BETTE D'ÉTIEN VILLE ROMANCIER
du comité de surveillance révolutionnaire comme « ci-devant noble et ci-devant garde du corps du cidevant Monsieur ». « Il semble et il n'y a pas de doute, dit l'anonyme, qu'il doit avoir des liaisons avec les traîtres, car il a tenu à ma femme et à ma belle-mère des propos qui annonçaient la conjuration dévoilée. » La lettre conclut : « Voilà les instructions nécessaires pour faire connaître un homme ingrat, sans honneur, un fainéant et, pour tout dire en un mot, un noble du temps passé » C'était très grave. La dénonciation fut transmise par la section de Brutus à celle de la Fontaine de Grenelle; mais en y arrivant elle n'était plus anonyme. Les membres du comité avaient tous contresigné les déclarations d'un inconnu dont aucun n'avait pu vérifier le témoignage. Qu'advint-il? Le baron de Fages fut-il guillotiné?
Bette d'Etienville eut meilleure fortune, nonobstant deux nouvelles incarcérations à Besançon, puis à Champlite, en 1793 et 1794. Il avait eu l'idée ingénieuse de réunir en six petits volumes les trente-quatre principaux documents et mémoires de l'affaire du Collier2. La collection eut du succès et la vente en fut lucrative. Les mémoires qu'il avait rédigés pour le procès — auctor et actor — lui avaient révélé son talent d'écrivain et il mit à contribution son imagination féconde pour enrichir la littérature française de toute une série de romans, chacun en deux ou trois volumes : les Sacrifices de l Amour, la Prévention de