HOPITAL SAIN T -LOUIS
de chirurgie, sous la direction de médecins et de chirurgiens consultants, d’oto-rhino-laryngologie sous la direction du chef de ce service, cl des consultations spéciales .
Le personnel médical comprend : 8 médecins, i médecin laryngologiste, 2 chirurgiens, i accoucheur, i médecin et i chirurgien consultants, 18 internes, 65 externes et 5 sages-femmes.
Hôpital Saint-Louis.
4o, rue Bichat ( 4 2 2.0/4 1-
Se rendre à la gare de lEst, prendre la rue des Récollets, traverser le canal Saint-Martin et gagner la rue Bichat, — ou aller à la place de la République, prendre la rue Beaurepaire à l’entrce du boulevard Magenta, adroite, traverser le canal et prendre l’avenue Richerand.
Sous le règne d’Henri IV, la peste sévissait avec une intensité telle que l’Hôtel-Dieu, le seul grand hôpital à l’époque, devint rapidement insuffisant. 68000 personnes, dit Ilusson (1), y moururent en 1662. Deux succursales furent créées : l’une fut la Maison du faubourg Saint-Marcel, l’autre fut l’hôpital Saint-Louis, La fondation de ce dernier remonte à l’année «607 : elle se lit grâce aux libéralités du roi et îles bourgeois de Paris. La pose de la première pierre eut lieu en grande pompe le 3o juillet : les constructions, faites sous la direction de l’architecte Claude Ville-Faux sur les dessins de Claude Chaslillon, furent poussées avec une grande activité. Henri IV vint d’ailleurs très souvent surveiller les travaux : il faisait des chantiers un
(r) A. IIusson. — Etude sur les Hôpitaux. Paris, 1862, page i5.
E’Æsculapk. 4i
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but de promenade. A sa mort, l’œuvre était presque achevée. En 1612, l’hôpital fut ouvert. 11 était destiné aux pestiférés et l’architecte avait essayé de réaliser les meilleures conditions possibles d’aération ; Alibert (i) vantait encore la hauteur des plafonds, l’immensité des salles, le nombre et les dimensions des fenêtres.
L’hôpital des pestiférés avait reçu de Henri IV le nom de Saint-Louis parce que ce monarque était mort de la peste.
Ce n’était au début qu’une annexe de l’Hôtel-Dieu qui lui envoya au xvu° siècle ses pestiférés, au xvmc siècle ses scorbutiques et ses convalescents.
A la lin du xviiic siècle, Saint-Louis devint le refuge des maladies chroniques contagieuses ou non : ulcères, gales, scrofules, teignes s’y accumulèrent ; bientôt la spécialisation de l’hôpital, s’accentua plus nettement. Mais c’est du début du xixe siècle que date la renommée aujourd’hui universelle de son Ecole de dermatologie et de syphiligraphic. Cet enseignement qui devait briller d’un si vif éclat fut inauguré par Alibert, nommé médecin de Saint-Louis en 1802.
Il n’a guère été apporté de modifications aux bâtiments : dans la deuxième moitié de ce siècle, on a érigé de nouvelles constructions, mais le vieil hôpital d’Ilenri IV subsiste toujours.
Parmi ces nouvelles constructions, l’une des plus intéressantes est l’Ecole des teigneux qui porte le nom d’école Lal lier. La construction en a été commencée en mai 189F) et l’établissement a été ouvert le 5 juillet 1897. Celte école comprend trois bâtiments distincts : l’un est destiné aux enfants atteints de teigne tondante, le second aux enfants atteints de favus et de pelade, le troisième comprend une infirmerie avec salle commune
(i)Alihekt. Monographie des Dermatoses, 1822. Préface.
Fig. 78. — L’hôpital Saint-Louis au temps d’Alibert (vers 1810).
et chambres d’isolement où trois instilulrices donnent l’instruction aux petits malades : ceux-ci sont en même temps traités mais non logés à l’hôpital.
L’hôpital comprend actuellement \ 35 7 lits, G37 pour les malades de la peau, 327 pour les enfants teigneux, 3 o pour l’inlirmerie de l’école Lallier, a53 pour la chirurgie, 55 pour les accouchements, avec 55 berceaux.
Ces lits sont répartis en six services de médecine spéciale, trois de chirurgie et un d’accouchements.
Il existe en outre des consultations de médecine et de chirurgie tous les matins, sous la direction de consultants et une seconde consultation de médecine spéciale l’après-midi à une heure.
Personnel médical. — Le personnel médical comprend : G médecins, 3 chirurgiens, 1 chirurgien consultant, 1 accoucheur, 4 assistants de médecine, K) internes, 57 externes, 4 sages-femmes.
Ambulances. — A cel hôpital dermatologique est rattaché un service d’ambulances municipales.
Musée. — L’hôpital Saint-Louis possède un musée 11 nique au monde et qui contient plus de 3 000 moulages coloriés représentant tics affections cutanées et syphilitiques. Ces moulages sont l’œuvre de Baretta, un véritable artiste: ils donnent l’impression absolument exacte de la nature et sont pour les dermalologistes une ressource précieuse et introuvable ailleurs qu’à Paris, pour le diagnostic des affections cutanées et syphilitiques. Le chirurgien Péana léguéà ce musée sa collection personnelle comprenant plus de Goo pièces.
Bibliothèque. — Au musée est rattachée une bibliothèque fondée par Foulard et renfermant plus de 10000 volumes ayant trait aux maladies cutanées et s\ phili tiques, à la médecine générale, à la chirurgie, etc.
Le musée èt la bibliothèque, qui sont ouverts tous les jours, devraient être fréquentés par les étudiants qui y trouveraient très rapidement des ou-
INSTITUTION S AINTE-PÉRINE
\ rages qu’ils ne peuvent se procurer qu’à grand’peine à la bibliothèque par trop incomplète de la Faculté.
Institution Sainte-Périne.
il, rue Chardon-Lagache [688.60].
Tramways : Auteuil-Saint-Sulpice (descendre à l’église d’Auteuil et prendre la rue Chardon -Lagache). — Tous les tramways longeant le quai de la rive droite (descendre rue Mirabeau). — Montreuil-Boulogne (descendre au pont Mirabeau; cinq minutes à pied). — Auteuil-Madeleine (descendre rue d’Auteuil).
Au commencement du \i\° siècle, MM. Duchayla et doux installèrent dans l'ancien couvent de Sainte- Périne, rue de Chaillot, une maison de refuge comprenant 100 lits et émargeant à la liste civile (220000 francs) pour les personnes, si nombreuses alors, que la Révolution et les vicissitudes politiques avaient jetées dans l’infortune. Des abus et des désordres s’étant produits dans l’administration delà maison, son existence allait être gravement compromise lorsqu’un arrêté du Ministre de l’Intérieur, en 1807, remit l'hospice entre les mains tle l’Administration des Hôpitaux. Atteinte par le percement dedeux nouveaux boulevards, la maison de Sainte-Périne ne put être conservée à Chaillot: l’Administration la transféra alors àAuteuil et le nouvel hospice fut construit au point culminant d’un parc de 78 65 1 mètres.
Pour être admis à l'hospice, il faut justifier de 5o ans d’âge, d’un domicile dans le département de la Seine, de 600 francs de revenu annuel et payer en outre une pension annuelle de t âoo francs.
L institution comprend 287 lits réglementaires, ainsi répartis: i° infirmerie: 12 lits d’hommes, 22 lits de femmes; 20 vieillards: hommes, 100 chambres par-
ticulières, femmes, 139; 3° Chambres de ménage à 3 lits : 13.
Personnel médical. — Le personnel médical comprend 1 médecin et 1 interne; en outre, un chirurgien est rattaché à l’établissement, en cas d’urgence.
Hospice de la Salpêtrière (1).
4 7, boulevard de l'Hôpital [808.53].
Tramways : Montparnasse-Bastille. — Gare de Lyon-Place de l’Alma (descendre à l’angle du boulevard Saint-Marcel et du boulevard de l’Hôpital, devant la porte de l’hôpital). — Gare d’ Orléans-Gare du Nord.
Omnibus : Square Montholon-Rue Jenner.
La Salpêtrière a été construite par Louis X 1 1 1 , sur la rive gauche de la Seine, dans le quartier Saint- Victor, pour servir d’ Arsenal. Il portail le nom de Petit-Arsenal pour le distinguer du vieil Vrsenal qui était situé sur la rive droite, et qui fut détruit sous le règne de Louis XIII par des explosions successives. Le Petit Arsenal se composait de plusieurs bâtiments, comparables à des granges, où l’on travaillait le salpêtre, d’une petite chapelle, consacrée à saint Denis, et d’un grand château. On donnait le nom de Salpêtrière à cet ensemble de constructions.
Lorsqu’on créa, en 1 656, 1 I lùpitnl général, Louis X1A lui abandonna le Petit-Arsenal qui devint un refuge pour les pauvres. Les bâtiments qui avaient servi à la fabrication du salpêtre, et dont il 11e paraît plus rester actuellement que le bâtiment de la Vierge, furent transformés en dortoirs. Immédiatement après
(1) Louis Boucher. Histoire do la Salpétrière, Thèse de doctoral , Paris, i883.
LA SALPETRIERE
l’édit établissant l’Hôpital général, Mazarin fil à scs frais construire à la Salpêtrière un bâtiment qui porta son nom. En 1669, Louis X1Y lit remplacer la petite chapelle Saint-Denis par une église mieux proportionnée à l’importance de la maison.
Vers i(i84, fut construite, au centre de l’IIopital, la maison de « la Force » où étaient détenues les lilles publiques.
Pendant le xvinc siècle, on y ajouta des bâtiments ' pour les hystériques, les épileptiques.
Les anciennes loges pour les Voiles furent supprimées vers le milieu du xvmc siècle et en partie renouvelées. A l’une des extrémités de l’hôpital où se trouve le parloir de la section Pinel, on peut voir encore le soupirail par lequel on passait le pain aux folles tranquilles. Quant aux folles enchaînées, on leur jetait la nourriture par un guichet, encore très bien conservé et qu’on voit dans la loge située à l’entrée de la section.
En 1790, à la suite des lettres patentes interdisant l’admission des malades de l’I ïôpital général à l’Ilôtel- Dicu, on commença la ' construction des infirmeries de la Salpêtrière, qui furent terminées en 1787. Enfin, le bâtiment des Incurables fut construit de lT$ lx Q797-
A la lin du xviiG siècle, la Salpêtrière offrait, la disposition suivante:
Après avoir franchi la porte d’entrée on se trouvait dans une vaste cour où étaient installées des baraques : à gauche, se trouvaient les ateliers et les logements des ouvriers; à droite, une grille en fer menait dans le bâtiment de Mazarin destiné aux ménages mariés.
Dans la deuxième cour, on arrivait en longeant la chapelle au bâtiment Sainte-Glaire, où se trouvaient l’école des lilles et les ateliers de couture. A gauche, au fond de la cour Montyon, s’élevait un grand bâti-
ment isolé avec des fenêtres grillées : c’était la Maison de F orce. Elle comprenait quatre quartiers, la maison île correction, la Grande Force, pour les captives de distinction, la Prison, cachots horribles renfermant les condamnées de droit commun, rivées au mur, avec des boulets aux pieds, enfin le commun destiné aux prostituées. Les règlements étaient très sévères pour ces dernières. Elles n’avaient qu’un lit pour G per- ' sonnes, mais comme le lit n’en pouvait admettre que 4, deux d’entre elles étaient obligées de dormir sur la terre nue. On les faisait travailler péniblement ; la moindre plainte, la moindre insubordination étaient sévèrement punies : on leur coupait les cheveux, on les fouettait ou bien elles restaient attachées à un poteau toute la journée. De temps en temps, elles se révoltaient et toutes, à un signal donné, poussaient au milieu de la nuit des hurlements, des cris sauvages, qui s’entendaient au loin.
Après avoir quitté la maison de la Force on arrivait dans une cour où étaient d’immenses cuisines. Tout à côté, se trouvaient les bâtiments des épileptiques. Puis, dans les bâtiments du côté nord, existait l’inlirmerie des folles. Les folles étaient traitées comme des bêtes fauves. « Celles qui sont prises d’accès de fureur sont enchaînées à la porte de leur logis, séparées des gardiens par deux grilles de fer, à travers lesquelles on leur passe leur nourriture. Les plus intraitables sont enfermées dans les liasses loges, qui ne reçoivent d’air et de jour que par le guichet dont la porte est percée à cet effet. »
Immédiatement après le quartier des folles se trouvaient les infirmeries des paralytiques, des estropiées, des incurables.
Pendant la Révolution, le Conseil général put constater que le tableau fait par les contemporains, tels que Camus, La Rochefoucauld-Liancourt, de l’état de la population et des bâtiments de la Salpêtrière
LA SALPETRIERE
n’avait rien d’exagéré; aussi, s’empressa-t-il d’introduire des réformes qui furent rapidement réalisées.
Fig. 7/1. — Pinel.
Le traitement des aliénées fut organisé en 1807, époque vers laquelle on supprima les chaînes, les carcans, les fers aux pieds. Les bâtiments, trop an-
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ciens furent démolis ou reconstruits ; en i8i5, le grand bâtiment des épileptiques fut complètement restauré ; en 1 8 1 8 , les basses loges furent supprimées et remplacées par des salles, des pavillons et de petites cellules bien éclairées. Toute une série d’autres améliorations ont été successivement laites. En i8a3, l'hospice prend le nom d’Hospiec de la Vieillesse-Femmes.
Actuellement la Salpêtrière est rétablissement hospitalier Je plus considérable de l’Europe. S’étant agrandi successivement à différentes époques, on y voit, à côté de majestueux édifices contemporains de Louis XIV, se dresser des bâtiments modernes beaucoup moins luxueux et moins ornés, mais mieux disposés pour l’hygiène des malades. Le tout est, séparé et réuni par de nombreuses rues et places donnant à l’ensemble l’aspect d’une petite ville.
Comme hospice, comme asile d’aliénés, comme école de neuropathologie, la Salpêtrière a acquis aujourd’hui une réputation européenne, grâce surtout aux médecins célèbres qui ont illustré 1 hôpital.
C’est de Pinel que datent les premières leçons qui ont été données en France sur les maladies mentales, leçons faites à quelques élèves que Pinel réunissait chez lui. Esquirol, collaborateur de Pinel, fut le premier à professer un cours public de clinique des maladies mentales.
Actuellement 1 hospice de la Salpêtrière comprend 38i2 lits ainsi répartis: vieillards et infirmes, 2 438: épileptiques, 1 63 ; reposantes (personnel secondaire retraité), i i i : maladies nerveuses, 6o ; chirurgie, 37 : infirmerie, i36; aliénées, 6o/|. Il existe en outre 40 lits d’hommes pour maladies nerveuses et 4 pour all’cctions chirurgicales, plus pour les enfants, 120 lits (l’aliénés, 20 d’incurables, 25 d’épileptiques et Go pour l’école de réforme (tilles mineures, enfants assistées ou moralement abandonnées).
G5a HOSPICES ET HOPITAUX DE P APIS
Ces lit s sont répartis en deux services de médecine, un de chirurgie, trois d’aliénation mentale.
Institut, municipal d Electrothérapie. — Il existe en outre un institut municipal d’électrothérapie, fondation de la ville de Paris, et un service d’électrothérapie dépendant de la Clinique Charcot, un laboratoire central de radiographie et des services de consultations de médecine, plus spécialement réservées aux maladies nerveuses et mentales, et de chirurgie.
Pavillon Osiris. — Récemment a été construit un pavillon de chirurgie, dit pavillon Osiris, du nom du bienfaiteur qui en a assuré l’édification.
Personnel médical. — Le personnel médical comprend : (i médecins, i chirurgien, i r internes et externes.
Ecoles. — La Salpêtrière comprend en outre i" l’école de réforme pour les filles mineures, les enfants assistées et moralement abandonnées; 2° une école professionnelle d’infirmières qui a été fondée par le I)1' Bourncville le i"r avril 1898.
Clinique Tarnier.
89, rue d' Assas (8 1 1.91].
Omnibus : Montrouge-Gare de l'Est (descendre à l’Observatoire).
Tramway : Bastille-Montparnasse (descendre à l’Observatoire).
La clinique Tarnier a eu son origine primitive dans I hôpital des Cliniques. La martinière, chirurgien de Louis XV, cul l’idée de fonder un hôpital où l’on enseignerait aux élèves la clinique médicale, chirurgicale et obstétricale. L’hôpital des Cliniques (fig. 10, p. 55) lut installé dans les bâtiments de l’ancien couvent des. Cordeliers, près de l’Ecole de médecine, aux