De Marcère, VÉcho de Paris^ 27 septembre
2. 4c Prominent members of the French Headquarter Staff, ail of whom, remember, are miserably underpaid from gênerai de Boisdeffre with his 1.000 liv. st. a year, down to commandant Henry with his 200 liv. st. were engaged in 1894 as for years past in increasing their incomes by selling information to the foreign mi litary attachés in Paris.» {National Review, axignst 1899, p. 873.) M. Conybeare avait déjà développé la même idée dans le numéro d'avril précédent, p. 339.
depuis l'affaire Pigott quels sont les informateurs du Times ?
Mais M. Jonuart, on le croyait du moins, ne se chauffe pas du mt^rae bois. Il n*ignore point que le général Billot était Tami de M. Scheurer- Kestner et non le pénitent du Père du Lac; il a beau ne pas aimer M. Cavaignac : il ne saurait le classer parmi « les moines ligueurs de la Croix »; si Tattitude de M. Lemaître ou celle de M. Rambaud l'offusquent, il ne dira pas que M. Lemaître est un < sectaire imbécile », ni que M. Rambaud ait été au ministère de l'Instruction publique un nouveau Falloux. 11 en veut à Denys Cochin de n'être jamais intervenu en faveur de Dreyfus. Nous ne lui demanderons pas quel cri d'indignation ou de pitié il a poussé lui-m^me, quand un émule de M. Bertulus torturait à Lille un accusé qui n'était pas Juif et qui était innocent, le Frère Flamidien. Nous lui dirons seulement : pourquoi vous attaquer à D»^nys Cochin et non à un homme qui vous touche de beaucoup plus près, à l'un des fondateurs de la République, à M. de Marcère, qui s'est bien gardé, lui aussi, de faire campagne avec vous et s'est prononcé au contraire avec une rare énergie contre € la coalition antifrançaise » (1) que vous reprochez aux seuls catholiques d'avoir combattue?
Pourquoi vous en prendre à la rue de Madrid ou à la rue des Postes de tous vos déboires, quand ce n'est pas un Jésuite mais un agrégé de l'Université qui protestait naguère, en plein conseil académique de Paris, contre « le mons-
l. L'Echo de Parh^ Hl septembre.
rueux complot ourdi pour désorganiser la déense nationale >, contre « la secte maçonnique, )ro testante et juive qui s'est emparée de tout m France il y a vingt ans » et qui ajoutait :
« Tandis que nos adversaires prétendent déruire ce pays et le refaire ensuite selon une rue idéale, nous entendons le maintenir et le lévelopper suivant sa complexion propre; andis qu'ils l'insultent dans sa superstition miitaire, après Vdivoir insulté àa.ns sa, superstition iatholique, nous entendons que, sans se refuser m rien au progrès des idées et des mœurs, il îvolue selon son hérédité catholique, selon son empérament militaire (1). »
Et vous savez bien que G. Syveton n'est pas m isolé, qu'il parlait ce jour-là non pour lui seul nais au nom des Dausset, des Vaugeois^ des )oumic, des Goyau, de toute cette pléiade de eunes universitaires qui en ont assez de 1. Buisson et de la famille Monod et qui ont onde, en face de la Ligue de M. Trarieux, la jigue de la Patrie Française.
Vous avez tort d'attribuer aux Jésuites la res- )onsabilité de tous vos ennuis. C'est un excès l'honneur qu'ils ne méritent pas et c'est une irreur qui risque de vous faire illusion sur la orce véritable de vos adversaires. Non, vous l'êtes pas en face d'un néo-boulangisme clérical t réactionnaire, et ce n'est pas seulement parce [ue le Dangeau du boulangisme, le bon Chin-
1. Gabriel Syveton, Plaidoyer devant le Conseil acaémique de Paris du 18 juillet 1899. (Au siège de la ligue de la Patrie Française^ 97, rue de Rennes.)
cliolle(l), s'est fait le Plutarque de Dreyfus tandis que l'adversaire par excellence du dreyfusisme est précisément Tancien magistrat qui fit condamner Boulanger (2), mais pour une
1. C'est à lui que nous devons ce croquis édifiant des reporters étrangers attendant à Rennes Tissue du procès: « Après le déjeuner, des journalistes américains, réunis à l'hôtel Lemoine, se sont livrés au jeu suivant. Ils ont écrit sur huit morceaux de papiers ces mots : € Acquittement complet. Six voix favorables « contre une. Cinq voix contre deux. Quatre voix « contre trois. Trois contre quatre hostiles. Deux € contre cinq. Une contre six. Condamnation com- « plète. » Total huit billets. Comme il y avait dix convives, on a plié deux billets blancs. On a mêlé le tout dans le môme verre. Chaque convive y a jeté un louis et a pris un billet. Les deux qui ont tiré du papier blanc ont perdu leur argent. Celui dont le billet correspondra à la décision du conseil de guerre gagnera les 10 louis. Ce n'est pas tout. Nos Américains, pour corriger la chance, ont mis à partir de 1 franc leurs billets aux enchères. En deux minutes, le billet de l'acquittement complet a atteint 8 louis. C'est alors que M. Victor Collins, du New York Sun, s'est écrié :
€ Il faut aller raconter cela au Figaro ; il verra quelle 4c est l'opinion des Etats-Unis. »
Et le bon ChinchoUe de conclure triomphant : « On la connaît maintenant, puisque l'argent est encore la plus puissante des preuves. » (F. 0.,9 septembre m, 2-3.)
2. 11 est de mode parmi les gens dont il a dérangé les calculs, de le prendre de haut avec M. Quesnay de Beaurepaire. On n'a point assez de railleries pour ses « histoires de grogs et de water-closets », pour son enquête et ses témoins. On ne paraît pas se douter qu'un vieillard sans fortune, qui sacrifie du jour au
infinité d'autres raisons. Quand il n'y aurait que celle-ci : que Boulanger incarnait 1 indiscipline, et que tous ceux qui avaient une vue claire du rôle et des intérêts de l'armée, tous les « grands chefs » notamment, marchaient avec vous contre le général révolté, — tandis qu'aujourd'hui!... Et cette autre, que tous les nommes qui « pensaient » en France, toutes les élites n'avaient pas tardé, après quelque flottement, à se tourner contre le prétendu sauveur en qui le fantoche leur était bien vite apparu; alors que maintenant vous avez sans doute les intellectuels avec vous ; mais combien d'intelligences vous résistent : Brunetière, Lemaître, Marcel Dubois, d'Indy, Détaille, Forain, tant d'autres, lettrés, savants, artistes, qui ont vu la France outragée et meurtrie, qui ont dit avec Coppée: « On bat maman! » et sont accourus, descendant de leur tour d'ivoire pour se jeter dans la mêlée et mener le bon combat (1). Non,
lendemain à ce qu*il croit être l'intérêt de son pays une situation considérable et une retraite assurée, mériterait peut-être, que l'on partage ou non ses idées, d'être traité avec quelques égards. On oublié d'autre part que ses histoires de grogs et de water-closets devaient avoir quelque importance, puisque aussi bien certain rapport établissant que MM. Lœw et consorts n'avaient plus « le calme et la liberté morale indispensables pour faire c^fice de juge », ce n'est pas M. Quesnay de Beaurepaire, et ce n'est pas non plus le Père Bailly, mais bien les deux doyens et le premier président de la Cour suprême qui l'ont signé; celui-ci, notez-le bien, ancien garde des sceaux dans le cabinet Bouvier en 1887. (Voy. Journal officiel. Annexe 736, février 1899. 1. Voy. les conférences publiées par^lîç Ligue df^ la.
la partie que vous jouez présentement ne ressemble pas à celle que vous avez gagnée il y a dix ans. Vous avez eu beau choisir le défenseur d'Eiffel, le conseil du « Petit Sucrier» et d'Ulric de Civry : tout habile qu'il soit,M. Waldeck-Rousseau aura de la peine à réussir comme M. Constans. Car il a pour lui le pouvoir, l'argent, la faveur des chancelleries, l'opinion publique à l'étranger : et c'est beaucoup ; mais ce n'est pas assez si l'on a contre soi la France. Et le peuple est avec nous, non pas la canaille des barrières, le mob, comme l'insinue M. de Blowitz, — ce peuple-là escorte M. Loubet à Longchamp, saccage Armenonville et pille l'église Saint- Joseph, — mais le peuple des travailleurs et des humbles, le peuple des braves gens qui aiment l'armée parce qu'ils sont fiers d'avoir « servi », qu'ils n'ont pas trouvé de Stolberg ni de Brusewitz parmi nos officiers et qu'ils ont l'instinct confus mais sûr — cet instinct qui est donné aux simples et refusé aux superbes — des choses nécessaires à la vie d'une nation.
Aussi restons-nous désolés, mais non découragés. Il y a quelques jours, qui de nous n'a tressailli en découvrant ce taoleau de la Pologne au siècle dernier tracé par l'historien de ses vainqueurs :
« Une faut pas croire que ce soit du premier
Patrie Française, spécialement celles de J. Lemaître sur € la Patrie française », de Brunetière sur « la Nation et l'Armée ». Voy. aussi les brochures publiées par J. Lemaître et par Goyau sur la < Franc-Maçonnerie » (Leret et Perrin) et par Brunetière sur les « Ennemis d^e, l'âme française » (Hetzel).
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coup que les armées ennemies ont pénétré sur le territoire polonais. Non. L'invasion étrangère a été précédée, préparée de longue main, par une infiltration d'éléments étrangers et d'influences étrangères.
« De l'argent étranger entrait en Pologne pour y fomenter certaines agitations. Les étrangers avaient pris Phabitude de critiquer les lois du pays, de vouer au mépris de 1 Europe intellectuelle les sentences de ses juridictions, de boycotter, à coups de tarifs, ses produits.
€ Des Polonais prenaient l'habitude de fréquenter chez les ambassadeurs étranger s, de leur demander des renseignements, de croire à leur parole, de suivre leurdirection. Les uns dénonçaient aux Prussiens et aux Russes l'intolérance catholique de leurs compatriotes ; les autres les suppliaient de garantir les libertés anarchiques du pays ; d'autres s'entendaient avec eux pour condamner le militarisme polonais.
« Au bout de quelques années de cet échange de bons offices entre Polonais et étrangers, la Pologne s'est trouvée mûre pour l'invasion et le partage (1). »
Et, certes, il y a là de quoi nous faire réfléchir et trembler. Mais nous connaissons aussi notre
Sroprepassé; et puisqu'il a plu à M. Reinach 'évoquer au lendemain du verdict qui ruinait ses espérances le souvenir d'Azincourt et les désastres de la guerre de Cent ans, nous savons que la France a déjà vu son gouvernement allié à l'ennemi, la Sorbonne rangée au parti de l'é-