‹ L'affaire de la rue Quincampoix, comédie en une acteChapitre 5 sur 18 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

POCHONNET, CHAMPVINEL. •

POCHONNET, bondissant.

Hein ! (à part) lui !

CHAMPVINEL.

Bonjour.

POCHONNET.

Comment, vous entrez comme ça sans sonner...

CHAMPVINEL.

J'ai frappé tout doucement, votre domestique m'a ouvert, il me connaît...

POCHONNET, se levant.

Il doit vous connaître, en effet, car à chaque instant!... J'étais en train de vous faire une ordonnance pour vos douleurs. CHAMPVINEL**, se promenant a grands pas. Je n'en ai plus.

POCHONNET.

Vous n'avez plus de douleurs?

CHAMPVINEL, revenant à droite.

Non... '

> Picciola, Pochonnet.

'* Champvinel, Pochonnet.

Eh bien! alors, qu'avez- vous?...

CHAMPVINEL.

Ce que j'ai?... Ah! c'est vrai, il faut avoir quelque chose pour se présenter chez vous.

POCHONNET.

Dame 1 à moins que vous ne veniez pour me tenir compagnie...

CHAMPVINEL.

Non pas... je suis malade, très-malade, (n s'assied sur le canapé.) POCHONNET, prenant une chaise qui esl derrière le canapé et s'asseyant.

Veuillez me dire... (il veut lui tâtsr le pouls.)

CHAMPVINEL, brusquement.

Quoi "?... que voulez -vous que je vous dise ?

POCHONNET.

Mais ce que vous avez.

CHAMPVINEL.

Je n'en sais rien, c'est à vous de me le dire.

POCHONNET.

Permettez... • .

CHAMPVINEL, se levant.

Si je vous dis ce que j'ai, quel mérite aurez-vous à le savoir ? (il passe à gauche. )

POCHONNET**, à part, se levant aussi.

Sac à papier! ah! c'est trop fort! (Haut.) Eh bien ! oui, je vais vous dire ce que vous avez!... vous avez l'intention de vous moquer de moi... Voilà ce que vous avez.

Non, ce n'est pas cela... mais peut-être... Nous sommes seuls?... (il regarde autour de lui.)

POCHONNET, à part.

Ah! mon Dieu !

CHAMPViNEL.

Eh bien! oui, c'est vrai, je vous ai trompé. POCHONNET, un peu inquiet.

Monsieur...

CHAMPVINEL.

Silence!... jusqu'à présent, je n'ai pas eu le courage.,, mais je ne saurais hésiter plus longtemps... Vous allez tout savoir... (il prend la chaise près du bureau et s'assied.)

POCHONNET, à part, s'asseyant à côté de lui.

Je suis ému!.. .

\Pochonnet, Champvinel.

** Champvinel, Pochoimet.

CHAMPVINEL.

Vous souvenez-vous?...

(On entend un vigoureux coup de sonnette retentir. — Tous deux font un bond qui les met dos à dos.)

CHAMPVINEL.

Quelqu'un!

POCHONNET.

Une visite... (ils se lèvent. — Champvinel remet sa chaise près du bureau, Pochonnet garde la sienne à la main.)

Je vous laisse ; mais je reviendrai quand vous serez seul.

POCHONNET.

Si ce n'est qu'un mot...

CHAMPVINEL, saisissant la chaise que tient Pochonnet et la brandissant. Un mot! ... c'est tout un drame !

POCHONNET, presque effrayé.

Un drame !

CHAMPVINEL.

A tout à l'heure!... à tout à l'heure!... (il remonte en tenant toujours la chaise.)

POCHOjNNET, courant après lui.

Eh bien, vous emportez ma chaise!

CHAMPVINEL.

Ah! c'est vrai! (il lâche la chaise que Pochor.net remet derrière le canapé, puis il sort par le fond et se jette dans Tiburce qui entre.) Ah! pardon, Monsieur... (il disparaît.)

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