‹ L'AesculapeChapitre 180 sur 249 · HOPITAL S A INT- A N T 0 1 N Ë · texte numérisé non relu

HOPITAL S A INT- A N T 0 1 N Ë

nocent 111 (1210) accorda des indulgences à ceux qui visiteraient l'abbaye le lendemain de Pâques et qui « v aumosneroienl de leurs biens ». En 1220, l’excommunication est prononcée contre tous ceux qui essaieraient de soustraire les biens de l’abbaye; en 1227, Saint-Louis fait don de 2 < ) t arpents et de deux maisons situées à Paris; en 1282, Guillaume, évêque de Paris, accorde des indulgences de 21 jours à ceux qui donneraient à l’abbaye des secours pécuniaires. L'année suivante ( 1233) est construite l’église abbatiale, édifice du plus pur gothique, en forme de croix latine, surmonté, au point d’intersection de la nef et du transept, d’une tour octogonale. La fondation de cette église est due, pour les uns, au seigneur de Saint- Mandé, pour les autres, à la reine Blanche en l'honneur de la naissance de son fils (saint Louis). L’église abbatiale fut détruite par la Révolution.

En 1 356, lors de la Jacquerie, les religieuses abandonnèrent l’abbaye trop exposée aux mauvais coups des paysans en révolte et se réfugièrent dans Paris.

L’année i368 voit la création de l’hôpital Saint- Antoine-le-Petit, qui fut installé dans le manoir delà Saussaye confisqué par Charles V, et qui fut dirigé par les religieux de l’ordre de Saint-Antoine. Ceux-ci ayant contesté les droits des abbesses de Saint-Antoine, leurs' voisines, durent faire une rétractation pu blique.

Lors des luttes de Louis XI contre la Ligue du Bien public, les ambassadeurs des deux partis se réunirent à Saint-Antoine pour discuter les préliminaires de la paix (i/|65); les négociations n’eurent d’ailleurs aucun résultat.

Charles-Quint, lorsqu’il se rendit dans son royaume des Pays-Bas (i5ôo), lit une halte à l’abbaye Saint- Antoine avant de pénétrer dans Paris et il y reçut les ciels de la ville des mains des échcvins.

Le faubourg Saint-Antoine fut témoin de troubles graves en i5yo, lors du siège de Paris par Henri IV. Ce dernier avait fortifié l’abbaye Saint-Antoine et ses soldats y tenaient garnison ; Je chevalier d’Aumale leur livra bataille et parvint à les déloger: dans cette affaire tout fut saccagé: chappes, calices, reliquaires. Mais Paris commençait à manquer de vivres et le duc de Mayenne ne venant pas à son secours, on députa auprès d’IIenri I\ le cardinal de Gondy, l’archevêque de Lyon et le curé de Saint-Séverin, dans le but de négocier la paix: l’entrevue eut lieu à Saint-Antoine : elle échoua, Henri IV refusant de se convertir au catholicisme.

En i65a, pendant la Fronde, l’abbaye fut de nouveau saccagée ; ce lut la « journée de Saint-Antoine » où Turenne livra bataille au prince de Coudé. A la suite du pillage de l’abbaye, les religieuses se réfugièrent quelque temps à Paris.

\ ers 1G70, la puissance de l’abbaye était si grande qu’elle tenait en ses mains le monopole de la vente des viandes de boucherie dans le faubourg, monopole confirmé par édit royal. Le faubourg commençait à être très pcyuplé : ce n’était donc pas un mince privilège que détenaient les religieuses.

En 1 76/1, une partie des bâtiments fut reconstruite sur les dessins de J architecte Lcnoir, dit le Romain: sur Ja façade sud de l’hôpital, on lit encore aujourd’hui 1’ inscription consacrant l’achèvement de ces nouvelles constructions (1767).

Une loi de 1791 transforma l’église abbatiale de Saint-Antoine en église paroissiale du quartier de la barrière du Trône. Quant à l’abbave, elle fut supprimée : dans scs bâtiments furent installés des magasins pour les subsistances militaires.

Enfin, en 1 7 q5 , le 17 janvier, la Convention nationale décréta la transformation en hôpital de l’ancienne abbaye de Saint-Antoine ; ce même décret

HOPITAL SAINT-ANTOINE C3g

transformait aussi en hôpital la ci-devant maison Beau j on : Saint-Antoine eut 160 lits, Bcaujon 80.

Les services du nouvel hôpital furent installés par Clavareau, architecte des hospices civils. Les travaux furent rapidement menés: l’église abbatiale fut vendue et démolie (2/1 sep. 179b), les terrains de l’abbaye furent aliénés, des voies nouvelles ne tardèrent pas à les utiliser. Finalement, on ne conserva de l’abbave que les constructions faites en 1767 par Mme de Beauvau-Craon, dernière abbesse de Saint-Antoinedes-Champs.

Le nouvel hôpital s’appela successivement hospice du faubourg Antoine, hospice de l’Humanité, hospice de l’Est, entin hôpital Saint-Antoine.

Les débuts du nouvel hôpital ne paraissent pas avoir été très heureux : à plusieurs reprises les malades se plaignirent de l’insuflïsancc de la nourriture et du chauffage et la mortalité était élevée. Cependan t le nombre des lits allait sans cesse en augmentant : à l’ouverture, il y en eut 200; en 181 5, il y en eut 25o: en i844, 3ao; en 1867, 5p4 ; en 1887, 706; en 1899, 897.

De nouvelles constructions ont été ajoutées aux anciennes : pharmacie, pavillon de bains, cuisines; en 1809, un premier et, en 1862, un second pavillon de malades; en 1870, huit baraques en bois dont quatre furent consumées en 1877 : plus récemment, le pavillon Moyana, le pavillon Gosselin, le bâtiment des internes en médecine, enfin Je service d’accouchements.

Signalons en terminant le zèle et le dévouement remarquables dont firent preuve le personnel médical et administratif de l’hôpital Saint-Antoine dans plusieurs circonstances mémorables : les journées de juillet i83o, février et juin 1848, décembre 1 85 1 (1),

(1) Baudin fut apporté mourant, à l’hôpital, le 3 décembre 1 85 1 : il n'y resta d’ailleurs que quelques heures.

G/,o HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS

enlin pendant la Commune (1871), et d’une façon générale pendant toute la' guerre. Pour ne citer qu’un exemple : au moment des batailles de Champigny, i45 blessés militaires lurent admis à l'hôpital le ier décembre, ce qui n’empèclia pas les médecins de donner leurs soins, le lendemain, à 101 nouveaux entrants.

Au point de vue hygiénique, Ions les anciens bâtiments qui composent la majeure partie de l’hôpital sont dans un état déplorable. Seuls le pavillon Moyana, le pavillon Gosselin, méritent une visite.

Plus intéressants sont les services d 'accouchements et de laryngologie.

Le premier a été édifié suivant toutes les règles de l’hygiène hospitalière moderne et on ne peut lui reprocher que d’être comme toutes les maternités nouvelles, d’un prix de revient élevé et d’un entretien très coûteux.

Le service de laryngologie, tout aussi parfaitement aménagé dans d’anciens locaux, intéressera davantage le médecin soucieux d’avoir à bon compte d’excellentes installations : on trouvera, en effet, dans ce service, toutes les dépendances qui sont nécessaires pour le bon fonctionnement de l’art laryngologique, et on pourra remarquer qu’aucune d’elles n’est luxueuse, qu’aucune d’elles 11’est difficile à établir, qu’aucune d’elles 11’esl d’un entretien délicat ou dispendieux.

Vctuellcincnt l’hôpital comprend qoo lits: 554 pour la médecine, 1 4 5 pour la chirurgie, 65 pour l’obstétrique, 56 berceaux cl ao lits de crèche pour les enfants et ao pour les mères, 4 de nourrices et 4 berceaux, et 3a lits pour la laryngologie.

Ces lit s sont répartis en fruit services de médecine, deux de chirurgie, un d’accouchement, un d’otor! n n o-l a r y n gologie .

11 existe en outre des consultations de médecine.

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L’Hôpital Saint-Louis au xvn* siècle (Fac-sim

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le gravure de l’architecto de l’Hôpital, Claude Chàtillon).

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