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(N°5 22 à 32, réservés. « Ce canaille de D... » est la pièce 25).
(N°5 33 à 39 bis. Rapports Guénée.) (N°5 40-41. Lettre Davignon, réservée).
(N° 42. Rapport Cuignet.)
C. N°° 43 à 66 bis : « Documents postérieurs à l'arrestation de Dreyfus »..
Le n° 43 est la note d'Henry relative au propos que lui aurait tenu le colonel Sandherr au sujet d’un dossier ultrasecret que personne n’a jamais vu : nous nous expliquerons sur Ce point, ainsi que sur le n° 44 qui est la fausse traduction du télégramme du 2 novembre 1894 écrite de la main du colonel Henry. 1
(N° 45. Lettre du colonel de L..., réservée.)
Les pièces 46 à 52 bis ont trait à la lettre de M. de Münster : « On finit par trouver que j'ai bien agi... » (Texte. photographie, agrandissement, pièces de comparaison d'écriture, traduction.) Des pièces 49 et 52 on a cherché à déduire que M. de Münster et le souverain lui-même étaient au courant de ce qui se passait. Il suffit de les lire et de rapprocher notamment la pièce 52 de la pièce 51 pour voir qu'il n'en est rien.
Les n°° 53 à 56 bis se rapportent à la femme Bastian et à la femme Milescamps.
Les n°° 57 et 58 sont des rapports de B... à ses chefs qui donnent au télégramme du 2? novembre 1894 son véritable sens, ainsi que nous le verrons.
Les n°° 59 à 65 sont des letlres ou des petils bleus échangés entre lui et A : elles n'ont d'autre intérêt que de permettre de constater que la pièce 60 est écrite sur le même papier que la pièce 26 (organisation des chemins de fer) et que les dates sont systématiquement arrachées après le recollage et remplacées par d'autres indications presque toujours reconnues inexactes. (Voir notamment n°° 60, 62, 63, 64 et 65.)
Les n°° 66 et 66 bis sont l'original et la traduction du rapport Schneider (réservé).
D Er re
D. n°° 67 à 84 : « Actes de trahison qui paraissent imputables à Dreyfus indépendamment de la livraison des documents énumérés au bordereau. »
. (N° 67. Rapport Cuignet sur l'obus Robin le chargement
des obus à la mélinite et l’artillerie lourde de la 9° armée.)
Les n° 68 à 74 ont trait à la livraison de l'obus Robin- Nous reviendrons sur le fait. (Page 285.) . Les n°° 75 à 82 se rapportent aux fragments calcinés de l'instruction relative au chargement des obus à la mélinite : nous nous expliquerons sur l'incident. (P. 293.)
Les n°*° 83 et 84 sont relatifs à la note Bayle (attribution de l’arlilierie lourde de la 9° armée), Nous étudierons l'incident. (Page 298.)
E. n°° 83 à 116. « Renseignements divers sur le déporté Dreyfus. »
(N°5 85 à 95. Rapports Guénée.)
Le n° 96 est la note écrite par le commandant Cuignet et signée par le général Gonse à la suite de l’entrevue de ce dernier avec M. Painlevé le 8 mars 1898. Nous y reviendrons (page 582.)
Le n° 97 est l'original de la note du général Lebelin de Dionne sur Dreyfus (...alsaciens plus heureux... cote d'amour) (Voir page 317.)
Le n° 98 est la copie de la main de M. du Paty de Clam et signée par le général Gonse de la note du colonel Sandherr sur son entrevue avec M. Mathieu Drevius. {Voir page 340.)
Les n°*° 99 et 100 sont des lettres du colonel de F.. sur la bienveillance dont il est l’objet et sur l'opinion publique du pays où il exerce ses fonctions.
Le n° 101 est la lettre du colonel Fleur rapportant au Ministre la conversation de chemin de fer qui a fait l'objet de sa déposition devant le Conseil de guerre de Rennes. (Voir page 324.)
(N°° 102 à 114. Lettres de Dreyfus à sa famille.)
(N°° 115 et 116. Rapport du Directeur de l'Administration pénitentiaire à Cayenne sur l'attitude de Dreyfus à l'Ile du Diable.)
2° partie : n°° 117 à 364.
Les n°° 117 à 122 sont les pièces qui seraient parvenues à la section de statistique du 20 au 25 septembre 1894 en mème temps que le bordereau. Elles n'ont par elles-mêmes aucun trait à l’Affaire ; et nous savons la valeur de ce procédé employé pour authentiquer les documents, par l'usage qui en a été fait dans des conditions identiques en ce qui concerne le faux Henry. (Voir page 563.)
Les n°° 123 à 130 ont trait aux affaires Greiner et Boutonnet.
Les n°° 131 à 140 relatent la surveillance exercée sur le personnel subalterne du Ministère de la Guerre en 1893.
(Sur les n°° 141 à 364, voir notre observation page 262.)
3° partie : n° 365 à 374
Les n° 365 à 370 bis ont trait au « Faux Henry » (texte, reproduction, calques, etc.)
N° 371. « Car D... m'a porté. » — (Réservé.)
Les n°* 372 à 374 concernent le faux Weiler. {Voir page 562.)
Dossier annexe
Le dossier annexe contient enfin :
A. : 1 à 4. — Les documents saisis par le juge d'instruction, M. Bertulus, chez la femme Pays et la copie dont l'original est au dossier de la première revision, de la note relative à l'entretien de ce magistrat avec le commandant Henry. (Voir pages 570-571.)
À : 5. — Un dossier relatif à la surveillance exercée sur les personnes que recevait le chef de B... À : 6. — Les extraits envoyés à Rennes des comptes de la
section de statistique et des mensualités payées à certains agents.
+ NÉ da x ie MOT
A :7 à 10.— Diverses pièces indiquant que la source n’est pas tarie après l’arrestation de Dreyfus.
A : 11. — Une note relative à une espionne italienne, qui proposait ses services au lieutenant-colonel Picquart, et dont on lui conseillait de se méfier comme étant d’une imagination toujours emportée. (Voir page 541-542.)
Tel est en son entier ce dossier secret, et cette simple analyse suffit à démontrer que, sauf les quelques pièces qu'il nous reste à étudier en détail, il ne contient rien qui puisse être invoqué contre Dreyfus, ni qui mérite le mystère dont on l'a entouré dans un but désormais trop évident.
Au cours de la seconde séance du 5 juillet 1904, M. le député Lasies a donné lecture à la tribune de la Chambre des députés d’une lettre du commandant Cuignet, datée du 2 juillet, et dans laquelle cet officier se plaignant de n'avoir pas été convoqué par le Ministre de la Guerre à l’occasion de l'étude que celui-ci faisait du dossier Dreyfus, disait : « J’au- « rais sans doute réclamé communication de ce dossier secret « qui à été constitué par moi, dont j'ai vérifié, contrôlé et coté -« toutes les pièces, et dans lequel le général André prétend « avoir découvert des faux ignorés des juges de Rennes... Et « alors j'aurais dénoncé devant le général André les falsifi- « cations dont le dossier secret a été l’objet depuis qu'il est « entre ses mains. » (1)
Il eût été facile de répondre que le dossier est coté, inventorié, que toutes les pièces qui y figurent sont intactes, et que leur seul aspect dément l'accusation ainsi portée, sans même être assortie du moindre adminicule de preuve. Le général André n'a pas voulu s'en tenir là : à la demande du commandant Targe qui, chargé de la garde du dossier depuis le jour où, devant le Contrôleur général Crétin, le Ministre en avait brisé les scellés, était directement visé par le commandant Cuignet, il a, par arrêté du 10 juillet, chargé le général Chamoin d'examiner avec les officiers qui l'avaient assisté en 1899 les pièces une à une, et de dresser procès-verbal de leur état. Le général Chamoin s’est acquitté de sa mission, assisté des capitaines Hallouin et Moreau : il a vérifié tout le dossier,
(1) Chambre des députés : 2° séance du 5 juillet 1904 : Journ. off. du 6 p. 1856. col. 2.
et, par procès-verbal du 11 juillet, il a constaté : « 1° que les pièces sont au complet ;2° qu'elles se présentent aujour- « d’hui dans l’état où elles se trouvaient en 1899 lors de leur « production devant le Conseil de guerre de Rennes ; 3° qu'en- « fin il avait reçu le dossier des mains du commandant Cui- « gnet lui-même en 1899 et l'avait produit devant les juridic- « tions compétentes, sans y rien ajouter, sans en rien retran- « Cher. »
Cet incident, joint à tous ceux que nous avons déjà signalés ou que nous aurons encore à relever, donne la mesure exacte de la foi que mérite le commandant Cuignet dont la passion ne recule devant aucune témérité, et qui prodigue les accusations de faux, sans en jamais donner la preuve, qu'il s'agisse du Ministre des Affaires étrangères, du Ministre du Commerce et des Postes et Télégraphes, du Ministre de la Guerre ou de la Cour de Cassation elle-même.
Au cours de l'examen que nous venons de faire, nous avons réservé pour une étude spéciale divers documents. Sont-ils plus sérieux que tout le fatras indigeste qui les entoure et dont nous avons présenté l'analyse complète ?
Nous nous sommes déjà expliqué sur ce point dans notre premier réquisitoire : mais nous ne devons pas nous lasser de répéter ce qui doit innocenter le condamné. La Cour nous pardonnera ces détails nécessaires. Si une seule ligne suffit pous accuser, il faut souvent fout un volume pour justifier.
4° et 2°
Nous devons réunir les pièces 22, 23 et 24, dont la seconde est évidemment la réponse à la première, et dont la troisième est le commentaire par le commandant Cuignet des deux autres.
Le n° 22est un télégramme du 27 décembre 1893 adressé à l’attaché militaire A... par son chef d'Etat-Major en langue étrangère, mais en clair et ainsi Conçu :
« Choses, aucun signe d'Etat-Major. »
. Le n° 23 est un memento saisi chez A., écrit par lui au crayon dans la langue de son pays.
Doutes : preuve. Lettre de Service (ou brevet). Situation dangereuse pour moi avec un officier français. Ne pas conduire personnellement négociations. Apporter ce qu'il a. Absolue... (Absolute ge...) Bureau des renseignements (ces mots sont en français). aucune relations avec corps de troupe. Importance seulement... sortent du ministère. Déjà quelque part ailleurs.
Ce memento, dont les morceaux ont été apportés au service des renséignements au commencement de janvier 1894, serait le brouillon du rapport de l’agent A... en réponse à la dépêche précédente. On a cherché à comprendre ce que tout cela voulait dire ; on s’est livré à de nombreux commentaires, et l’on est arrivé à cette traduction (1) qui semble probable. L'Etat-Major, auquel A... a envoyé les pièces qu'il a reçues de son agent, probablement tout au début de leur relations, se plaint que ces « choses » ne portent « aucun signe » indiquant qu'elles proviennent de l’ « Etat-Major » français. A... lui répond : « Comme vous, j'ai « des doutes »., Je cherche, je réclame des «preuves » telles que la « lettre de service », le « brevet » de l'officier qui me fournit les documents. La « sifuation » est « dangereuse pour moi avec un officier français ». Je ne puis « conduire personnellement les négociations ». Je suis obligé de prendre ce qu'il apporte et lui dis d’ « apporter ce qu’il a ».… Je n'ai de rapports qu'avec le « bureau des renseignéments », ou : je suis surveillé par le bureau des renseignements — ou : mon correspondant me dit que les documents qu'il me livre proviennent du bureau des renseignements, et qu'ils ont par suite une absolue force ou bien : il me donne l’absolue certitude (2), qu'ils proviennent du bureau des renseignements. Je n'ai aucune relation avec les corps de troupes. Je ne tiens pour important que ce qui sort du ministère. J'ai déjà vu ou connu mon correspondant quelque part ailleurs. »
Nous nous demandons,comment il serait possible de rien
(1) Cpr. Cuignet Cass. 99, I, 359 ;: Rennes, I, 494 et 511. — Général Mer-
cier, Rennes I, 79. — Picquart, Rennes I, 401 et suiv. — Général Gonse, Rennes 1, 543.
(2) Général Davignon, Enq. £rim. 1, 858. — Picquart, Cass. 99, I, 136.
Rennes, I, 405.
tirer de tout cela contre Dreyfus. S'il s'agissait de lui et si A... doutait que son correspondant fit partie de l’'Etat-Major français, il lui était bien facile de s’en assurer. Les attachés militaires n’avaient-ils pas en effet libre accès au 2° bureau où le colonel de Sancy leur réservait toujours un accueil que le colonel Davignon trouvait infiniment trop aimable ? (1) A... n'avait donc qu'à venir au Ministère : si Dreyfus était son correspondant, il l'y eût vu de ses yeux mêmes, et ses doutes eussent été tout de suite levés sans peine et sans avoir besoin de demander la production de la lettre de service, du brevet d'officier.
p. 185 La situation était bien différente avec Esterhazy, qui était alors en garnison à Rouen, où il était « officier de troupes ». Et le memento rappelle que A... n’a aucune relation avec les corps de troupes. Mais la même note ajoute « déjà vu quelque part ailleurs ». Et nous savons qu'Esterhazy a en effet déjà rencontré A... antérieurement, qu'il a été mis en rapport avec lui par ses relations de famille à l'étranger. D'autre part, M. Trarieux a raconté au procès de Rennes ce récit de M. le comte Tornielli ; A... mis en éveil par ce que B. lui disait des documents, qui lui paraissaient frelatés, avait dit à Esterhazy qu'il avait des doutes à son sujet : Esterhazy lui aurait répondu : « Soyez tel jour au Bois de Boulogne, à telle heure ; vous me verrez en uniforme à côté d’un général. » Et le fait s'était réalisé (2;.
Si, d'autre part, A... se préoccupe de la provenance des documents, n’attachant d'importance qu'à ce qui sort du Ministère, n’indique-t-il pas en même temps qu'il a l‘eu de croire que ceux qui lui sont fournis proviennent du bureau des renseignements ? — Qu'on n’objecte pas qu'Esterhazy les pouvait tenir alors de Dreyfus dont il eût été le complice. Ils ne se sont jamais vus, jamais connus, jamais rencontrés. Et d'autre part, Esterhazy pouvait se vanter de ses relations, soit avec le colonel Sandherr qu'il avait connu intimement en Tunisie ; soit avec le commandant Henry, avec qui il avait servi à la section de statistique pendant plusieurs années, qui d’après lui, était resté son obligé par suite d’un prêt d’ar-
(1) Générai Davignon. Enq. crim. I, S58, 859.— Picquart Cass. 99, 1, 136, Rennes 1, 405.
(2) Reinach, Enq. crim. I, 567.
gent non remboursé et qui était habitué à fournir des notes de contre-espionnage, ainsi que nous l'avons établi ; soit avec Maurice Weil, si suspect à tous égards, et pourtant en situation par sa familiarité avec le général Saussier, dont il était l'officier d'ordonnance, de connaître tous les documents communiqués au généralissime de l'armée française (1).
On comprend que dans ces conditions le lieutenant-colonel Picquart ait pu penser, en lisant ces pièces du dossier secret, « qu'elles pouvaient s'appliquer à Esterhazy au moins aussi bien qu'à Dreyius » (2).
La pièce 40 est la « lettre Davignon », ainsi désignée parce qu'elle contient le nom de cet officier. C'est une lettre de B... à A... ;: elle est écrite en français et ainsi conçue :