LA POÉSIE..... MAJEURE ET MINEURE
Vers de Raoul Ponchon. — Ohé ! les graphologues î — Poésies vengeresses : « Gaulois » et « Patrie ». — Une histoire simple. — Les « J'accuse » d'un vélophile.
Quelque jour, peut-être , pour faire suite au fameux : Comme quoi Napoléon n'a jamais existé, on publiera un ouvrage non moins volumineux que le procès Zola, pour démontrer que les gens du XIX e siècle finissant, nos honorables contemporains, furent victimes d'une immense mystification, et que l'on se battit à coups de procès, d'interpellations et d'accusations pour une chose purement platonique, pour un personnage légendaire.
En attendant, constatons que la poésie, elle aussi, a donné, que bien des incidents, bien des épisodes du procès la mirent en gaieté, et qu'elle versifia à ce propos sur tous les modes, mode mineur oomme mode majeur.
D'abord, quelques vers de Raoul Ponchon (Journal, 14 février), d'un fin' en foutisme tout montmartrois :
Parle-moi donc de cette affaire
Multicolore
Et sommifère Dont on nous rebat dès Y Aurore?...
Qu'en penses-tu, muse ponchon ?
Dis-le-moi, dis :
Un fin cochon Y trouverait-il ses petits ?
Allons... je vois que tu t'en fiches
Et contrefiches,
O ma Niniche, Soyons donc deux à nous en fiche.
Deux! — Ponchon a raison, car avoir V air de s'en fiche n'est point s'en fiche, et quantité*de ceux qui jouaient l'indifférence durant ia quinzaine de l'affaire, ne résistèrent pas au premier appel, au premier cri des camelots annonçant le nouveau scandale du jour.
Mais beaucoup de témoins eurent le don de faire rire, de mettre en gaieté les plus sombres, — notamment l'homme à la redoute, à l'équation dans le buvard et l'homme au tableau noir, si bien que la science graphologique , chère à l'abbé Michon, et les graphologues, ses interprètes, se sont vus caricaturés et chansonnés. Ces vers du Journal méritent de ne point périr dans l'oubli du
papier quotidien, et pour ce faire, je les reproduis ici :