‹ L'affaire DreyfusChapitre 98 sur 178 · PROCÉDÉS DE L'ÉTAT-MAJOR · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS DE L'ÉTAT-MAJOR

De f, 1tce qui précède, il résulle à l'évidence que Dreyfus ne peut être l’auteur de l'acte de trahison qui lui a été reproché, tandis que tout, au contraire, désigne Esterhazy comme l’auteur responsable du Bordereau. Comment donc expliquer que cinq anciens Ministres de la Guerre aient persisté à attester Ia culpabilité de l’innocent ? Comment comprenûre que la Justice militaire ait, à leur suite, commis d'aussi lourdes erreurs que celles que nous venons de relever el que, n'hésitant pas à acquitter Esterhazy que tout accable, elle ait, malgré l'enquête de la Cour de cassation, malgré l'arrêt des Chambres réunies, malgré la vérité qui perce de toutes parts, continué à considérer Dreyfus comme eoupable, et ait été ainsi amenée à renouveler à Rennes l'erreur judiciaire manifestement commise en 1894 ?

C'est ce qu'il nous reste à préciser en exposant tout à la fois les procédés qui ont été employés pour sauver l'œuvre de 1894, aussi bien que les mobiles qui les ont déterminés.

Au début même de cette partie de notre étude, nous tenons à faire remarquer qu'en dénonçant les procédés « de l'Etat-Major », nous entendons limiter strictement nos criliques à ceux qui, à celte époque de passions exaspérées, ont élé les inspirateurs ou se sont fait les instruments conscients el dociles de cette campagne inouïe à laquelle personne ne voudrait croire si les pièces n'étaient là pour dénoncer les crimes commis et forcer la conviction des plus récalcitrants.

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