CONCOURS DES HOPITAUX
Médecins, Chirurgiens, Accoucheurs,
Ophtalmologistes et Oto-rhino-laryngologistes.
'fout le personnel médical des hôpitaux est recruté au concours, depuis l’externe et l'interne, jusqu’au chef de service.
Ce système de nomination par le concours, admis de tous comme un bon moyen de recrutement pour l’externe et l’interne, n’est pas, aujourd’hui surtout, à l’abri de critiques quant à la nomination des chefs de service, médecins, chirurgiens, accoucheurs, ophtalmologistes, oto-rhino-laryngologistes.
11 faut avouer que beaucoup de ces critiques sont fondées ; si la nomination par le concours, malgré ses imperfections, paraît en principe préférable au simple choix à beaucoup d’esprits éclairés et libéraux, ce n’est qu’à la condition expresse que le concours soit adapté aux exigences scientifiques du temps. Or, tel qu’il existe aujourd’hui, le concours a vieilli ; il n’est plus en rapport avec les méthodes modernes de travail. On l’accuse, avec raison, de s’appuyer trop sur la mémoire, de ne pas donner une part suffisante à l’originalité du candidat; on l’accuse, avec justice, d’exiger une préparation exagérément longue et fastidieuse et de comporter des épreuves d’un autre âge. Aussi bien, de nombreuses tentatives de réformes dans le sens de la simplification des épreuves et de leur modernisation ont-elles été formulées et quelques-unes tentées ; mais, il faut l’avouer, le résultat obtenu est nul et la raison de cet insuccès tient à ce qu’on n’a jamais osé toucher au fond [ du système. Moderniser le concours veut dire : substituer les épreuves de titres aux épreuves de mémoire ; hors de là, toute modification du règlement est superficielle et scientifiquement d’aucun intérêt.
En ce cpii concerne le concours de Médecine, en particulier, furent introduites en 1899 des modifications sur lesquelles on comptait beaucoup; mais comme elles portaient plus sur la forme que sur le fond elles n’ont naturellement pas donné les résultats qu’on en attendait. Letulle formulait alors, en des termes que nous croyons intéressant de reproduire intégralement, des critiques qui n’ont rien perdu de leur actualité.
« La question est de savoir si la formule actuelle est la meilleure, sinon la plus simple.
O11 connaît l’ordre et la nature des épreuves imposées à tout candidat au Bureau central. Le concours consiste en deux séries d’épreuves bien distinctes: i° épreuves d admissibilité ; 20 épreuves définitives .
CHEFS DE SERVICE
I. — Le concours commence par une composition écrite , commune à tous les candidats ; le jury propose un sujet de pathologie médicale comportant réglementairement un chapitre d’anatomie pathologique. Trois heures sont accordées aux candidats pour la rédaction de leur travail ; aussitôt commence la lecture des copies, après tirage au sort.
La seconde épreuve est une épreuve clinique à l’hôpital. Chacun des candidats, à tour de rôle, après tirage au sort, examine, pendant quinze minutes, un malade choisi par un jury, et vient aussitôt exposer pendant un quart d’heure, en public, son diagnostic, son pronostic, et le traitement qu’il propose.
C’est après cette épreuve, extrêmement aléatoire, qu’a lieu la sélection spéciale qu’on appelle Y admissibilité .
IL — Quel qu’ait été le nombre des candidats de la seconde épreuve, l’admissibilité ne conserve qu’un nombre fixe de candidats, proportionnel à celui des places mises au concours. La règle est d’accepter dix candidats s’il y a trois places au moins, douze s’il y en quatre, quinze s il y en a cinq et dix-huit s’il y en a six.
Voilà donc des candidats admissibles aux dernières épreuves dites définitives, qui sont au nombre de trois.
«) Une épreuve orale, théorique sur un sujet de pathologie médicale. Après vingt minutes de réflexion, le candidat fait une leçon en public pendant vingt minutes.
b ) Une épreuve clinique sur un malade: vingt minutes d’examen et vingt minutes de leçon.
c) Une consultation écrite sur un malade : quinze minutes d’examen et trois quarts d’heure de rédaction.
111. — Telle est, rapidement esquissée, la physionomie générale des épreuves. On voit, par conséquent, que pour arriver jusqu’à la fin du concours et se Irouver en ligne, il faut non seulement posséder une instruction solide et un grand sens clinique, mais encore rencontrer une série continue de hasards favorables.
En effet, et c’est là un des côtés les plus défectueux du mode de recrutement actuel, tous les candidats sont, au début du concours, sur un pied d’égalité parfaite : le nombre des concours déjà subis, les demi-succès déjà obtenus et dont la cote n’est qu’approximativement fournie par le nombre des admissibilités antérieures, rien 11e compte avant l'épreuve.
On dira bien, et nombre de nos collègues répètent à satiété, que la composition écrite placée au commencement du
concours, ne saurait nuire en aucune façon aux anciens candidats, pas plus qu’elle ne favorise les nouveaux.
A cela, le plus grand nombre des juges répondent : La préparation incessante d’une composition écrite annihile, ou du moins immobilise pendant des mois la masse des candidats. Ces candidats sont des médecins de valeur ; beaucoup d’entre eux voudraient, en dehors de leur vie professionnelle (à laquelle ils sont bien obligés de sacrifier chaque jôur de longues heures), faire quelque chose pour leur avenir, travaillerau laboratoire, préparer, dansla mesuredeleursmoyens, leurs titres scientifiques. Or, apprendre par cœur les idées théoriques des auteurs, fabriquer des plans de conférence, s’user dans la contemplation stérile des doctrines médicales régnantes, est-ce là une bonne préparation au poste que ces jeunes gens convoitent ? Il suffit de poser la question.
Le candidat déjà prêt, médecin instruit, digne d’être nommé, capable d’efforts sérieux et productifs, se trouve, grâce au mode actuel de recrutement, obligé de repasser ses questions plusieurs semaines, plusieurs mois avant la première épreuve. Et les concours se multiplient ; et les années fuient, apportant avec l’âge l’écœurement de cette existence chroniquement éteinte, de cette vie d’attente, fiévreuse pendant les épreuves, découragée dans les intervalles, en raison de chaque nouvel insuccès. Pour ma part, que de confessions douloureuses déjà reçues, que de plaintes entendues, formulées non contre les juges ni contre les injustices plus ou moins flagrantes, sinon inévitables des jurys, mais contre la stérilisation des candidats !
Le mal, tout le monde le reconnaît; nous en souffrons tous, juges aussi bien que candidats. Y a-t-il un remède ?
La preuve la plus tangible de cet état de souffrance, je la trouve dans les modifications même apportées, il y a une dizaine d’années, à l’ordre des épreuves du concours des hôpitaux (médecine). Jadis, la première était l’épreuve clinique, la plus terrible de toutes, puisqu’on y jouait sa nomination sur une erreur de diagnostic.
Les aléas de cette épreuve, et surtout (je le crois du moins) le nombre formidablement croissant des candidats, la firent rejeter au second plan et l’on décida de commencer par la composition écrite, jusque-là réservée aux seuls admissibles.
Mais, comme l’échec peut être absolu dès la première épreuve, les candidats n’ont-ils pas raison de préparer avec
CHEFS DE SERVICE
un courage aveugle cetlc leçon théorique ? Du coup, voilà tous nos candidats transformés en concurrents à l'agrégation ! Ils savent par cœur des milliers de noms propres ; aucune des théories pathogéniques les plus modernes n’aura de secrets pour eux. En attendant, ils oublient la médecine et la clinique, pour laquelle, après tout, ils devraient être le mieux préparés en leur qualité de futurs médecins d’hôpital. La clinique est ainsi forcément délaissée, et la deuxième épreuve y perd d’autant.
Ironie du sort, depuis que la formule du concours des hôpitaux est de la sorte transformée, le concours pour l’agrégation s’est modifié en sens inverse ! L’épreuve .écrite, la grande épreuve, jadis la première du concours, a été supprimée, pour cette raison péremptoire que les candidats à l’agrégation, perdus dans la préparation théorique et littéraire de la composition écrite, abandonnaient les travaux scientifiques et désertaient les laboratoires.
Le paradoxe est criant : les candidats au Bureau Central doivent être plus théoriciens, plus scholastiques que les candidats au professorat.
IV. — Ceci dit, car je ne veux pas développer outre mesure le thème, voyons le remède à proposer. Tout d’abord, une remarque préalable, que je ne me crois pas autorisé à faire trop cruelle : il est utile et même urgent de songer à une réforme ; tous les juges des concours récents sont d'un avis unanime à cet égard.
Donc, réformons ; mais tâchons de ne pas aggraver la situation, déjà déplorable, faite à nos candidals. Songeons qu’ils sont la lleur de notre corporation, puisque l’avenir est entre leurs mains.
Ici, je parle en mon seul nom ; mes projets sont discutables, acceptables ou impossibles, ce sera à notre Société médicale des hôpitaux et à l’Assistance publique de les juger. Il faut trouver un moyen qui, sans allonger le concours outre mesure, assurerait à nos candidats une vie de travail possible, en même temps qu’elle ne bouleverserait pas à nouveau les éléments du concours. Voici un projet que plusieurs de mes collègues n’ont pas trouvé mauvais :
Le nombre des candidats au Bureau central augmente chaque année dans des proportions singulières. Parmi ces candidats, un certain nombre ont été une ou plusieurs fois admissibles ou encore ex æquo d’admissibilité (ce qui veut
dire qu’ils ont obtenu, à un oti plusieurs concours, un point identique à celui du dernier admissible). Malgré la meilleure volonté possible, les juges, condamnés à écouler les 60 ou 70 copies écrites sur un meme sujet, se fatiguent ; ils exposent la cote de l’épreuve à des oscillations fâcheuses, dangereuses surtout pour les dernières lectures.
A un autre point de vue, il est sage de se demander si la justice est équitablement satisfaite quand les candidats qui ont déjà fait leurs preuves, je veux dire qui sont allés précédemment jusqu’à l’admissibilité, sont exposés, comme des débutants, aux fluctuations d’une cote plus ou moins mal taillée. S’il 11’en est pas ainsi, si la copie d’un ancien est assurée d’une note suffisante, quelle que doive être la valeur de l’épreuve, à quoi bon exiger cette feinte égalité ? Pourquoi ne pas accepter, d'emblée, une distinction fondamentale entre les candidats antérieurement admissibles et les non encore admissibles P
Telle est la base de la réforme que plusieurs d’entre nous proposent.
Faire du recrutement des médecins des hôpitaux un concours à deux degrés, basé sur le nombre des admissibilités antérieures : i° Prendront part au concours d’admissibilité tous les candidats non encore admissibles ou n’ayant obtenu jusqu’alors qu’un ex æquo d’admissibilité ; 11e prendront part au concours de nomination que les admissibles.
Le choix devant se faire parmi ces derniers, ce procédé assure aux candidats ayant failli déjà arriver une récompense qui leur comptera effectivement, il les débarrasse des angoisses inutiles des premières épreuves et, leur garantissant davantage l’avenir, leur permet de travailler dans l’intervalle des concours autrement et mieux que par le passé.
Nous entrevoyons dans cette disposition des épreuves plusieurs avantages pour les candidats : moins de temps perdu, une appréciation plus équitable de leurs efforts. J’ajoute qu’il serait facile, avec un peu de bonne volonté, d y mettre aussi plus d’impartialité obligatoire pour les membres du jury.
Voici comment : Supposons que trois places de médecins des hôpitaux soient aujourd’hui vacantes. Le concours est ouvert : les candidats jusqu’à présent admissibles y prennent part. Ils subissent avec une rapidité qui peut être jugée par un petit nombre de séances, par conséquent en moins d'un
CHEFS DE SERVICE
mois, les trois épreuves actuellement établies pour l’admissibilité. Les nominations sont dès lors faites.
Y. — Alors commence la 3e série du concours, c’est le concours d’admissibilité ; il y a, je suppose, neuf places d’admissibles à donner ; les 65 ou 70 candidats encore non admissibles y prennent part.
Quelle que doive être la teneur de ce concours, et puisque l’épreuve écrite est exigée (à tort selon moi), que l’épreuve écrite commune à tous soit autant que possible anonyme .
Le même jury, celui qui vient de fonctionner, ou un nouveau jury propose le sujet ; les candidats composent et la lecture des copies numérotées au hasard est faite par une commission spécialement constituée, 11 suffirait que les candidats aient le droit de recopier leur composition le lendemain de l’épreuve pour que la lecture en soit matériellement facile. La copie est anonyme, n’a qu’un numéro d’ordre ; les lecteurs qui sont des juges choisis et capables, rétribués au besoin largement, donnent leur cote, qui fait loi ; une séance publique permet au jury de prendre connaissance des noms des candidats ayant obtenu les meilleures notes et la deuxième épreuve commence aussitôt.
Voilà donc 35 ou 4o candidats appelés à subir la deuxième épreuve. Quelle sera cette deuxième épreuve d’admissibilité? Faut-il faire une leçon théorique sur un sujet de pathologie ? Ne vaudrait-il pas mieux proposer aux candidats une épreuve clinique semblable à la deuxième épreuve actuelle (examen d’un malade et leçon d’un quart d’heure) Cette seconde hypothèse me paraît préférable, en ce sens qu’elle forcerait les candidats à la gymnastique la plus favorable au développement et au perfectionnement de leurs qualités de cliniciens. Les trois premiers seraient déclarés admissibles et auraient le droit de prendre part au prochain concours de nomination.
Ce concours d’admissibilité pourrait être terminé en douze séances, c’est-à-dire en un mois, y compris, bien entendu, la durée de la lecture des copies. Ainsi réunis, les deux concours ne dépasseraient pas deux mois, comme actuellement notre concours unique. Les travailleurs, un fois admissibles, n’auraient plus qu’à s’entretenir dans la clinique hospitalière et pourraient donner le meilleur de leur temps et de leurs efforts à la préparation de travaux originaux, de •recherches personnelles.
Nous ne verrions plus ces cohortes de vétérans respoc- L’Æscui.apk. 18
tables, condamnés à repasser, comme dos jeunes, leurs questions, à l’instar des candidats à l’internat.
On saurait dans le monde des médecins d’avenir qu’après l’admissibilité les aléas sont moindres, la première étape une fois franchie.
Tout le monde y gagnerait, candidats et juges: les premiers par le sentiment de leur demi- nomination, sitôt l’admissibilité acquise, les derniers par la certitude d’un choix plus précis, le nombre des candidats à la nomination étant plus restreint. Enfin, la corporation tout entière y trouverait un bénéfice, en relevant à ses propres yeux l’appréciation des efforts déjà récompensés et en assurant enfin aux générations qui nous suivent tous les éléments d’impartiale justice qu’elles attendent de nous.
Les réformes de i8<)<) n’ont donné satisfaction ni aux juges, ni aux candidats. Depuis lois le jury a changé son procédé de scrutin ; cette modification ne semble pas avoir été bien heureuse et aujourd’hui encore une commission de réformes prépare un nou- \eau programme.
Tableau synoptique des concours depuis 1872:
Médecine.
Nombre
Nombre
Années
de
candidats
de
places
Candidats nommés
f Fcrnet, Lecorché,
) Damaschino,
) Martineau, Hayem,
l Ferrand.
^ Rigal. Audhoui, ( Duguet.
i Gérin-Rose, d’IIeilly, { Lépine.
Grancher, Liouville.
Dieulafoy, Straus.
CHEFS DE SERVICE
Années
Nombre Nombre
de de
candidats places
Candidats nommés
Gouguenheim, Hallopeau, Debove, Leroux, Rendu, Gouraud.
Tenneson, Raymond, Landrieux, Quinquaud, Sevestre, Huchard.
GO
Troisier, Joffroy, Labadie-Lagrave, Landouzy, Rathery, Hutinel
Si
Gaillard- Lacombe, Hanot, Ducastel, Homoble,
Dreyfus B risac, Mou tard-Martin .
Danlos, Gingeot,
G u fier,
Robin, Roques, Balzer.
Moizard, Déjerine.
Gombault, Tapret, Barth.
Letulle, Chauffard,
Oulmont, de Beurmann, Muselier, Brissaud, Merklen, Faisans, Talamon, Ballet, Brault.
GO
GO
CJT
Barié, Renault, Brocq, Comby, Chantemesse.
Nombre
Nombre
Années
de
de
candidats
places
GG
îl ’
Candidats nommés
llirtz, Gaucher.
t Josias, Jühel-Rénoy,
| Martin.
Marie, Netter, Gilbert.
Dreyfus, Petit, Yariot.
f Babinski, Charrin,
< Siredey, Richardière,
( Thibierge, Gaillard.
f Mathieu, Delpeuch,
< Lermoyez, QEttinger,
( Le Gendre.
Bourcy, Roger, Marfan.
f Gilles de la Tourette,
) Béclère, Giraudeau,
I Achard, Lebreton,
V Widal.
f Darier, Thoinot,
< Girodc, Ménétrier,
( Duflocq, Queyrat.
Vaquez, Launois, l Wurlz, Guinon, Morel- I Lav ail ée, Dalché, Klippel, ' Toupet, Barbier.
iJeansclrae, Fiorand, Jacquet, Lesage, de Gennes, Gourtois- Suffit.
$ Lion, Le Noir, Mosny,
} Rénon, Gaussade, Claisse.
CHEFS DE SERVICE
Années
Nombre
de
candidats
Nombre
de
places
Candidats nommés
Thiroloix, Triboulet, Souques.
Dupré, Aviragnct, Lamy, Teissier, Iludelo, Legry.
Brühl, Renault, Soupault, Bezançon, Gouge t, Macaigne.
Enriqucz, Belin, Dul'our, Claude.
Marie (René), Auclair, Labbé (Marcel), Fournier, Apert, Berge.
Chirurg
ie.
Le Dentu, Périer, Th. Anger.
Terrier, Delens.
Nicaise,
Lucas-Championnière.
Gillette.
Terrillon, Marchand.
Berger, Monod, Pozzi.
Humbert, Peyrot, Bouilly, Blum.
Reclus, Bourdon.
a78 HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS
Années
Nombre
de
candidats
Nombre
de
places
i ll
CO
ce
CO
oc
iG
NM
oc
Candidats nommés
Kirmisson. Schwartz.
Duret, Reynier, Hcnriot.
Segond, Quénu.
( Gampenon. Jalaguier,
( Nélaton, Prengrueber.
Brun, Routier.
Marchant, Bazy.
Tuffier, Picqué.
Michaux, Chaput.
Ricard, Poirier.
Broca, Walther.
Lejars, Potherat.
Guinard, Hartmann.
Delbet, Rochard.
Albarran, Beurnier.
(> Sébileau, Faure.
I Demoulin, Legueu.
S Lyot, Arrou, Rieflel.
( Yillemin.
(, Chevalier, Mauclaire.
'( Thiéry, Guillemain.
t Morestin. Souligoux.
\ Glantenay, Bougie.
Launay, Auvray.
CHEFS DE SERVICE a 79
Années
Nombre Nombre
de de
candidats places
Candidats nommés
Riche, Marion.
Michon, Savariaud.
Robineau, Ombredanne
Accouchements .
iG
(Budin, Porak, Pinard ^Ribemont.
IO
Maygricr, Bar.
Champetier de Ribes.
CJ*
Doléris.
Auvard.
Bonnaire.
Boissard.
Lepage, Varnier.
Lissier, Potocki.
Demelin.
^ BoufFe-de-Saint Biaise, l Baudron.
Brindeau.
Ophtalmologie.
Morax.
Oto-rhino-laryngologie.
Lombard (Etienne).
28o HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS
Si, d’autre part, on établit la proportionnalité par an entre le nombre des concurrents et celui des can-
didats nommés, on voit que cette proportionnalité n’a pas varié autant qu’on pourrait le croire.
Médecine.
CO
lS97
i/ii.
GO
Chu
'urgie.
GO
to
oo
GO
Ophtalmologie .
Oto-rhino-laryngologie.
iüo? 1/8.
cabinet des médecins de l’hôpital de la Charité
CHEFS DE SE H VICE 2 83
El par périodes de cinq années on obtient :
r/II.
Médecine.
i/ii
CO
OO
Chirurgie.
OO
oc
oc
Le nombre des places données aujourd’hui et il y a vingt ans esl donc proportionné, à peu près de la même manière, au nombre des candidats. Mais, jusqu’en iqoo, le mode de recrutement n’ayant pas varié, le résultat a été obtenu par une multiplication des concours, d’où un supplément d’énervement et de fatigue pour les candidats.
En Médecine, de la période de 1875 à 1880, l’heureux élu a concouru en moyenne 6 fois. De 1890 à 1895, le même privilégié a concouru 10 fois. Sur a5 candidats nommés de la première période, 10 ont concouru moins de 6 fois ; sur 26 à la seconde, 2 seulement ont concouru moins de G fois. En Chirurgie, c’est à peu près la même chose.
Plusieurs candidats sont arrivés après 16 et 17 concours. Rappelons, enfin, le cas d’un de nos maîtres les plus estimés qui fut reçu ex-æquo troisième avec un de scs collègues : étant le plus jeune, il ne lut pas nommé. Au concours suivant, il se représenta, mais fut refusé.
Au concours de Médecine en 1902, les candidats sont dans l’étal suivant :
L’ancienneté est déterminée par la date à laquelle les candidats ont passé leur thèse.
Trois d’entre eux seulement sont docteurs d’avant 1890: l'un de i885, un autre de 1887, le troisième de 1889. Un seul est de 1890: aucun de 1891, deux tle 1892. Ce qui lait, en somme, six candidats, docteurs depuis plus de dix ans.
La grande majorité a donc moins de dix ans de doctorat. Et, si l’on entre dans le détail, on voit cjue deux sont docteurs de i8p3, cinq de 1894, six de 189.0, sept de 1896, neuf de 1897, neuf de 1898, onze de 1899, onze de 1900.
Mais l’année du doctorat ne donne pas le nombre d’années depuis lequel le candidat concourt. Les règlements de l’Assistance publique de Paris portent, en effet, que pour être admis à concourir au titre de médecin des Hôpitaux, le candidat doit avoir cinq années de doctorat, à moins qu’il ail passé quatre ans comme interne dans les Hôpitaux, auquel cas une année de doctorat seulement est exigée.
Depuis bien longtemps, il 11’est pas arrivé au grade de médecin des Hôpitaux un seul docteur qui n’ait pas été interne; il en est de même d’ailleurs parmi les accoucheurs; parmi les chirurgiens, deux sont simples docteurs: l’un a appartenu à l’armée, l’autre à la marine. On peut donc dire que le corps médical des Hôpitaux ne fait qu’un an de stage de doctorat. Par conséquent, pour calculer depuis combien d’années les candidats concourent, il n’y a qu’à enlever un an au ch i lire qui représente la différence entre cette année-ci, 1902, et l’année de doctorat.
On verra alors qu’un candidat concourt depuis seize ans; un depuis quatorze ans ; un depuis douze ans; un depuis onze ans; deux depuis neuf ans; deux depuis huit ans. A partir de ce moment les chiffres augmentent, et montrent que cinq candidats concourent depuis sept ans: six depuis six ans; sept depuis cinq ans; neuf depuis quatre ans; dix depuis trois ans; quatorze depuis deux ans. Enfin, huit
CHEFS DE S ER VICE
candidats se sont fait inscrire cette année pour la première lois.
Dans ces diverses périodes de temps, combien de concours les candidats ont-ils eu à subir?
Dorénavant, le calcul sera simple, puisqu’il n’y a plus qu’un concours par an. Mais ce nouveau règlement est de date récente; auparavant, il y avait presque continuellement des concours: l’un était à peine terminé, qu’un autre était bientôt annoncé. On trouvera donc pour les candidats un chiffre de concours plus élevé que celui des années où ils ont concouru depuis leur doctorat.
Ceci étant, on voit (pie trois candidats ont fait plus de 20 concours, à savoir: un 2G concours; un 22 ; un 21. Cinq candidats en ont fait i5 à 20. Ayant fait de roà i5 concours, on trouve onze candidats; dix-huit de 5 à 10 concours; vingt-trois de 2 à 5. Enfin huit candidats sont à leur premier concours.
Combien, sur les soixante-six candidats, y en a-t-il <jui aient été antérieurement admissibles?
Quatorze ont d’anciennes admissibilités, sur lesquels cinq en ont plusieurs et neuf n’en ont qu’une.
Des cinq candidats ayant plusieurs admissibilités, l’un en a eu 6 sur 26 concours; deux en ont eu 3, l’un sur 17, l’autre sur 18 concours; deux en ont eu 2, l’un sur 12, l’autre sur 21 concours.
Des neuf candidats ayant une seule admissibilité, un seul n’a que 2 concours, un en a 3, un autre en a L \ , tous les autres ont 8, 9 et même 12 concours.
A côté des admissibles, il faut placer un certain nombre de candidats qui ont bien obtenu dans certains concours le point d’admissibilité, mais qui n’ont pas été proclamés admissibles, parce que le nombre de places était atteint avant qu’on soit arrivé à leur rang d’ancienneté.
On peut noter les noms de 17 candidats ayant été
dans ccs conditions : deux s’y sont trouvés 3 fois, quatre i fois, les autres 1 fois seulement.
Connue on le voit, la préparation au concours demande autant de persévérance (pie de travail et le long temps exigé, même des plus favorisés du sort, pour arriver aux Hôpitaux, fait que les esprits les plus partisans du concours sont les premiers à en réclamer ia simplification.
Mode de formation du jury.
Le jury est formé de la manière suivante :
Le plus ancien et le plus jeune des candidats sont convoqués pour dresser la liste des médecins, chirurgiens et accoucheurs qui peuvent être tirés.
Sur des fiches séparées, on inscrit les noms de chacun des juges susceptibles d’être tirés.
Le nom de chacun de ces juges est inscrit sur deux fiches (pii sont chacune mise sous une enveloppe fermée et paraphée. Les deux enveloppes de même nom sont placées dans une troisième grande enveloppe également fermée et paraphée. Puis, toutes les enveloppes sont mises dans une urne où elles sont mêlées.
Le tirage du jury se fait en présence du Directeur, du secrétaire général, du chef du personnel, du représentant, des médecins et du représentant des chirurgiens au Conseil de surveillance, et des deux candidats déjà nommés. L’un des représentants des médecins ou chirurgiens lire successivement d’abord
autant d’enveloppes qu’il faut de juges titulaires pour le concours. Chaque grande enveloppe est ouverte et des deux petites enveloppes incluses : 1 une est décachetée et donne le nom du juge, l’autre esl conservée, fermée, à titre de témoin.
Les juges titulaires étant ainsi désignés, on tire au sort les suppléants. Pour ce faire, on continue à prendre une série d’enveloppes (pic l'on ouvre, mais.
j un y
au lieu d’ouvrir les petites enveloppes incluses, 011 les numérote et on les paraphe. S’il manque un titulaire, on prend les deux enveloppes portant le numéro 1. On ouvre l’une pour connaître le nom du juge et on conserve l’autre à titre de témoin. On procède de même pour tous les autres suppléants.
Les dispositions du § 3 de l’art. 106 du règlement sur Je service de santé, applicables à tous les concours (médecins, chirurgiens, accoucheurs, prosecteurs, pharmaciens cl élèves), sont révisées ainsi qu’il suit, savoir :
« Les membres honoraires du corps médical continuent, jusqu’à l'âge de soixante-dix ans, à être appelés à faire partie des jurys des concours.
« Il ne peut y avoir, dans un même jury, plus de deux membres honoraires du corps médical. »
« Est abrogée, d’autre part, la disposition du règlement qui interdit à plus de deux membres appartenant à un même établissement de faire partie d’un même jury. »
Conditions des concours.