LE RÊVE DE ZOLA
Avec un peu de fiel, de rancune et de haine, Je ferais un martyr du lâche et du félon.
Si j'avais une preuve, un indice, un soupçon Contre un loyal soldat, grand chef ou capitaine.
J'aurais des airs vainqueurs et la mine hautaine ; On vanterait mon cœur, mon esprit, ma raison. Quand Dreyfus, par mes soins sorti de sa prison, Aurait laissé là-bas sa case, aussi sa chaîne.
Sans preuves, il est vrai, j'accuse Esterhazy Et l'armée et ses chefs. A quoi bon ? Car voici Que mon ballon piteux se dégonfle et se crève.
C'est un roman de plus, insensé, que j'ai fait!
Certain, prouvé, flagrant, restera le forfait :
La preuve que ma main ne tient pas n'est qu'un rêve !
Mais ici, du roman à la réalité il n'y a pas loin,
et voici avec quels accents La Patrie «journal »,
maudit la « trinité juive ».
La séquelle Zola, Dreyfus et Labori
Dans le buisson des lois en vain cherche un abri ;
Conspuons Labori, Zola, Dreyfus l'infâme ;
A leurs noms exécrés tout notre cœur s'entïamme.
A l'audace d'un traître enfin crions : Holà !
Maudits soient et Dreyfus, Labori et Zola ! !
Au Gaulois, maintenant, qui, quelquefois, cultive la poésie avec succès et, tout comme la Patrie, se laisse emporter par la fibre patriotique.
D'abord, ces vers qui répondent d'une manière indirecte à l'image du Fischietto représentant
Zola en Christ. D'après le poète en titre du Gaulois, le crucifié serait une crucifiée : l'armée fran çaise.