‹ L'affaire DreyfusChapitre 95 sur 178 · UNE ES · texte numérisé non relu

UNE ES

S'agit-il en effet « du frein hydraulique du 120 et de la facon dont la pièce s'est conduite ? » Esterhazy avait assisté aux écoles à feu du camp de Châlons du 5 au 13 août 1894 (1). Il avait, quoi qu'on en ait pu dire, pu y voir et vu les batteries de 120 qui y ont manœuvré et tiré. Et, si le capitaine Le Rond à déclaré qu'on avait systématiquement écarté des batteries de 120 court tous les assistants à qui on voulait en cacher le fonctionnement (2), d'une part rien ne prouve que la note du bordereau s'appliquât au canon de 120 court : d'autre part le général Balaman a dissipé la confusion commise par le capitaine Le Rond, en indiquant qu'un tel ordre ne S’appliquail point aux officiers supérieurs appelés à suivre les manœuvres pour y voir précisément ce qui S'Y passait et suivre les choses intéressantes et, au premier rang, les essais du 120 court. Sans doute, alors que les batteries prenaient différentes positions, on à pu faire écarter d'elles les spectateurs qui s’en trouvaient trop près, qui gènaient la manœuvre ou dont la présence en groupes eût révélé à l’ennemi supposé l'emplacement choisi ; on leur à encore interdit de devancer les batteries sur les positions ; mais à cela seulement se bornaient les instructions données ; et tout officier, Esterhazy comme les autres, pouvait regarder les pièées, de quelque calibre qu'elles fussent (3). Esterhazy à donc été en mesure de fournir de ce chef une note répondant aux indications du bordereau.

N'en est-il pas de même évidemment en ce qui touche les « formations de l'artillerie ? (4). Nous avons déjà fixé le sens de ces mots. D'une part, nous avons montré que, S'ils désignaient les nouveautés qui faisaient alors lPobjet des essais de l'artillerie et qui résullaient du nouveau règlement de manœuvres journellement mis en pratique au camp de Châlons pendant lautomne de 1894, Esterhazy assistait à ces essais, qu'il avait vu ces formations nouvelles :; qu'il était dès lors en mesure de faire une note sur ce qu'il venait de voir et de surprendre. D'autre part nous avons établi que,

1) Curé. Rennes Il, 24%. — Ie Rond. Rennes II, 118-119. — Note du lieutenant-colonel Picot (M. G. dossier Picquart, p. 24). — Cpr. général Mercier, Rennes I, 119. — Lettres d'Eslerhazy au conseil de guerre, 3 Se0tembre 1899. cote 61. — Interrog. d'Eslerhazy (Rav.), 163.

2) Le Rond, Rennes IT, 117.

(3) Général Balaman, Eng. crim. I, 971-973.

(4) Général Mercier, Rennes I, 125.

De En

s'il s'agissait au contraire de connaître les formations de mobilisation dotées de canons de 95 ou de 120 court, il suflisait, pour être renseigné, ainsi que le recommandaient du reste les questionnaires de l'étranger, d'interroger des sousofficiers ou des employés chargés de la garde du matériel CRIE

Quel est d'autre part l'officier qui n'ait pu fournir une « note sur les troupes de couverture ? » (2) alors que c'était au Camp de Châlons l’objet de toutes les conversations (3) ; alors que tous connaissaient le dispositif provisoire communiqué sur cette question à l'armée en mai et juin 1894 et qu'il élait dès lors possible que la note du bordereau le visât, ainsi que cela à été soutenu devant le Conseil de guerre de Paris en 1894 ; — alors enfin que tous savaient, par une communication officielle faite le 20 juin à tous les commandants de corps d'armée, qu'un nouveau plan de mobilisation venait d'être arrêté qui nécessitait certainement quelques modifications aux troupes de couverture.

Nous avons dit comment {ous les éléments d'une Note sur Madagascar se trouvaient dans les divers journaux de l'époque avec celte particularité significative que les mêmes numéros de la France militaire traitaient à la fois de l’expédition projetée, du manuel de tir et des modifications aux formations de l'artillerie. Quoi de plus simple dès lors qu'Esterhazy y ait puisé les indications qui lui étaient nécessaires ? (4)

Quant au Projet du Manuel de tir, nous savons qu'il n'était que proposé à l'agent À. (5). Nous avons démontré que, contrairement à ce qui avait été dit d'baord (6), il n'avait rien de confidentiel (7). Nous avons remarqué que, si Drevlus Pavait librement à sa disposition dans le bureau même où il travaillait et où deux exemplaires étaient toujours sous la

(1) Voir p. 235-236.

(2) De DA Le amothe, Rennes III, 294 à 296, 299 à 301. — Général Sébert, Rennes III, 172.

(3) Hartmann, Rennes IN DPÈSE

(4) Voir pages 241 et suiv.

(5) Hartmann, Cass. Y9, I. 538, 539. — (Général Roget. Cass. 99, I 93.

— Bernheim, Enq. crim. 1, 72:

(6) Général RE ier, Rennes

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