LE PROCES ZOLA ET LES CRIEURS DE JOURNAUX
Petits renseignements donnés par Le Gaulois du 27 février :
Les dix-huit jours du procès Zola ont été l'âge d'or des camelots vendeurs de journaux.
C'est ce qu'une petite enquête faite rue du Croissant nous a confirmé.
Depuis l'ouverture du procès Zola, la moyenne de la journée d'un camelot a été de vingt francs. Hier et avanthier ce chiffre a presque doublé.
— Mais, nous disait l'un d'eux, pour arriver à ce résultat, il a fallu rudement se dégourdir les... guibolles, connaître son Paris et les diverses catégories d'acheteurs. Tel journal du soir, d'allure grave, presque officielle, n'aurait aucune
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chance d'être vendu dans les quartiers populeux. Par contre, tel autre, que je ne veux pas nommer pour ne pas faire de jaloux, est instantanément enlevé dans les faubourgs. Les vieux routiers qui savent cela — comme moi par exemple — sont arrivés, ces temps derniers, à se faire des journées de députés. Mais le métier est dur, il faut avoir le gosier solide, et dame ! pour se tenir en voix, les stations chez les marchands de vins sont nécessaires... Le temps d'avaler un petit verre et en marche !...