‹ L'affaire DreyfusChapitre 51 sur 178 · IV. — Formation sur le champ de bataille · texte numérisé non relu

IV. — Formation sur le champ de bataille

Or, si l'on suppose qu'il ait pu se trouver au camp de Châlons un officier en quête de documents à livrer, soit que cet officier ait appartenu à l'artillerie, soit simplement qu'il se soit trouvé en contact avec les officiers de cette arme, n'est-il pas évident que son attention a dû évidemment se porter sur toutes les nouveautés qui faisaient alors l'objet des essais de l'artillerie. Or, le règlement des manœuvres en élait une. I1 était journeliement mis en pratique sous ses yeux.

Le texte en était entre ses mains ou entre les mains des officiers qu'il fréquentait ; très peu de temps était nécessaire pour y copier la partie réellement intéressante, c'est-à-dire les formations de guerre. Et en faisant son envoi, le traître ne devait-il pas employer tout naturellement ce mot « formation » ({) qui consti-

(1) L'expression du bordereau était « modifications aux formations de l'artillerie ». C’est que la nouvelle théorie avail élé présentée comme une

simple modificalion à l’ancienne : si bien qu'au 11° régiment d'artillerie, pour pouvoir disposer d'un plus garnd nombre d'exemplaires, on avait autographié et remis à cerlains officiers, probablement aussi aux sous-

officiers, les modifications à apporter à l'ancien réglement pour le mettre d'accord avec le nouveau projet.

tuait le titre vingt fois répété de tous les paragraphes. On reconnaîtra que cette hypothèse prend un singulier caractère de probabilité si l'on veut bien remarquer que les trois nouveautés essayées au camp de Châlons en 189% étaient le Manuel de Tir, le canon de 120 court (L), le projet de règlement sur les balteries attelées, nouveautés qui se trouveraient ainsi faire justement l'objet des trois notes du bordereau se rapportant à l'artillerie.

Page 1