‹ L'affaire Dreyfus et l'imageChapitre 96 sur 142 · ZOLA DEVANT LE JURY · texte numérisé non relu

ZOLA DEVANT LE JURY

(Uilenspiegel de Rotterdam, 6 mars 1898.)

* Voici une image parlante : Zola émergeant debout, la plume en main, de son Paris, d'où sortent, flammes de l'enfer, Panti-sémitisme et toutes les corruptions du temps présent ainsi que les personnages comme Esterhazy ou du Paty du Clam qui finissent par être aux yeux de l'étranger, les représentants des ténèbres.

Au milieu de ces flammes, il apparaît comme le représentant sacrifié du droit, la vérité étant muselée et un bras galonné se préparant à faire tomber sur le jury cette épée de Damoelès toujours suspendue depuis l'antiquité sur la tête du pauvre monde. Sous un tel pavé, le jury ne peut que braire : « Coupable ! coupable ! coupable ! » Peut-être trouvera-t-on que ces braves Hollandais ne sont pas très respectueux pour nos jurés, mais en cette image, ils ne se sont inspirés que de nok propres créations, de nos attaques sans cesse répétées par la plume et par le crayon, contre tous les jurys, — de peinture, de musique, d'enseignement, — à une époque considérée aujourd'hui comme réactionnaire, mais où le mandarinisme des fonctionnaires n'avait pas tué toute indépendance de pensée.

Et puis, disons encore pour excuser l'audace grande des Hollandais — peuple éminemment progressiste et individualiste — qu'ils ne font pour leur part aucune différence entre un jury de cour d'assises et un jury de peinture.

En tout cas, elle est significative cette image sur laquelle la botte du uhlan, c'est-à-dire la Force se pose, sur le Livre, c'est-à-dire sur la Pensée.

CARICATURES HOLLANDAISES

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