SCENE YI
Les Mêmes, PIERRETTE, passant avec des journaux. GRANDBL'SIER.
Qu'est-ce que vous portez là?...
PIERRETTE
Les journaux de monsieur.
GRANDBUSIER,
Donnez.
PIERRETTE, résistant.
Comment !... Donnez !
GRANDBUSIER, lui prenant un journal.
Que servirait d'avoir des amis, si l'on ne peut môme
pas lire leurs journaux: avanl eux! (pierretto entre à f,'auche. — u ouvre le journal.) Est-cc qu'il v a quelque chose de vous ? je cherche votre discours aux électeurs, monsieur Destaneuses.
ARISTIDE, vexé.
Je ne parle pas ; ça entre dans le S3'stème politique de mon groupe.
GRANDBUSIEH.
Joli groupe ! le groupe des gesticulards!... Passons aux nomiiiatious : des jeunes, toujours des jeunes; on épure, on épure; mon tour va venir! Ah ! si je pouvais montrer au gouvernement de quel homme il se priverait... Ah! il ne suffirait que d'une occasion pour me distinguer... (a part.) et je crois que je la tiens !
Oui, mais vous ne l'avez jamais trouvée, l'occasion, ô illustre Grandbusier!
GRANDBUSIER.
C'est ce qu'on verra.
ARISTIDE
Vous dites ?
GRANDBL'SIER.
Je me comprends.
U parcourt le journal.
ARISTIDE, bas, à Pierrette qui entre et prépare le couvert sur la table du jardin.
C'est bien aujourd'hui que revient madame Ronchin, votre maîtresse ?
PIEKRETTE.
Oui, monsieur Desi'aneuses, par l'express du matin.
ARISTIDE, tirant sa uiontre, à part.
Je n'ai que le temps; vite à la gare! (Haut.) A tout à l'heure, infortune magistrat!...
Il sort.