‹ L'affaire de Viroflay; comédie en trois actesChapitre 8 sur 68 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GRANDBUSIER, ARISTIDE DESFANEUSES.

GRANDBUSIER, du fond, en s'avançant.

IVIe fendre l'oreille... à mol... comme à un vulgaire cheval de cavalerie!... c'est honteux, scandaleux, immoral!... Et pom-quoi? parce que je n'ai abouti dans les afi'aires qui m'ont été confiées, comme juge d'instruction, qu'à des ordonnances de non-Jicu!... C'est la faute de l'administration, monsieur Aristide Desfaneuses... Pourquoi ne veut-elle pas expérimenter mon système!...

ARISTIDE

Quel système?

grandbusieh.

Ouel système!... Parbleu!... L'instruction judiciaire par la fluiJopathie !

ARISTIDE, sursautant.

Vous dites?... vous êtes?...

GUANDBUSIER.

Fluidopathe. C'est merveilleux... infaillible I... On amène le coupable... (ii fait le geste de lancer du tiuide.) Vlan! on l'endort... et v'ian! il fait des aveux!

ARISTIDE, gardant son sérieux.

Fort bien!... Il faudrait alors que tout magistrat...

GUANDBLSIER.

... Fût doué de la force magnétique que je possède! Vlan!... v'Ian!... Dès que mon interrogatoire est commencé...

ARISTIDE

Tout le monde dort...

GRANDBUSIEU.

Et c'est le lendemain du jour où j'ai adressé au ministre mon rapport sur ce nouveau système d'instruction judiciaire qu'on m'a presque fendu l'oreille!...

ARISTIDE

Fendu l'oreille!... ce n'est pas le vrai mot, monsieur Grandbusier... on vous a accordé de larges vacances.

GRANDBUSIER.

Je la connais! on les renouvelle... sans que je le demande !

ARISTIDE

Dame! vous avez besoin de repos; vous n'êtes plus de la première jeunesse !

GRANDBUSIER.

Je vous vois venir... la limite d'âge!... place aux jeunes!... ils sont jolis, les jeunes d'aujourd'hui! (ii lui

tape sur le jarret, Aristide chancelle.) VoUS êtes UU jCUne, VOUS...

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