », étaient des motifs suffisants pour qu'un ordre de séquestration à la correction de Bicèlre fût immédiatement lancé contre l'enfant dont une famille voulait se débarrasser. Sur les registres d'entrées, Paul Bru a relevé le nom d'un apprenti chaudronnier, enfermé pour avoir dérobé quelcjues parcelles de cuivre à râtelier. Il est envoyé à la correction avec celte note : « Sera fouetté 3 fois par jour jusqu'à nouvel ordre (i i octobre 1783) ». — Un orplieHn de père et de mère est envoyé pour être retenu jusqu'à nouvel oi'dre à la Force, sans explication (17 k>vrier 177a). — Un enfant do i3 ans est transféré des prisons de la conciergerie par

HOSPICE DE BICÉTRE 609

un arrêt du Parlement qui ordonne, avant de le conduire à Bicèlre, de le suspendre par les aisselles a une potence qui, pour cet eflet, sera plantée sur la place publique par l'exécuteur de la haute luslice et de {•y laisser une heure. Puis, ordre de le renfermer à^Dcrpétulté (23 novembre 1767). — « On tera travailler ces enfants le plus longtemps possible et aux ouvrages les plus pénibles, disait le règlement de 1684. Suivant ce règlement, après avoir chante le Veni crealor et mangé un morceau de pam sec, les enfants entraient à l'ateher à 6 heures du matin en été à 7 heures en hiver pour fabriquer des lacets : ils n'en sortaient qu'à 8 heures du soir, n'interrompant leur ouvrage que quelques instants,, à midi, pour manger un morceau de pain sec, à 2 heures pour chanter vêpres, à 5 heures pour souper ». ^

L'Asile, — L'Asile proprement dit était divise en quartiers et comprenait les cpileptiques, les idiots, les imbéciles, les infirmes, les vénériens, les fous, etc. Les malades les plus agités étaient renfermés dans le quartier de Saint-Pri.x. Les fous étaient regardes comme des êtres inutiles et dangereux, roués de coups pour la moindre tentative d'évasion, surveillés par la •^arde militaire de 60 hommes. Pour le moindre ?Tiotlf ils étalent enchaînés. Plnel eut le mérite de faire tomber ces fers et de donner aux aliénés une liberté relative. Il remplaça les fers par une simple camisole de force (1). Les chaînes furent définitivement supprimées le aS mai 1798. Dans son œuvre, Pinel fut grandement aidé par Jean-Baptiste Russln, simple surveillant à Bicèlre.

Les 3 et 4 septembre 179a, Bicèlre fut le théâtre de massacres épouvantables. D'après Bru qui donne

(i) La camisole rie force a été inventée en 1790, par un tapissier de l'hospice de Bicèlrc, du nom de Guilleret.

5io HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS

les cliillrcs les plus faibles et qui paraissent être exacts, les massacreurs firent périr 170 personnes, dont 66 au-dessous de 20 ans, parmi lesquels 33 des 55 enfants de la Correction. Pour ces enfants, il avait été simplement convenu entre le maître de la correction Boyer et les assommeurs que lorsqu'il mettrait le doigt sur sa bouche ce serait le signe que l'enfant méritait la mort... Quand la besogne fut terminée, comme les assommeurs avaient faim, ils pillèrent la panneterie, prirent à la bergerie les moutons qu'ils tuèrent et les préparèrent à la cuisine ; enfin la cave fut mise à leur disposition (souvenirs historiques du père Richard, in Paul Bru).

A Bicctre, comme d'ailleurs dans la plupart des hôpitaux du xvii" et du xvni" siècles, les malades en général et les vénériens en particuHer, étaient loin d'avoir les soins hygiéniques nécessaires. Ils couchaient souvent à plusieurs sur de grands lits et vivaient dans une promiscuité repoussante.

Les vénériens furent élevés par Cullerier « à la dignité de malades », et en 1793, on les fit entrer dans la maison Saint-Jacques, aujourd'hui hôpital Ricord, spécialement construite pour eux.

Des constructions successives ont été ajoutées. Les bâtiments des grands infirmes ont été élevés en i83qi8Z,6. ^

Des travaux d'appropriation pratiqués dans les bâtiments de l'ancienne prison, commencés en iSSg, y furent terminés en i8/|i et permirent de créer de nouveaux dortoirs pour les indigents. L'infirmerie fut terminée en i8/ir et destinée à recevoir un service de médecine et un service de chirurgie comprenant chacun 2 salles.

En 1833, Bicètrc fut dénommé hospice de la Yieillesse-IIommes. 11 a repris son nom en i885.

Bicètrc, tel qu'on peut le voir actuellement, est com-

HOSPICE DE BICÉTRE 5ii

posé d'un grand nombre de bâtiments édifiés sans vue d'ensemble et à mesure que les besoins s'en présentaient. Il oiïre, comme la Salpèlrière, plutôt l'imaged'une ville que d'un hospice. La façade nord, entièrement reconstruite, est située en regard de Paris au sommet du coteau de Gentilly. Les bâtiments se groupent autour de 9 cours dont [\ sont ail'ectécs à l'hospice et les autres à la division des aliénés.

L'Assistance des enfants idiots et épileptiques a été surtout améliorée dans ces dernières années, grâce à l'initiative de M. Bournevillc qui fit construire pour eux un quartier spécial dont l'édification a été presque complètement terminée vers 1890. Cette section comprend 3 groupes principaux : 1° les enfants idiots gâteux, épileptiques ou non, mais invalides ; 3° les enfants idiots gâteux ou non gâteux, épileptiques ou non, mais valides ; 3° les enfants propres, valides, imbéciles, arriérés, épileptiques et hystériques ou non. Ces enfants sont répartis en 2 écoles distinctes parfaitement aménagées.

L'établissement contient 2 9Ô3 lits dont 2l\-]2 lils d'honmies, 26 lits de i'emmes et 455 lits d'enfants.

L'infirmerie de l'hospice comprend un service de médecine (11 4 lits) et un service de chirurgie (11 5 lits). Ce n'est que dans ce service d'inlirmerie Cju'il existe des lits de femmes : i pour la médecine et 25 pour la chirurgie.

Des consultations externes sont faites 3 fois par semaine pour chacun de ces services.

En outre, il existe des consultations pour les maladies nerveuses chez les adultes, le lundi, le mardi et le samedi, et chez les enfants, le jeudi.

Le personnel médical comprend : 6 médecins, I chirurgien, et i3 internes.

Hôpital Bichat

Boulevard Ney (près de la porte Saint-Oiien) [SoG.og].

Omnibus : La Chapelle- Square Monge (descendre à l extrémité de la ligne et prendre le boulevard Ney). — Batignolles- Glichy-Odéon ou BatignoUes-Jardin des Plantes (prendre ensuite le tramway gare Saint- Lazare- Saint- Denis (descendre à la porte Saint-Ouen). — Montmartre-Place Saint- Michel (prendre la rue du Poteau jusqu'au boulevard Ney).

L'hôpital Bichat fut créé en 1879 ^^"^^ ^^^t de remplacer un certain nonihre de lits du vieil Hôtel- Dieu dont un bâtiment fut démoli par suite de la construction du Pont au Double. On utilisa l'ancienne caserne du bastion 89, aviquel on ajouta des constructions latérales. L'hôpital Bichat fut ouvert le i"" décembre 1882.

Il comprend 188 lits, répartis en deux services de médecine et un service de chirurgie avec 3 berceaux.

Des consultations de médecine et de chirurgie sont faites tous les jours par un chirurgien et un médecin consultants.

Le personnel médical comprend : 2 médecins, i chirui'gien, 6 internes, 22 externes.

Hôpital Boucicaut (i).

62, rue de la Convention [709.49]

Bateau (descendre au pont Mirabeau).

Tramways : Tous les tramways qui longent la rive droite (descendre au pont Mirabeau). — Saint Gerniaindes Prés-Vanves-Glamart (descendre au n" 2^2 de la rue

(i) F. Jayle. L hôpital Boucicaut. La Presse médicale, i"^"" décembre 1897.

HOPITAL BOUCICAUT

Lecourbe, prendre à droite la rue de la Convention : l'hôpital est à gaucho, au n" 62). — Montreuil-Boulogne (passe devant l'hôpilal).

Voitures : Du centre de Paris, on doit compter une demiheure de voiture; garder sa voiture pour le retour, car on en trouve difficilement dans le quartier.

L'hôpila] Boucicaut, inauguré le 1*='' décembre 1897, est dù tout entier à Ja générosité de la Cenimc de cœur dont il perpétue le nom.

Le 8 Décembre 1887, M""' V" Boucicaul mourait, instituant l'Administration générale de l'Assistance publique, à Paris, sa légataire universelle. Celle-ci était autorisée à prélever sur l'émolument du legs universel — - tous les legs parliculiers assurés — une somme de 3 millions pour ses besoins généraux. Ce prélibvement lait, si l'importance du legs universel al tel gnait 8 millions, l'Assistance publique était tenue de construire et d'entretenir un hôpital à Paris. Au cas où, après prélèvement de cette somme de 2 millions, les ressources à alVectei- à la fondation d'rm hôpital eussent été inférieures à 8 millions, TAdminisIration pouvait ne pas fonder cet hôpital, et appliquer le solde de la succession à des œuvres charitables, après entente avec les exécuteurs testamenlaires.

Au i'^'' janvier 1889, l'émolument du legs imiversel s'élevait à 7600000 francs, dont SaGooo francs en nue-propriété. L'Administration aurait doiic pu se croire autorisée à ne pas construire un hôpital ; mais, elle estima r[u'(>lle ne pouvait faire, des ressources mises à sa disposition par le legs universel, un meilleur enqoloi que celui indiqué par la testatrice.

D'accord avec les exécuteurs testamentaires, l'/Ulministratioii lit l'acquisition d'un terrain situé entre les rues des Ccvennes, de Lourmcl, Lacordairc et de la Convention, alors rue de Vouillé. Elle rédigea ensuite un progrannne de concours d'avanl-proj'et pour la construction de l'hôpital.

L'/EscuLAPE. 33

5i/, HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS

Ce programme, rompant avec la Iradllion, n'avait pas pour base la séparation des sexes, mais la séparation absolue des malades de Médecine, de ceux de Chirurgie, et, pour ces derniers, une nouvelle division entre les malades infectés et les malades non infectés.

Il ne réparlissait pas non plus, d'une façon égale entre les deux sexes, comme cela s'était toujours fait jusqu'alors, les lits à créer, mais il indiquait.pour les hommes un nombre de lits supérieur d'un tiers à celui des femmes : la statistique hospitalière ayant depuis longtemps démontré que les demandes d'admission à l'hôpital sont beaucoup plus nombreuses de la part des hommes que de celle des femmes.

il demandait, conformément à la volonté de la fondatrice, la construction d'un pavillon spécial de six lits pour le traitement des employés du Bon Marché. Mais, sur des observations du corps médical, et après s'être mise d'accord avec les exécuteurs testamentaires, l'Administration décida que des chambres particulières seraient aménagées pour le personnel du Bon Marché, au-dessus des services généraux des pavillons de Médecine et de Chirurgie, et elle put ainsi mettre à la disposition de ce personnel seize lits au lieu de six. Un pavillon spécial devait être néanmoins construit pour servir do lieu de réunion aux malades convalescents du Bon "Maiché. ayant été traités à l'hôpital Boucicaut.

L'avant-projet fut mis au concours au mois d août 1893, en vertu d'un arrêté préfectoral du ai juillet de cette même année.

Le Jury comprenait quinze membres : cinq nienibres du Conseil municipal, deux membres du Conseil de surveillance de l'Assistance publique, un médecin et ini chirurgien des hôpitaux, un des exécuteurs Icstamentaires'^de M™"" \ '' Boucicaut, trois archilecles nommés par les concurrents, le Directeur administratif

HOPITAL BOUCICAUT

dos Iravaux de Paris, et le Directeur de l'Administration générale de l'Assistance publique.

Ce jury rendit son jugement le i5 février iSg^. Le projet classé en première ligne était celui de MM. Legros père et fds, à qui l'étude du projet délinitil" et la direction des travaux furent confiées par arrêté préfectoral du '22 juillet iSpS.

Soumis à une Commission du Conseil de surveillance de l'Assistance publique, le projet de MM. Legros subit quelques modifications de détail, et fut ■voté par cette assemblée, le 7 juin iSg/i- Le 9 juillet suivant, il était voté par le Conseil municipal, et recevait l'approbation préfectorale par arrêté du 26 juillet 1894. L'adjudication des travaux était prononcée le 8 septembre de cette même année, et, le 18 octobre, le cliantier était ouvert.

Le nouvel hôpital est situé rue de la Convention, Ga, dans le quartier de Javel. Il est borné par les rues Lacordaire, des Cévennes, de Lourmel et de la Convention ; il se trouve donc isolé des maisons ou usines du voisinage, ce c|ui le place dans d'excellentes conditions hygiénicjues.

Il occupe un terrain d'une superficie de 3oooo mètres carrés. Les bâtiments couvrent 7 5oo mètres; le surplus, 32 5oo mètres, comprend les cours et jardins qui assurent une large part à la lumière et à l'air. Les pavillons y sont orientés de façon à donner aux salles des malades les avantages du soleil, à toutes les heures du jour (^iig. 36).

Les matériaux employés pour les constructions sont : la pierre, la bri(pie et le fer. Le bâtiment d'entrée (administration et consultation) est en pierre ; les pavillons et les services généraux sont enbri([ucset fer, sur soubassement en meulière. La couvei tin'e est en tuile à ('mb()il('uu>ut.

Les murs des [)a\illons sont formés de deux parois, séparées jiar une couclie d'air inlei'inédiaire ; l'utilisa-

5iG HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS

lion de cancaux de liège dans leur conslruclioii contribue eiitoie à éviler les inconvénients des brusques variations de la lenipéralure extérieure.

Le cbaulïage, l'éclairage et la ventilation sont établis suivant les principes modernes : le cliaulTage est à la vapeur d'eau et l'éclairage à l'électricité ; la ventilation est assurée par des prises d'air situées dans les soubassements des l'enèlres, en arrière des batteries de cbauil'e, et par des voies d'échappement placées à la partie supérieure des salles.

L'évacuation de toutes les matières et eaux de vidange se fait par le système du tout à l'égout. Cette partie spéciales ainsi que les installations sanitaires et tDalnéaires, a été confiée au service municipal de l'assainissement, c[ul a fait exécuter les travaux sous la direction de MM. Bccbmann, ingénieur, et Masson, inspecteur.

Le coût de l'iiopital est de 4280/171 francs, dont I 1 55 000 francs d'acbat de terrain, 2855/171 francs de travaux de construction, et 270000 francs d'ameublement.

L'Administration ayant pu faire face aux dépenses d'achat de terrain, detravaux et d'ameublement, à l'aide des revenus de la succession de la testatrice, se trouvait lors de l'ouverture ])osséder une sonnne à peu près éc[uivalente au capital primitif, soit8oooooode francs.

On ])énètre dans l'hôpital par un pavillon coquet et spacieux, à étages, en façade sur la rue de la Convention. Il com]irend : 1° au rez-de-chaussée, les services de eonsidtalion (médecine à droite, chirm-gie à gauche), et les bureaux de la Direction : a" au nrcmier étage, l'appartement du directeur, celui de l'aumônier, les logements des internes en médecine et en chirurgie (salle de garde, bibliothèque, chambres avec cabinet de toilettée, salle de bains) : 3" au second étage, les logements des internes en ]iliarmacie et d'autres logements pour le personnel.

HOPITAL BOUCICAUT

La cour d'honneur est vaste et d'aspect riant, la verdeur de ses pelouses lalsanl contraste avec les briques rouges des pavillons cj^ui la bordent.

FiG. 30. — Hôpital Boucicaut. — Plan général.

En y pénétrant, on voit à l'extrémité de l'allée centrale, le pavillon Boucicaut ; de chaque côté, à droite le service de Médecine, à gauche le service de Chirurgie, occupant chacun quatre pavillons disposés sur deux rangées. Il faut y ajouter dcu.x petits pavil-

5i8 HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS

Ions d'isolement, flanquant de chaque côté le pavillon , d'entrée.

Le service d'Accouchement, situé à droite du pavillon Boucicaut et derrière les services de médecine, comprend un pavillon principal et un pavillon d'isolement. A gauche du pavillon Boucicaut et derrière ks services de chirurgie, l'on aperçoit la chapelle; plus loin et à gauche, l'amphithéâtre et le laboratoire. Enfin, au fond, se trouve le logement du personnel hospitalier, les cuisines, les machines destinées au chauflage et à l'éclairage.

Les services de Consullalion sont situés dans le pavillon d'enlrée. Chacun d'eux est précédé d'un vestibule d'où l'on pénètre dans la salle d'attente, commune aux deux sexes, et où peuvent s'asseoir quarante personnes.

Outre une petite salle de pansements, une belle salle d'opérations avec une chambre de stériHsation. le service comprend une lingerie et une salle de bains munie de baignoires, d'une douche en pluie et d'un bain de pieds. Des Avater-closefs, pour hommes et ])0ur femmes, complètent celle installation. Au iond du pavillon, se trouvent le vestiaire et les water-closets des externes en chirurgie (service général et consultation).

A la consultation de chirurgie est annexée une consultation dentaire, sous la direction d'un dentiste des hôpitaux : ce service comporte une salle d'exanien.

Chirurgien et dentiste ont chacun leur cabinet particulier de consullalion.

La consultation de médecine dispose d'un local à peu près sendilable. auquel est annexé un laboratoire, dont l'usage n'est ]ias encore défini.

Certains jours fixes de la .semaine ont lieu des considlalioiis pour les maladies du larvnx et des veux : il existe en outre un service cfclcctrothérapie.

HOPITAL BOUCICAUT

Le bureau du Directeur et le bureau d'admission s'ouvrent dans le corridor de la consultation de médecine.

Ce ciu'il importe de remarquer dans le fonctionnement du service de consultation, ce sont les soins de propreté dont les malades devant être hospitalisés sont entourés dès leur admission. Tout entraiit est d'abord dirigé sur la salle de bains où il reçoit, suivant les instructions du chef-consultant, soit un bain, soit une douche, soit un simple lavage général ou local. Ses effets d'habillement lui sont alors retirés, pour être envoyés à la stérilisation : des trémies placées dans le corridor facilitent ce service qui se fait par les sous-sols. Au sortir du bain, le malade est revêtu du costume hospitalier et dirigé vers les salles de malades.

Les services hospitaliers sont au nombre de trois : un service de médecine, un service de chirurgie, un service d'accouchements, comprenant i Si lits et aS berceaux ainsi répartis :

Médecine.

Pavillon des hommes non-tuberculeux. .

— femmes non-tuberculeuses

— hommes tuberculeux. .

— femmes tuberculeviscs. .

— d'isolement. . • . . .

Chirurgie.

Pavillon des hommes suppurants.

— femmes suppurantes. .

— hommes non-suppurants. .

— femmes non-suppurantes. .

— d'isolement

25 lits.

84 hls.

iç) lits.

GO lits.

p,Q 3y. — Hôpital Boucicaut

d'une salle de malades.

Malcrnilé.

Pavillon principal, femmes enceintes. . . 6 lils.

— — accouchées.. . 22 —

Pavillon d'isolement 3 —

3i lils.

Berceaux 25

Ces différents chiffres ne sont d'ailleurs pas fixes et sont souvent dépassés.

Le service de Médecine comprend cinq pavillons : un pavillon d'isolement, deux pavillons réservés aux tuberculeux, deux pavillons destinés aux malades atteints d'affections non tuberculeuses; ces différents pavillons .sont tous séparés.

Le pavillon d'isolement, réservé, en principe, aux douteux, contiendra aussi les contagieux non transportables, puisqu'il n'existe pas de pavillon de contagieux. Il renferme aussi le vestiaire, dans lequel doivent venir s'habiller le chef de service, les internes, les externes et les stagiaires. La porte d'entrée du pavillon donne dans un grand vestibule au centre duquel est un immense lavabo avec six cuvettes, exclusivement réservé au personnel médical. A droite, se trouvent des water-closets et un lavabo pour les malades. A gauche, est le vestiaire du chef de service et des élèves. Au fond, est un escalier de dégagement descendant dans le sous-sol. Aux quatre coins, est une chambre d'isolement à un seul lit.

Les autres pavillons présentent luie disposition à peu près identique. Chacun d'eux, vu extérieurement, comprend deux parties : la première plus étendue n'ayant qu'un re/.-de-chaussée, la seconde, surmontée d'un premier étage avec deux fenêtres de façade.

Le rez-de-chaussée est lui-même composé de deux parties : l'une, la plus grande, est formée par la salle, dont le nombre des lits est de douze ou de dix-huit ;

HOPITAL BOUCICA VT

l'autre, qui se Ivouvc précéder la salle, présonlc en sou milieu un corridor, allant de l'entrée à la porte de la salle, et flanqué à droitcet à gauche d'une série de dépendances : ce sont l'office, la lingerie, le réfectoire, lesAvater-closets, avec bidet, puis une salle d'isolement à deux lits, une deuxième salle renfermant un spéculum chez les femmes: un troisième lit d'isolement ciiez les hommes, enhn, le cabinet de la sœur surveillante prenant directement vue sur la salle, grâce à une large baie vitrée. Au bout de la salle, est une véranda vitrée, sorte de jardin d'hiver.

Les salles de malades (lig.' 87) sont construites suivant le système créé par ToUet, déjà appliqué à la construction de l'hôpital Jiichat.

La foi-mc est d'allure ogivale, et fait penser à la coque d'un vaisseau renversé. La hauteur maxima est de six mètres ; la largeur, de neuf mètres, ce qui donne un cubage considérable. 80 à 90 mètres cubes par lit, alors que la plu[)art des hôpitaux actuels ne disposent, également par lit, que de /|5 à 5o mètres cubes.

Les fenêtres s'ouvrent ù trois hauteurs, par des modes diiïérents. Elles sont séparées par un trumeau, correspondant à l'enqjlacement d'un lit. Les parois en sont lisses, à angles très arrondis, enduites de ripolin, sorte de peinture-vernis dont l'avantage principal est de rappeler le poli de la faïence. Le ton de la peinture choisie est d'un rose pâle très clair, du plus heureux effet. Le sol est carrelé, de couleur blanc-crème.

L'éclairage de nuit est assuré par des lampes électriques, placées à environ mi-hauteur du trumeau; les verres en sont bleus, - dans le but d'avoir une lumière plus douce.

Le chaullagc est réalisé au moyen de battei'ies de chaulTe, placées dans l'embrasure des fenêtres.

L'aération est assurée de la façon suivante : le soubassement des fenêtres est perforé, en arrière des bat-

leries de chaune, do façon à établir la prise d'air ; l'air se trouve ainsi immédiatement cliauiré dès son entrée dans la salle, et il est i cpris au sommet de la voûte par des soupiraux grillagés, répondant à des lanlernaux situés au-dessus du toit. Pour régler la ventilation, il suflil d'ouvrir ou de fermer plus ou moins les prises d'air.

La véranda, située à l'extrémité de la salle, en occupe toute la largeur, et n'en est séparée que' par une paroi vitrée. Grcàce aux belles plantes dont elle est ornée, grâce aux verres de couleur harmonieuse Cjui viennent rompre la monotonie du vitrage, cette véranda donne à la salle un aspect des plus iaeureux, C[u'on chercberait en vain dans toute autre construction hospitalière en France et à l'Étranger.

Les dépendances de la grande salle sont bien comprises, et nous y retrouvons ce souci constant de l'hvgiène et de l'élégance, qui est une des caractéristiques du nouvel hôpital.

Le premier étage ne contient que deux chambres à un lit, réservées aux malades du Bon Marché, un lavabo et un water-closet ; ces chambres sont desservies par un ascenseur.

L'aménagement des pavillons n'a pas été moins soigné que leur construction.

Le.s lits sont tous du système lierbet, démontables, stérilisables ; ils sont pourvus, en arrière du dossier delà tète, d'une tringle de fer dissimidée par le traversin et l'oreiller, plus bas, d'une tablette de fer : la tringle sert à supporler les viMemcnts dos malades, la (ablette doit recevoir les bas et les chaussiu-os. Les chaises et fauteuils sont en for. à lames de bois. Les labiés de nuit soni constituées par fpialro piliers métalliques supportant doux plateaux ou porcelaine. Les pieds de tous les meubles métalliques sont garnis de petits manchons en bois, destinés à évitoi- la détérioration du .sol.

HOPITAL BOUCICAUT

Tous les récipicnis, \encs. brocs, pois au lait, pots à tisane, etc., sont munis d'un couvercle métallique aisément stérilisable. Tous les ustensiles ayant servi aux repas des malades sont, aussitôt après, désinfectés.

Aux anciens bulTels, connus sous le nom d'appareils de salle, meubles lourds, encombrants, d'un entretien difficile, cl qui, pour ne pas devenir le « débarras de la salle », exigeaient une surveUlance de tous les inslanls, on a substitué, selon les besoins du service, ici de grandes labiés en fer et lave émaillée, là des armoires basses sur pied, à parois de verie, construites sur le modèle du service de gynécologie de riiùpilal T3roca.

Pour compléter ce mobilier, on a ajouté tous les objets des types les plus modernes, d'un usage babituel dans les salles : lavabos roulants, munis de tonnelets en verre, donnant eau stérilisée ou solutions antiseptiques, chariots roulants à linge propre et à linge sale, chariots à dislrlbulion en fer, bacs émaillés pour pansements à transporter au four à incinération, lils roulants en fer, moulés sur roues caoulcboutées pour transport des malades, etc.

Les crachoirs ont été l'objet d'une élude particulière. M. iXielly, inspecteur de l'Assistance publicpie, s'est spécialement occupé de la question du grand crachoir des salles dont nous allons parler.

Les crachoirs sont de deux modèles : i" le crachoir individuel ; 3° le grand crachoir.

1° Les crachoirs individuels sont en verre. C'est le modèle Dugucl, légèrement modilié, un peu plus petit, un peu moins large que le primilif. Le verre est bleu ou incolore.

3° Les (jrands crachoirs se trouvent dans les salles, les couloirs, les corridors, les escaliers, les jardins, et y sont placés à profusion. Leur modèle a été établi par M. le D"" Thoinol et M. Nielly. Les uns sont logés

520 nos P 1 C E s E T HOPI T A L X I) E P A Ji I S

dans un cercle de fer lixé au mur; les autres sont reçus sin- un pied de 1er, à assiette très solide. Les uns et les autres sont, de toute manière, distants du sol de 83 cenlimèlrcs.

Ajoutons (|ne tout le service du paAillon se fait par le sous-sol : il existe des trémies pour le linge sale et des monic-charges pour l'alimenta lion.

Le ncttovage des salles se lait à grande eau ; il est absolument défendu de balayer à sec, de même d'ailleurs c|ue d'épousseter ; on essuie avec des linges humides : ni balai, ni plumeau, telle est la formule.

Le service de Chirurgie comprend, comme le service de médecine, un pavillon d'isolement doublé d'un vestiaire, et quatre pavillons disposés sur deux lignes parallèles. Ces pavillons .sont rehés deux par deux par des galeries vitrées à une salle d'opération. Ils sont disposés de façon à constituer deux sections de malades : les suppuranis et les non suppurants. Ils sont de tous points conformes aux pavillons de médecine.

L'éclairage des salles d'opérations est excellent. Le chauflage est assuré par un ventilateur situé dans les sous-sols, actionné par un moteur électrique cjui rel'oule de l'air chaud et fait monter la température. 11 n'y a pas de salle spéciale d'anesthésie.

Au fond de rhù|)ital, en arrière du pavillon de médecine, à l'angle de la rue Lacordaire et des Cévennes, se ti ouve le service d'Accouclicment.

Il se conq)osc île deux pavillons d'inégale étendue : le plus petil, (pii donne immédiatement sur la rue Lacordaire, est i (''ser\('' aux femlucs infectées.

(ionq)i('nant seulement quaire lils, ce pavillon est un ])elit morunneni avec rcz-do- cliaussée. un étage et un ascenseur. Vu rez-de-chaussée, on trouve une oflice, ime cuisine, deux chambres de sei \ice et une cliand)re poui- une .sai;e-fennne : au premier sont deux chambres à deux lils, une petite salle d'opéra-

HOPITAL BOVCICAUT 627

tion une salle de bains et de waler-closels. Un ascenseur relie le rez-de-cliaussce au premier otage.

En arrière et à gauche du pavillon des infeclées, s'élève la Maternité proprement dite, pavillon a deux ailes, se joignant à angle droit.

Ce pavillon a une entrée particulière sur la rue Lacordaire. Il comprend, au rez-de-chaussée, un vestiaire, une vaste salle d'attente, une salle de consultations, avec salle de bains, le cabinet du médecin, un laboratoire et un musée ; et, dans l'ailc en retour, touiours au rez-de-chaussée, deux chambres et une salle à manger pour les sages-femmes, une salle de bains, une lingerie, des water-closets, un rélectoireouvroir, et un dortoir, pouvant contenir huit lits pour l'emmes enceintes, et quatre chambres d'infirmerie. Au premier étage, sont situées la salle de travail, la salle d'opération et la grande salle des accouchées. '

La salle de travail (quatre lits) est large et d une clarté parfaite ; des réllccteurs électriques hxcs en assurent l'éclairage la nuit.

EnUn, la grande salle peut contenir douze lits avec douze berceaux, et rappelle les salles des pavillons par sa lorme, son élégance et son ampleur. La véranda n'existe pas ; mais la paroi du fond est formée d'une immense baie vitrée, occupant toute la largeur du mur, au-devant de laquelle l'on a mis de hautes plantes vertes ; l'ensemble ollVe ainsi un aspect des plus gracieux. Il existe encore, à ce même premier étage, une salle de bains, une salle de change, une office, une lingerie, des water-closets, deu>L chambres pour nourrices, etc.

Le rez-de-chaussée est relié au premier par deux ascenseurs, l'un pour les lits, l'autre pour le service. Enfin , il existe un second étage avec quelques chambres et des ilépcndances.

Le pavillon, dit du Bon Marche', assez somplucusemeiil meublé esL rt-scrvr, comme salle de jeux el de lecture, aux malades du Bon Marché cl à leurs familles. Au-devant, s'élève le buste de M""' Boucicaut, copie de l'œuvre de Chapu, appartenant [\ la Société du Bon Marché.

Derrière le pavillon du Bon Marché se dresse le bâtiment des services généraux : cuisine, linirerie, pharmacie, communauté, personnel infirmier, le tout parCaitemcnt installé.

En sous-sol, entre le bàtmient des services oénérauxetlaruc des Cévennes, sont installées les machines deslinées au cliauiïage et à l'éclairage de l'établissement.

Enfin, cà l'angle formé par la rcnconire des rues de Lourmel et des Cévennes. ayant entrée sur celte dernière rue, sontdeuxgrandspavillonsà rez-de-chaussée, comprenant : celui de droite, la buanderie el Tétuvc à désmfcction ; celui de gauche, le service des morts et les laboratoires dont l'installation n'est pas encore commencée. Aux laboratoires est annexée une salle de cours.

Au-devant de ces pavillons, en an ièrc du service de chirurgie, csl la cliapelle.

Au cours de cette description, nous avons déjà souve-nt parlé des sous-sols (lig. 38), qui sont rem'arquablemenl bien compris. Ce sont de véritables i;alerics souterraines, hautes, larges, bien éclairées et"" vcnll • lées ])ar des prises d'air dis|iosées dans les jardins. Le long des murs courent tous les tuvaux de canalisation, el sur le sol sont disposés des rails sur lesquels glissent les -wagonnets destinés aux diiïérents services.

Tous les pavillons de médecine el de chirurgie sont reliés entre eux ]iar les sous-sols el sont ral lâches, d'autre part, aux services géuéi aux ; de même la Malernilé, saul le pavillon d'isolement, possède des sous-sols.

HOPITAL BOUCICAUT

Tous les services, celui des morts excepté, se font par . CCS sous-sols : alimenlation, lingerie, stérilisation, etc. Personnel (i). — Le personnel médical comprend

FiG. 38. — ■ Hôpital Boucicaut. — ■ Plan du sous-sol. Sg personnes : i médecin, i cliirurgien, i accoucheur,

(i) L'Assistance piiljliqiie en 1900, page !\']0.

L'/EsccLAPE. 34

53o HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS

G in loin es, 2 3 cxlcrncs, i médecin consultant, i cliirurgien consultant, 2 internes en pliaimacie et 3 sages-femmes. Le personnel administratif comprend 3 personnes : un directeur, un rédacteur et un garçon de bureau.

Le personnel secondaire comprend 79 personnes : 8 religieuses, une surveillante, trois sous-surveillants et sous-surveillantes, un panseur, un garçon d'amphithéâtre, deux suppléant et suppléante, un premier infirmier, 60 inLirmiers ou infirmières, garçons et filles de service, deux nourrices.

Le personnel à la journée comprend i5 personnes auxquelles il en a été adjoint (3 juin 189g) 4 pour l'été et 6 pour l'hiver.

Le total du personnel est de 1^2. A ce chiffre, il faut encore ajouter 5 médecins non comptés par l'administration plus trois ou quatre novices pour 181 lits.

Ajoutons enfm qu'au 3i décembre 1898, le chiffre officiel des malades était de i58.

Coût de la journée hospitalière : les dépenses pour l'année 1898 ont été évaluées à 456 910 francs pour 56 292 journées de malades, ce cjui met la journée à 8 fr. II. Le terrain a coûté i i55ooo francs, ce qui représente, à 3 pour 100, 34 (i5o francs, soit o fr. Gi à ajouter par journée de malade. Enlln la construction et l'aménagement ont coûté plus de 3 millions, soit, à 3 pour 100, 90000 francs de rente, .soit i fr. 98 par journée de malade.

Le total est donc de 10 fr. 3o par jour et par malade, y conqiris les berceaux ! C'est pour rien dans i'hôpilal-modèle !

HOPITAL BBETONNEAU

Hôpital Bretonneau (i)

Rae Carpeaux.

Tous les omnibus allant à la place Clichy. Prendre à droite le boulevard de Clichy monter la rue Gaulaincourt, jusqu'à la rue de MaisLre.

Omnibus : Montmartre-Saint-Germain des-Prés. — Montmartre-Porte Rapp.

Chemin de fer de ceinture : Descendre à la station de Saint-Oucn et jjrendrc l'avenue de Saint-Ouen jusqu'à la rue Etex.

L'hôpital Bretonneau est un des trois hôpitaux d'enfants qui furent créés lors de la désaffectation de l'ancien hôpital Trousseau : les deux autres sont l'hôpital Hérold et le nouvel hôpital Trousseau. Il a été édifié sur un terrain acheté à la ville de Paris par l'Assistance publique. Ce terrain, de surface triangulaire, est circonscrit par la rue Carpeaux, la rue de Maistre et la rue Etex et sa superficie est de i4 5oo mètres.

L'avant-projet fut mis au concours. 11 était alloué pour la construction de cet hôpital la somme de I 200 000 francs, les travauxd'assainissement n'étant pas compris dans ce chill're ; or le forage des puits seul atteignit 3oo 000 francs. Le concours fit attribuer la construction de l'hôpital à M. Iléneux.

La disposition générale de l'hôpital est la suivante (fig. 89) : en bordure de la rue Carpeaux, à gauche de la porte d'entrée (fig. 4o), se trouve le service de la consultation, avec le service d'iiydrothérapie. les bâtiments de la direction, etc. A droite, sont les services généraux et les services des morts.

(i) F. Jayliî. L'hôpital Bretonneau. La Presse Médicale, 9 mars 1901.

En pénétrant dans l'hôpital par la porte d'entrée principale de la rue Carpeaux, on est agréablement inapressionné par l'aspect élégant des constructions (fi^. 4i)- Dans son ensemble, l'hôpital Brelonneau déhe toute comparaison à l'étranger au point de vue de l'élégance et du bon goût.

Trois bâtiments se détachent au centre de l'hôpital, l'un à droite, le pavillon de médecine ; le second, à gauche, le pavillon de chirurgie (non suppurants), et au fond le pavillon de chirurgie (suppurants). Derrière le pavillon de médecine se trouvent, réunis par une galerie, cinq pavillons constituant le service des contagieux. A droite de cet ensemble se trouve, détaché, le pavillon des douteux. Enfin, tout au Ibnd de l'hôpital, au sommet du triangle, s'élève le pavillon de diphtérie, avec une petite annexe pour le logement du personnel.

La majeure partie de ces pavillons est construite sur caves. Une partie de ces caves a même reçu une installation : c'est ainsi que les douches ont été aménagées dans celles du pavillon de consultation. Les murs sont en pierre meulière et briques ; ils mesurent o",5o d'épaisseur. Les toits sont recouverts de tuiles.

La consultation, les pavillons des contagieux et douteux, le pavillon de chirurgie (non suppurants) et le service des morts sont à rez-de-chaussée. Tous les autres bâtiments sont à un étage. Le bâtiment de la direction, les bâtiments des services généraux et le pavillon de la dipbtérie ont un second étage.

Service de In consultation. — Ce service a été particulièrement bien aménagé. L'entrée en est située à l'angle des rues de Maistre et Carpeaux et est précédé d'un porche (lig. /|3). A cette entrée fait suite un très grand vestibule a'où les enfants sont dirigés dans la salle d'attente de médecine ou de chirurgie,

Le service de la consultation do chirurjjie comprend : unesalle d'attente, une chambre dedéshabil-

HOPITAL BRETONN EAU 535 lao-e, un cabinet de consullation, une salle do panse-

FiG. -'lO. — Hôpital Brelonneau. — l'oric d'enlrée principale, rue Carpcaux.

menls, une pclilc salle d'opérations avec un lit de repos.

536 HOSPICES i:r hôpitaux de paris

Le service de la consultai ion de médecine comprend : une salle d"atlenle. une salle d"atlenle spéciale pour les contagieux, divisée en lo boxes, une chambre de déshabillage, le cabinet de consultation el une petite pharmacie.

L u service dMivdrothérapie avec bains sulfureux el une salle de douches est annexé" à la consultation.

Serrice de eltirunjie. — Le service de la chiriuuie comprend deux pavillons. Le pavillon îles suppurants est à rez-de-chau-ssée el renferme ao lits : lo pour les garçons. lo pour les biles el une petite salle d'opérations.

Le pavillon des non-suppurants comprend un rezde-chaussée et un étage. Au rez-de-chaussée se Irouvent les salles conunu nés précédées de boxes à un lit, salle de bains, water-closets. etc. Au fond de chacune des salles conununes se trouve une lo^r^ia que l'on a cherché à égaver par des vitraux peints dont les sujets rappellent (pielques fables de La Fontaine, telles que le « Loup et l'Agneau le « Renard et les Raisins ». Correspondant à la salle d'opérations du premier élage. se trouve une crèche de lits avec berceaux.

Au premier étage, auquel on peut accéder par un ascenseur hydraulique, à chariot-lit. dont le coùl est de 3 ooo francs, se trouvent la salle d'opérations, la salle des appareils, et les salles de malades.

Seruice ik' nu'deciiie. — Le pavillon de médecine présente la même disposition que celui de chirurgie. Au rez-tli^hau.ssée. dix grandes salles séparées par un vestibule siu- lequel s'ouvrent : olVice. salle de bains, vestiaire des élèves et possédant chacune une loi:i,Ma à eur extrennte. Lu outre, il existe une petite crèche el 'j chambres ayant chacune une porte sur le janlin.

Au premier étage, deux salles conununes de douze lits chacune dont 8 boxes et les dépendances habi luelles.

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