POUR L'HONNEUR XXVII
Lacour, Lucien Descaves, Marcel Buart, Pierre et Gabriel Bertrand, Paul Desachy, Pierre Quillard, Paul Adam, Bauër, Le Pic, E, Conte, — et des jeunes tels que Henry Rainaldy, Saiîit-Georges de Bouhélter, Maurice Le Blondy Eugène Monfort, Henri de Bruchard,
D'ailleurs, l'affaire Dreyfus dépasse aujourd'hui de beaucoup Dreyfus lui-même. Elle est toute la lutte des libéraux et des autoritaires. Sur elle se sont greffés cent' autres dénis de justice qui la compliquent des plus hautes questions sociales. Elle remet en discussion l'Antisémitisme, les principes des droits de l'homme y toute l'œuvre de la Révolution, Et quand onnous reproche de nous occuper exclusivement de l'affaire Dreyfus, c'est comme si l'on nous reprochait de vouloir sauver la Liberté,
Ces hommes que f ai cités — et je m'excuse d'en avoir omis un grand nombre — ont sauvé V honneur de la France. Grâce à eux, nous pouvons dire que les Etrangers, dont nous
XXVIII POUR L'honneur
subissons les sarcasmes, à cette heure, sont injustes à notre égard. Quelle est la nation capable de se passionner ainsi sur le point de savoir si un homme fut ou non illégalement condamné? Quel peuple, autre que le peuple français^ offrit jamais un spectacle comparable à celui de ces hommes se levant de toutes parts et bravant les persécutions pour protester au nom du droit violé ? Chez nos voisins, une telle affaire eût été étouffée, dès son origine. Nul ne se fût révolté. Vindifférence eût consommé le crime. Les juges, en Angleterre, en Allemagne y en Russie, ailleur s, ne sont pas plus in faillibles qu^enFrance. Les abus de l'autorité n'y sont pas moindres. D'où vient donc qu'on ne découvre jamais d'erreur judiciaire dans les autres pays, ou du moins que le fait y est fort rare, alors qu'il se renouvelle si fréquemment chez nous ?
C'est que nos voisins ont moins que nous cette conscience profonde qui s^émeut au pressen-