‹ L'affaire du collier, d'après de nouveaux documentsChapitre 78 sur 120 · L'EXTRADITION DE LA BARONNE D'OLIVA ET DU CHEVALIER DE VILLETTE · texte numérisé non relu

L'EXTRADITION DE LA BARONNE D'OLIVA ET DU CHEVALIER DE VILLETTE

Du fond de la Baslille, Mme de la Motte trouva le moyen de faire tenir un avis à Nicole d'Oliva, rue Neuve-Saint-Augustin, où celle-ci était allée demeurer depuis le 1er juillet. « Une calomnie atroce, lui mandait-elle, me retient captive et la môme main qui me frappe peut mettre vos jours en danger à cause de la scène du Bosquet, si vous ne sortez de France ». Nicole, effrayée, partit de suite avec son amant, Toussaint de Beausire, et gagna Bruxelles 2. Elle s'y installa sous le nom de Mme Genest ; mais la famille de Rohan , qui mettait la plus grande ardeur à répandre toute la lumière possible sur l'instruction du procès, ne tarda pas à l'y retrouver. L'abbé Georgel écrit à Vergennes dès le 12 octobre 1785, au nom des princes et princesses de Rohan, réclamant l'assistance du ministre des Affaires étrangères pour obtenir l'arrestation et l'extradition de la fugitive.

1. D'après les documents conservés dans les Arch. des Aff. étrang., Mcm. et docum., France 1399 et 1400.

2. Le passeport pour Bruxelles fut délivré par le ministère des Affaires étrangères le -23 sept. 1785.

Vergennes s'empressa de rédiger une dépêche sur ce sujet pour Hirzinger, chargé d'affaires du roi de France auprès du gouvernement des Pays-Bas autrichiens. Dans la nuit du 19 au 20 octobre 1785, la pauvre petite Nicole fut arrêtée à Bruxelles avec son ami et incarcérée dans la prison dite Treurenberg. Leurs effets furent mis sous scellés. Le comte de Belgioioso, ministre au gouvernement des Pays-Bas autrichiens et le conseiller au conseil privé, Reuss, s'étaient montrés et continuaient de se montrer d'une complaisance surprenante. Nicole était donc en prison ; mais voici que surgit une difficulté. L'extradition était contraire aux privilèges du Brabant. Quel embarras ! Il se trouva heureusement un moyen de lever l'obstacle : « Pour aplanir (ces difficultés) écrit le ministre des Affaires étrangères à l'abbé Georgel le 24 octobre, on suggère un expédient qui a été quelquefois employé avec succès. Ce serait de déterminer ces prisonniers à demander eux-mêmes leur translation pour aller se défendre en personne à Paris ». A cette fin, il serait nécessaire d'envoyer à Bruxelles une personne de confiance ou un inspecteur de police habile et expérimenté. Thiroux de Crosne proposa l'inspecteur des mœurs Quidor, et celui-ci accepta la mission d'aller démontrer au lapin qu'il était de son intérêt d'être mangé.

Arrivant à. Bruxelles, Quidor vit d'Olivaà la prison Treurenberg. Mais il la trouva rétive. Cette mauvaise petite tête n'était rien moins que disposée à réclamer elle-même son extradition. Elle avait tout au contraire introduit une requête au Conseil du Brabant protestant contre son arrestation illégale et demandant — eût-on imaginé cela? — sa liberté. « Au premier coup d'œil, écrit Quidor, j'ai reconnu la clemoi-

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