‹ L'affaire Dreyfus. Violence & raisonChapitre 20 sur 44 · POUR L'HONNEUR XXXI · texte numérisé non relu

POUR L'HONNEUR XXXI

que toutes leurs facultés, si bien que nous ne pouvons plus y lutter contre eux sans avoir le dessous. En voulant les abattre, nous leur avons livré la plus grande puissance moderne: l^argent. Là est la vraie cause de l'antisémitisme.

Les cléricaux et les réactionnaires f exploitèrent habilement contre les républicains. En frappant Dreyfus^ c'est la Révolution même qu'ils voulurent atteindre, car ils espéraient que la trahison de tex-capitaine deviendrait le crime de tous les juifs et que la responsabilité en retomberait sur la République qui les émancipa en les déclarant citoyens français. L'a/faire Dreyfus ne fut ainsi pour les jésuites qiCun moyen, une occasion de discréditer l'œuvre de 1789. Elle fut plus qu'une erreur judiciaire, elle fut un crime voulu, prémédité, le crime du cléricalisme et de l'antisémitisme. C'est ce que j'établis, à la fin de •

ce volume, par une argumentation irréfutable.

xxxii POUR l'honneur

J'ai, d! ailleurs, mis hors de cause le conseil de guerre de 1894, dont la bonne foi fut évidemment surprise. J'ai surtout accusé le lieutenant-colonel du Paty de Clam et le général Mercier qui furent, en cette affaire, les deux principaux instruments de la politique cléricale, le premier par fanatisme, le second par lâcheté. Quant aux juges qui condamnèrent Vinfortuné capitaine^ je dois dire ici que, si coupable que me paraisse le silence où ils s'enferment aujourd'hui — car ils savent qu'on les abusa par une illégalité dont ils ont eu le temps de mesurer l'infamie — il convient de les excuser. Ils risqueraient leur carrière en révélant le remords de leur conscience, et r héroïsme civique est une vertu trop rare pour qu'on puisse l'exiger de tous, même de nos officiers.

Pour d'autres raisons, il serait aussi injuste peut-être de trop accabler certains personnages galonnés dont l'attitude nous indigna, en

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