UN ULTRAMONTAIN
Québec, 25 juillet 1872.
Nous nous rendons bien volontiers à lu demande qui nous est faite. Nous prenons sur notre pleine et entière rosponsabilité la publication de co mémoire ayant pour titre :
Riponses de quelques thé logiens de Québec aux questions proposées par Myr. de Mont éa! et Mgr. de Rimouski ; lesquelles doivent être discut'es par les Evêques de lu Province ecclisiastique de Québec, dins leur assem blée du mois d'Octobre 1871.
Nous n'avons, pour le faire, la permission d'aucun prélat, pas même celle de notre vénérablo et digne Evêque.
D'ailleurs, pourquoi cette permission ? Ces réponses, ici en tout, là en partie, sont déjà entre les mains des laïques !
Celui qui a pris soin de les communiquer le premier est un grand coupable, ceux qui en ont fait l'extrait (1) que Sir N. F. Belleau a envoyé à Montréal sont des indiscrets et nous avons tout lieu de croire que los Evêques, principalement Mgr. l'Archevêque, feront une enquête afin de connaître le premier coupable.
Mais aujourd'hui que ces Réponses courent les bureaux publics, que les curieux font queue aux abords de notre Palais de Justice pour en prendre communication entre les mains de certain juge et autres, et qu'on s’en sert contre l'école ultramontaine comme d’une arme (2) nous sommes en plein droit de les faire connaître, de les réfuter et de les stigmatiser.
Il est bon que l'on sache un peu ce qui se fait dans l'ombre contre nous, les moyens qu'on emploie pour rui-
(!1 C’est en confran ant ie mémoi-e envoyé à Montréal par Sir N F. Felleau (Mémoire dont nous avions copie et qui des ait, d'après notre dé ision, recevoir les honveurs de la publication) et celui que noux avo”s eu la bonne fortune de recevir et que nous p'iblious au'ourd'hui, que l'on verra que le premi?r n’est qu’un extrait du second. (Note Editoriale.)
(2) Ancien f sil à pierre et non à Pierre, communément apre'é f'isil ans plaque où gallicanisme. Dernières annotat:ons i. édi'es de Bes‘herelle converti, Au retour de sa prom nade à l’intex, (Note Editoriale )
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ner notre caractère et les dénégations (1) qu'on nous oppose.
Comme on le verra par le titre et le sous-titre de ce document gallican, le Nouveau-Monde pouvait bien être autorisé à en attribuer la paternité à M. le Grand Vicaire Cazeau et à M. Paquette.
En effet le titre se lit : “ Réponses de quelques théologieus de Québec aux questions proposées par Mgr. de Montréal et Mgr. de Rimouski, ete. ”
Or, MM. Cazeau ot Paquette, comme ils l’admettent eux-mêmes dans Jour lettre adresséo au Rédacteur du Nouveau-Monde, en date du 9 juillet 1872, faisaient parti, en Octobre 1871, d'une commission théologique.
Etaient-ils alors les théologiens reconnus de Mgr. l'Archevêque ? Tout nous le fait supposer et nous porte à le croire.
Néanmoins, quelqu'en soient les auteurs, que ce soit Pierre ou Jacques, que co soit tel ou tel professeur de l’Université-Laval qui ait préparé ces ré onses, il faudra toujours admettre qu'elles ont été présentées aux Evêques comme étant l'opinion de quelques théologiens de Québec, c'est-à-dire d'hommes ayant la haute confiance de leur
Archevêque, car il est nécessaire qu'un A rchevéque ait toute confiance en la pureté de doctrine de .es prêtres, pour les consulter sur les sujets les plus graves.
D'où il faut conclure que ces réponses (étant gallicanes) lu confiance de Mgr. l’Archevêque repose sur des galli-
Fe Le Cans.
Est-ce logique cela ?
(1) Nous venus dev lire une venant de haut et qui aura la sort de tomber Pier bas: car la Providence, qui protége visib emenvt les déf: users de ja vérit , nous a rendu possesseur, ii y à déjà assez longiemps, des } ièces Jusüfica'ives nécessaires au maiutien de certaines affirmations d'une nature extremement grave. Toutefois, ii faudra attendre ; nous n'avons pas qu’une effmation à prouver; mats que l’on prenne p tience, nous acermplirons vaiil mment la noble tache que nous à impo 6 le devoir, et l'amitié sera veng'e des torillures j-t°es sur su Icputation, Kn eff-1, la ju-tification viendra à son heure marquée et elle sera éclatante, (U'ote Editoriale.)
Pour nous, nous n'accusons pas Messire Cazeau et Paquetto d’être les auteurs des Réponses en questions.
Nous nous bornons à dire : dans leur première réponse au Nouveau Monde, Messires Caseau et Paquette ont reconnu avoir fait l'office de théologiens à l'assemblée des Evéques en octobre 1871.
Ces dites réponses sont de quelques théologiens de Québec ; or, nous ne voyons d’autres théologiens de Québec à Cette assemblés que MM. Cazeau, Paquette et peut-être Messire Racine, chapeluin de l'Eglise St. Jean en cette ville ; donc il est probable, très probable, plus que pro bable, que les auteurs des dites réponses sont ou Messires Cazeau, Paquette ct Racine, ou Messires Cazeau et Racine, ou Messires Racine et Paquette, où enfin Messires Cazeau et Paquette seuls.
Dans leur seconde lettre, MM. Cazeau et Paquette disent que Sa Grâce l’Archevêque ne reconnaît nullement la compétence des journaux et du public pour juger des questions renfermées dans ce document. Mgr. l’Archevêque a dû être mal compris des deux illustres abbés.
En effet, nous ne voyons dans co document aucune question qui ne soit résolue d'avance soit dans les lois, soit dans la théologie ou le droit canon.
Les questions de théologie et de droit canonique sont de la compétence de tous ceux qui connaissent le droitcanon et la théologie, seraient-ils même journalistes, pourvu qu'ils bâsent leurs jugements sur les décisions des Papes ou des Conciles sanctionnés par le St. Siége.
On dira pout-être (ce qui serait faux) que ces questions ne sont pas décidées. Mais alors si elles ne sont pas décidées, elles sont donc libres et par conséquent de la compétence des journalistes et autres comme des Evêques. Seulement, pas plus ces derniers que les premiers n’ont le droit de les fixer en dernier ressort ; ce suprême et dernier droit n’appartenant qu'au Pape seul.
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ticulières, mais il leur faut toujours recourir à l'autorité qui sanctionne infailliblement, c'est-à-dire au Pape.
Quant aux questions du pur domaine de l'histoire et dos lois civiles, comme par exemple : savoir en quelle année les paroisses ont été érigéos, quand ont été érigées les fabriques, quels étaient les notables, la formule légale do l'enregistrement d’une naissance, et relativement à d'autres questions qui ne touchent point à la théologie et au droit canon, nous espérons que Mgr. l’Archevêque, qui est si libéral, n'entend point nous interdire le droit de les discuter et de les juger.
ADOLPHE (JUIMET.