HOPITAL BRETONNEAU
Comme annexe à ce pavillon se trouve une pouponnière de huit berceaux, représentant l'emplacement de la salle d'opérations du service de chirurgie.
Service des contagieux. — Ce service comprend cinq pavillons, dont un réservé au personnel. Trois pavillons sont construits sur le même modèle et possèdent chacun : deux salles communes de 8 lits avec les dépendances habituelles. Le quatrième pavillon est aménagé en chambres à 3 lits. Ces pavillons sont reliés par une galerie vitrée, coupée d'une série de marches de distance en distance, par suite de la déclivité du terrain. Cette galerie n'est pas chauffée. •
Pavillon des douteux. — Ce pavillon, séparé du service des contagieux, comprend 16 lits en chambres.
Pavillon de la diphtérie. — Ce pavillon a un rezde-chaussée et deux étages. On pénètre par un vestibule en face duquel est l'escalier, muni d'un ascenceur peu utile. A droite, est la salle commune des convalescents, à gauche se trouvent 4 lits en chambres et ses dépendances.
Le premier étage comprend 8 chambres à un lit, à parois vitrées à partir de o'",8o du sol, une salle d'opérations avec ses annexes.
Le deuxième étage renferme une série de pièces sans destination précise. La corridor central s'ouvre sur une terrasse d'où l'on jouit d'une belle vue d'ensemble de l'hôpital.
L'éclairage est à l'électricité, fourni par le secteur de Clichy.
L'aération peut se faire par les fenêtres qui présentent chacune six grands carreaux mobiles, les deux supérieurs s'ouvrant en vasistas. Pendant l'hiver, les fenêtres étant fermées, l'air est amené chauffé au niveau de petits appareils placés au ras du sol et dénommés repos de chaleur. L'air parcourt la
ï>ho HOSPICES ET HOPITAUX DE PAPIS
salle et s'échappe par des grilles d'évacuation placées soit au haut des murs, soit au plafond, et munies de trappes mobiles. Ces grilles communiquent avec les combles qui sont eux-mêmes en communication avec l'extérieur par une cheminée de ventilation.
Le chauffage est à la vapeur à basse pression ; les surfaces de chauffe sont situées hors des salles excepté pour la salle d'hydrothérapie, l'escalier du personnel et la salle des médecins qui sont chauffés par radiation directe.
Chauffage et aération sont combinés de la façon suivante : dans les sous-sols sont établies des batteries de chauffe enfermées dans des coffres. Ces coiTres communiquent avec l'extérieur, d'une part, et avec l'intérieur au niveau des « repos de chaleur », d'autre part, au moyen de gaines. L'air arrive de l'extérieur, se chaulTe à la batterie et pénètre chaud dans les salles. Une même batterie alimente plusieurs « repos de chaleur ».
Il existe cjuatre fovers de chaufiage situés dans les sous-sols. Les chaudières fonctionnent à basse pression, o''"'",20o au plus par centimètre carré. Elles. ont un réservoir de combustible qu'on remplit deux fois en 24 heures et sont munies d'appareils de sûreté, régulateurs dépression et de tirage perfectionnés; la dépense de vapeur est réglée aulomaliqueiiient par le réglage de la pression suivant la tempéralureexlérieure.
Le prix total de revient de l'hôpital est de 2 000 000 de francs pour a44 lits ou berceaux, soit un peu plus de 800 francs par lit.
Le nombre de lits est de 244 ainsi répartis :
Chirurgie, 80 lils dont i4 berceaux: diphtérie, 20 lits; contagieux, 64 Hls; dotiteux, 16 lits: médecine générale, crèche et pouponnière, 64 lits dont 4 berceaux.
Le per.sonncl médical comprend: a médecins, I chirurgien, 5 internes et 18 externes.
HOPITAL BROCA
Il existe des consultations quotidiennes de médecine et de chirurgie, faites par les chefs de service.
Hôpital Broca (i) III, rue Broca. — Annexe Pascal, 7G, rue Pascal. [80Z1.50].
Çmnibus : Place de la République-Monlsouris (passe devant). — Square Monlholon-rue de la Tombe-Issoire (descendre à l'inlerseclion du boulevard Arago et de la rue Saint-Jacques et tourner à gauche).
Tramways: Chàtelet-lvry- Vitry-Bicètre (descendre boulevard Àrago et le remonter jusqu'à la rue Broca). — Ported'Ivry-les Halles (descendre soit boulevard Arago, soit rue Claude-Bernard, au niveau de la rue Berthollct : prendre alors cette dernière rue, continuer par la rue de la Glacière jusqu'au boulevard Arago et tournera gauche). — Montparnasse-Bastille (descendre rue de la Glacière, la suivre jusqu'au boulevard Arago et tourner à gauche).
L'hôpital Broca ne porte que depuis 1898 le nom du célèbre anthropologiste qui a remplacé celui plusieurs fois centenaire de Lourcine(2). L'ancien hôpital ne s'élevait pourtant pas aux lieu et place de l'hôpital actuel, qui provient de la désaffectation du couvent des Cordelières, en 1790. Il avait été construit, à quelque distance de ce dernier, sur l'emplacement qu'occupe l'Institut national agronomique actuel. Couvent des Cordelières et hôpital de Lour-
(1) S. Pozzi et F. .Tavi.e. Le nouveau service de gynécologie de l'hôpital Broca. Annexe Pascal. Bévue de Gynécologie el de chirurgie abdominale, 1899. 10 février, n" i , page I .
(2) Le nom de Lourcine n'a qu'une signification de lieu. Dans un acte de vente de 1182 il est parlé d'une grange située prope ulmum de Laorcinis.
cine, tous deux furent fondés jjar Marguerite de Pj-ovence, femme de Saint-Louis, qui se retira dans le premier et y mourut en lago.
Important dès son origine et grâce sans doute aux libéralités de Marguerite de Provence, l'hôpital prend le nom d'Hôtel-Dieu du Patriarche au xiv*^ siècle ; il aurait alors appartenu à l'évèque de Paris, qui était en même temps patriarche d'Alexandrie.
Puis, il s'appelle hôpital de Saint-Martial et de Saint- Valère dès le début du wi" siècle. En i55g, il est désigné sous le nom d'hôpital de Lourcine et renferme des vénériens. En 1579, il change de destination sous la direction de Nicolas llouël, qui y installe une école d'orphelins, une apothicairerie et un hôpital de refuge. Ainsi compris, l'établissement prit le nom de « Charité chrétienne ».
Sous Henri 1\ , l'école et l'apothicairerie sont séparées de l'hôpital, qui est réservé aux soldats invalides (i6o4)- Quand ceux-ci furent installés à Bicètro (iG34), l'hôpital de Lourcine fut uni à l'ordre de Malte; iP prit le nom de Commanderie de Saint- Valère, et abrita plusieurs communautés religieuses. Ce n'était plus alors qu'un petit établissement sans importance qui finit par revenir à l'Hôtel-Dieu. Quant à l'apothicairerie, elle fut achetée par la Corporation des Epiciers et Apothicaires en 1626. Ceux-ci en restèrent les seuls maîtres et y ouvrirent le collège de pharmacie, ancêtre de l'École de pharmacie actuelle. Sur le même cmpKicement s'élève aujourd'hui l'Institut agronomi([ue.
Telle est l'iiistoirc succincte de l'ancien hôpital de Lourcine (i). établissement bien distinct du couvent des Cordelières fondé, comme l'hôpital, par Marguc-
(i) E. l^EUCHAU.x. Ilisloirc de rhùpilal de Lourcine. T/ièse, Paris, i8(jo.
HOPITAL BROCA
rile de Provence el. qui dura jusqu'en 1790. Il fut alors supprimé, classé comme propriété nationale, puis A cndu. Une partie des bâtiments furent détruits, l'autre servit de fabrique. En novembre 1829, par les soins de Debelleymc, préfet de police, et de Gochin, maire de l'arrondissement, et grâce à une souscription publique de près de Gooooo francs, la fabrique fut transformée en une maison de refuge contenant 3oo lits.
En iSSa, l'établissement fut affecté aux orphelins des familles disparues à la suite du choléra, En i834, le Conseil généi"al des hospices acquit, du département de la Seine, l'hospice de Lourcine, qui. en i836, fut ouvert pour recevoir les femmes vénériennes. Jus- <:[u'alors, celles-ci avaient été soignées à l'hôpital du Midi, où l'on traitait les vénériens des deux sexes. A cette date, le Midi, qui porte actuellement le nom de Ricord, fut réservé aux hommes et Lovircinc allectc aux femmes. Ce dernier hôpital comprit trois services, d'abord deux de chirurgie et un de médecine (1836-1870), puis deux de médecine et un de chiruriïie. Médecins et chirurgiens ne soionaient d'ailleurs que des maladies vénériennes ; un service d'accouchements syphilitiques dépendait du chirurgien.
En 1882, dans des jardins répondant à l'emplacement actuel du nouveau service, furent construits des baraquements en bois comprenant trois salles de médecine et destinés à remédier eh partie à l'encombrement cju'avait amené dans les hôpitaux généraux l'épidémie de typhoïde de 188 1. Ces baraquements étaient administrativementdésiiïnéssous le nom d'JJdpilai temporaire et dii-igés^par un médecin du Bureau central. Ils furent utilisés pour des maladies chroniques (tuberculeuses, cancéreuses, ulcères variqueux, faiblesse sénile, etc.).
En i883, M. Pozzi prit le service de chlrui'çie de Lourcine, qui se composait de deux salles, situées
L'iEscuLAPE. 35
5AG JIOSPICES ET HOPITAUX DE PABIS
dans les vieux bâlimenls acluels. Il obtint l'année suivante que les baraquements lussent retirés au médecin du Bureau central charge de leur direction et répartis entre les deux médecins et le chirurgien de Lourcine. La salle qu'il occupa ainsi fut spécialement affectée par lui à la Gynécologie.
En 1887 fut construite, avec une subvention de i4ooofr. du Conseil municipal, une baraque pour la consultation gynécologique jusqu'alors confondue avec la consultation des vénériennes, un amphithéâtre et une salle de laparotomie.
Dès lors, dans ses publications et dans celles de ses élèves. M. Pozzi prit soin de faire suivre le nom de Lourcine de celui de Pascal (emprunté à la rue voisine de la baraque affectée à la Gynécologie). L'iiôpital Lourcinc-Pascal acquit ainsi une existence scientifique, sinon administrative.
En 1898, M. Pozzi, d'accord avec ses collègues les médecins de Lourcine, échangea ses deux salles des anciens bâtiments de Lourcine pour les deux autres salles des baraquements, dans lesquelles furent en même temps transportés les dix lits servant à l'accouchement des syphilitiques.
Les baraquements, sur la demande du chirurgien, prirent alors déllnitivement le nom d'Annexé Pascal, et l'on n'y soigna plus que des alTections gynécologicpies d'ordre chirurgical.
L'hùpilal Lourcine lui-même subit une transformation en i8()3. 11 cessa d'être uniquement alToclé aux vénériennes ; il reçutdèslors des femmes atteintes d'idlcclions de la peau et devint une sorte de Saint- Louis de la Rive (jauche. Son nom fut changé, en même temps f[ue celui de la rue de Lourcine; la rue et l'hôpital prirent le nom de Broca, sur une décision du Conseil nuuiicipal qui rendait ainsi un juste hommage à la mémoire du grand anthropologistc cl du grand chiruigien qui venait de mourir.
de Gynécologie,
La salle Rugnier.
HOPITAL BROCA ^/
En 1895, lors de la division de Paris en circonscriptions hospitalières, l'Annexe Pascal fut classée comme service de chirurgie générale, mais cependant put recevoir des malades de tous les quartiers pai-isiens. Enfin, depuis décembre 1898, l'Annexe Pascal est devenue un service de chirurgie spécial, airecté au traitement des affections gynécologiques.
L'hôpital Broca renl'erme 291 lits réglementaires ainsi répartis: vénéréologie, 178; dermatologie, ; gynécologie, 67; accouchements (vénériennes). G; berceaux, 6.
Hôpital Broca proprement dit
Les deux services de médecine sont logés dans de vieux bâtiments destinés à disparaître et qui consti tuent l'hôpital Broca.
A l'un des services de médecine dirigé par M. Brocq, sont annexés un laboratoire d'examen et d'étude et une mstallation électrique attenante à la salle de consultatiori dans laquelle se l'ait un enseignement complet théorique et pratique de la Dermatologie.
Annexe Pascal
L'annexe Pascal comprend exclusivement le service de chirurgie gynécologique qui a été totalement reconstruit par M. Bochel sous la direction de M. le prof. Po/zi et de son chef de clinique M. Jayle.
Les nouveaux bâtiments s'élèvent sur l'emplacement des baraquements édifiés en 1883 dans les terrains d angle situés à l'intersection des rues Corvisart et J ascal. L'entrée propre du service est 76, rue Pascal.
La reconstruction, commencée en 189/1, a été terminée en 1898. Le coût en est de /|/,oooo francs. La consultation a absorbe laSooo francs. Le service proprement dit revient à 3i3 0oo francs; comme il contient 6b hls, chaque lit revient à environ /| 800 francs.
5'i8 HOSPICES ET HOPITAUX DE PAPIS
Les nouvelles conslruclions couvrent une superficie de 2 i63 nièlrcs carrés. Il n'existe qu'un rez-decliausscc, le principe de la construction des hôpitaux à un seul étage n'étant plus à discuter. La consultation, et les salles d'opérations sont construites sur cave ; les salles de malades sont sur terre-plein, excepté ù leur centre, qui est occupé sur toute la longueur par un tunnel contenant l'ensemble de la canalisation. Les tuyaux de cliaulTagc portent l'air contenu dans le tunnel à une température élevée, ce qui a pour heureux effet de chauirer le sol carrelé des salles sur une grande partie de son étendue ; ainsi le carrelage perd son seul défaut : sa froideur. Cette disposition rappelle celle cjue nous avons vue, il y a cpielques années, dans le nouveau service de chirurgie de l'hôpital général de Leipzig, tenu alors par Thiersch.
L'ossature de l'ensemble est constituée par des pans de bois en pitchpin de i6 centimètres d'épaisseur, dont les intervalles sont comblés de briques de laitiers recouvertes d'un enduit de plâtre à l'intérieur et laissées apparentes à l'extérieur. Pour la construction de l'amphithéâtre, en raison de l'élévation, les piliers de bois ont été remplacés par des pans de fer de i4 et af) centimèti-es d'épaisseur.
Les toits sont légèrement inclinés et recouverts en tuiles. Grâce à l'absence d'étage supérieur, on a pu établir, en plusieurs points, sur ces toits, de larges baies vitrées qui permettent à la lumière de pénétrer à Ilots dans les salles d'opérations, et de parfaitement éclairer des pièces ou des couloirs qui n'auraient reçu latéralement qu'une prise de jour insuffisante.
Le cItniilJ'iKjc de tout le service esta la vapeiu- d'eau à bas.sc pression. 11 existe deux chaulTeries ])Iacées l'une à l'extrémité sud de la salle liroca. l'antre dans le pavillon d'ojiérations. Ces deux chaull'erics sont dans les sous-sols. Chacune d'elles comprend deux chaudières qu'il suffit de charger matin et soir: Peau,
Radiateur
Gri
Radiateur Lavabo
Chloroforme
Foumesu
Autoclave filtre' Réchaud à gai
RéchaulTeurCl
Salle
Chaufile
de
tèrilisatior,
Vidoir/
Poissonnière
Lavabos
Salle
ilinqo
^ d'Ofi
erat ions asdptiqi
Lies
Lavabos
Radiateur
Radiateuri
FiG. /.G. —
Hôpital B
— Pavillon d'opérations.
HOPITAL BROCA
Iransformcc en vapeur, esl amenée par des conduits dans des radiateurs de forme adaptée à l'emplacement qu'ils doivent occuper et qui, dans les salles, sont situés le long de la ligne axiale, au nombre de deux ou trois. La vapeur d'eau se condense au niveau des radiateurs et retourne à la chaudière.
\J éclairage est partout fait à l'électricité.
L'aération des salles ne s'établit pas seulement par les portes et les fenêtres. Bien que le climat tempéré de Paris, l'absence de brouillard et de poussières aériennes ne nous imposent pas des installations spéciales, comme on peut en voir dans les grandes villes industrielles américaines ou anglaises, dans certains hôpitaux de Berlin ou de Moscou, l'aération a néanmoins été prévue et assurée, en dehors des portes et fenêtres. L'air, pris à un mètre du sol, est amené par un gros conduit au centre d'un radiateur où, en hiver, il peut s'échauffer à son contact.
La ventilation s'opère d'une façon très simple : les plafonds des salles sont perforés d'espace en espace et les orilices ainsi créés sont munis d'une grille. Ces orifices donnent dans des gaines qui aboutissent dans un caisson où est établie une batterie qui chauffe. Ce caisson est muni lui-môme d'une cheminée de déversement h l'extérieur. Le fonctionnement est facile à saisir : la batterie de chauffe, en échauffant l'air anibiant du caisson, détermine un appel continu de l'air des gaines et par suite de l'air des salles ; et, d'autre part, l'air aspiré tend naturellement à gagner la cheminée qui le rejette dans l'atmosphère. ^ La vidange est assurée par le système du tout à l'égout.
Le sol est partout recouvert d'un carrelage en grès cérame Qn. Nous avons déjà insisté sur l'utilité du cliauffage du sous-sol pour obtenir la disparition du seul inconvénient du carrelage : la froideur. Dans une salle a été essaye un parquet sur ciment qui ne
r)5o HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS
paraît pas préférable au carrelage, surtout si celui-ci est chauiïé.
La peinture est une peinture vernissée qui supporte le lavaee à i^rand eau.
L'ensemble du service comprend trois parties essentiellement distinctes : i" la consultation ; 3° les salles de malades ; 3° les salles d'opérations.
Consultation. — La consultation occupe l'angle même que forme l'intersection des rues Corvisart et Pascal. Elle est construite sur cave. Elle est cbauffée par un calorifère à air chaud ; elle est éclairée à l'électricité. 11 n'y a pas de système spécial d'aération, la ventilation s'établissant aisément par le va-et-vient des malades entrant ou sortant.
Elle comprend le service d'éleclrolhérapie qui a été organisé par le D'' Zimmern et le service de la consultation proprement dite ; une salle d'attente ornée de c;ravures encadrées. Des water-closets et un lavabo sont à l'usage des malades.
Le service d'électrothérapie comprend trois pièces et un cabinet noir, celui de la consultation, une salle de propreté, une salle de pansements et une salle de spéculum.
En face du service de la consultation deux salles ont été aménagées en laboratoire de bactériologie.
Salles de malades. — Les salles de malades sont au nombre de quatre cl ne comprennent chacune (ju'un nombre restreint de lits; il est mauvais, en effet , tant au point de vue de l'asepsie et de l'hygiène que du confortable des malades, d'accumuler les lits, par /ioou 50, dans une même salle. L'une d'elles, la salle llécamier, de 8 lits, est spécialement affectée à l'accoucliemcnl des femmes syphilitiques des services de médecine de l'hôpital Broca. Il lui est annexé une ])etite salle de travail, deux chambres d'isolement à deux lits et une petite salle avec baignoire et lavabo.
Les trois autres salles, salles Broca, Alphonse
Paris dressé vers 1G20.
HOPITAL BROC A
Guériii et Huguicr, sonl cxcliisivemcnl, destinées à la gynécologie. La première comprend 8 lits : elle présente cette particularité d'être planchéiée. Un essai a été fait d'un plancher établi sur ciment : finalement, le carrelage en grès céramé a été adopté'de préférence, la propreté en étant plus facile à surveiller.
Les salles Alphonse Guérin et Iluguier contiennent, la première 12 lits; la seconde iG lits. La première est séparée de la salle Broca par une simple cloison ouverte par une large baie. Des lavabos et une baignoire sont communs à ces deux salles. A la salle Huguier sont annexés deux chambres d'isolement à trois lits, un lavabo et une salle spéciale de douches vaginales, sur laquelle nous reviendrons.
Chambres d'isoleinenl. — Entre la salle Récamier et la salle Broca ont été ménagées six chambres d'isolement à un seul lit. Ces chambres communiquent toutes les unes avec les autres par une porte à un seul vantail ; elles s'ouvrent directement sur le couloir central par une porte à deux vantaux. Cette disposition permet de mieux surveiller les malades en même temps qu'elle évite de créer de véritables chambres séparées dont l'existence est inulile dans un service hospitalier.
Chambre d'isolement pour les infectées. — Il existe, en outre, pour les infectées, une chambre d'isolement à deux lits à parois revêtues de faïence, bien isolée du reste du service.
Aménagement des salles. — Les lits sont en fer, du modèle Herbet, démontables et stérilisables. Chaque lit est garni de deux matelas, d'un traversin et d'un oreiller, des draps et des couvertures nécessaires. Ce système de garniture de lit est, d'ailleurs, celui de tous les hôpitaux parisiens et répond à toutes les conditions de confort désirables. Nous attirons d'autant mieux sur lui l'attention qu'il est infiniment supérieur à celui ([u'on rencontre dans à peu près
tous les hôpitaux clrangers. C'est ainsi qu'à l'hôpital général de Vienne, par exemple, on peut voir des lits dont le sommier est constitué par une toile métallique doublée d'une double couverture qui remplace le matelas. A Bérlin, la literie est également inférieure à la literie française.
A chaque lit sont annexées une table de nuit en fer avec plateaux en faïence, ouverte sur les quatre côtés, et une chaise en fer, le tout facilement stérilisable.
Au centre de chaque salle est un appareil d'un modèle spécial destiné à renfermer les divers objets de pansements qui peuvent être nécessaires au lit même des malades. La charpente de l'appareil est en bois de chêne, le dessus en lave. Les parois sont en glace. Les portes sont situées sur les côtés ; elles sont à glissière, ce qui facilite le service, les portes à battant pouvant toujours gêner les allées et venues dans une salle de malades. La hauteur de l'appareil n'est c[ue de i"",oZ|. ce qui permet d'utiliser le dessus pour les besoins du service. Afin d'éviter l'accumulation des poussières sous les appareils, on a eu soin de les élever sur des pieds de i5 centimètres de haut. Un petit lavabo roulant et une boite destinée à recevoir les pansements souillés flanquent les deux extrémités de l'appareil.
Enfin, il existe deux chai'iots roulants munis de tous les objets nécessaires aux pansements des grandes opérées.
Annexes des salles de malades. — Les annexes des salles de malades sont très multipliées et chacune d'elles répond à un besoin.
Nous avons déjà dit (jue chaque salle est munie d'un lavabo et d'une baignoire.
Les wnler-closels sont larges et mesurent i^.aô de largeur sur i"',6o de long. La lumière y est versée à flots. Le siège est muni d'un entourage en bois, mobile. Des poignées en fer, fixées aux parois latérales, per-
HOPITAL BROC A
mettent à des malades affaiblies de se relevei" facilement. Une sonnerie électrique assm^e un appel immédiat, en cas d'urgence. Enfin, la porte étant fermée, il est nécessaire, pour sortir du water-closet, d'appuyer sur une poignée qui, tout en ouvrant la porte, déclanche la (c chasse d'eau ». De cette manière, la vidange est fatalement assurée.
Deux offices sont annexées au service et servent, soit à réchauffer certains plats apportés de la cuisine centrale de l'hôpital, soit à préparer des mets spéciaux.
Un parloir ou salle de réunion des malades, renfermant deux bibliothcc]ues, complète cette série de dépendances. Une porte conduit du parloir directement dans un petit jardin intérieur garni de bancs de repos.
Près de la salle Récamier est une grande Salle de pansements à deux lits, en saillie sur les bâtiments, et éclairée sur trois côtés.
Baignoire à eau courante cliaujjee. — Dans une petite pièce, contiguë à la salle de pansements, a été encore établie une baignoire à eau courante. L'eau utilisée est de l'eau de source, chauffée au moyen d'un appareil à gaz et lillrée par un filtre Grandjean. Un thermomètre permet de régler le chauffage, de manière à obtenir une température uniforme durant autant de temps qu'on le désire. L'eau ari'ive à l'une des extrémités de la baignoire, près du fond, et s'échappe à l'autre extrémité, à une petite distance du rebord.
Décoration des salles de malades. — L'un des soins tout particuliers de M. Pozzi a été d'orner de peintures murales les vestibules (fig. /|4), les galeries, les salles de malades (fig. /|5). Les peintures sont faites sur toiles maroullées et sont ducs h MM. Glairin, Dubufe, Bcllery-Dcsfontaines, Kœnig, Guérin, Thiry, Mathey, Jourdain, Lauzet et Giraud.
Grâce à tous ces concours dévoués et désintéressés.
le service de M. Pozzi a pu allier aux strictes nécessités de l'hygiène moderne la beauté d'un cadre attrayant et artistique ; seul de ce genre en Europe, il devient un modèle que Paris peut convier les nations voisines à imiter.
Annexes du service. — Comme annexes du service, nous ne ferons que mentionner : la lingerie, le vestiaire des malades, le cabinet de la surveillante, le A^estiaire des élèves et enfin le cabinet du chef de service situé à l'entrée de cette partie du service réservée aux opérations et à l'enseignement, et que nous décrirons sous le nom de Pavillon d'opérations.
Pavillon d'opérations. — Le pavillon d'opérations (fig. 46), fermé par une simple petite grille, communicjue directement avec le service. A gauche, en suivant le corridor, se trouve d'aboi'd un box destiné à recevoir le linge sale qui est repris de l'extérieur. Puis est une pièce uniquement réservée aux instruments et au matériel de pansement préalablement stérilisé. Au delà est la salle d'aneslhésie. Au fond s'élève le grand amphithéâtre. A droite sont la salle de stérilisation et la salle d'opérations aseptiques.
Le personnel médical de l'hôpital comprend : 3 médecins, i chirurgien, i chef de clinique, i chel de clinique adjoint, 5 internes, aS externes. Des consultations ont lieu tous les jours, sous la direction des chefs de service, tant pour les maladies vénériennes et cutanées, que pour les alfections gynécologiques.
Hôpital Broussais.
gG, rue Didol [713.27].
Tramway : Montrouge-Garc de l'Est (descendre à I cglisc de Monlrouge, jjrendre la rued'AIésia à droite et la suivre