‹ L'affaire de Siam, 1886-1896Chapitre 2 sur 26 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

En 1 868, le rapport de la mission Lagrée Francis Garnier comparait la presqu'île indo-chinoise à une main, les cinq grands fleuves qui l'arrosent, le Fleuve Rouge, le Mékhong, le Méïnam, la Saluen et l'Iraouaddy aux cinq doigts de cette main et concluait de la situation historique, ethnographique et politique des états qui coexistaient dans les différentes vallées arrosées par ces fleuves ou leurs affluents, que tous les cinq étaient néces sairement appelés à devenir Français, à moins de défaillances de notre diplomatie,

Aujourd'hui, après des années de lutte, après d'énormes sacrifices en hommes et en argent, cette conception grandiose est loin d'être réalisée.

Deux de ces grands fleuves sont entre les mains des Anglais. Profitant du contrecoup terrible que nos désastres de 1870 oiit eu sur notre position en Extrême-Orient et sur la direction de nos affaires extérieures, la Grande Bretagne, s'étendant d'abord sur la côte de Tenasserim, mettait la main sur Tlraouaddy.

En 1884, par un hardi coup de force, elle s'appropriait la haute Birmanie.

M. Jules Ferry s'estimait heureux de conclure avec elle la convention du 16 juillet 1884.

Par ce traité, elle reconnaissait n'avoir aucun droit sur les Etats Shans et s'engageait à considérer tout le bassin du Mékhong comme faisant,

Page 1