L AT FA IRE DU COLLIER
dépouillés de l'argent et des effets qu'ils avaient emportés. « J'ai au surplus autorisé, écrit Vergennes à Breteuil, à acquitter les frais occasionnés par la détention des prisonniers à Bruxelles, à la déduction d'une somme qui a été trouvée sur Bausire lors de son arrestation ». On ne se contentait pas de faire solliciter par le lapin la faveur d'être mangé, on lui faisait encore payer la sauce. Or Beausire était entièrement étranger à l'affaire du Collier, il ne fut même pas dans la suite appelé devant le Parlement.
Restait à récompenser le comte de Belgioioso et le conseiller Reuss de leur bon vouloir. Pour le conseiller au Conseil privé de l'archiduchesse Quidor propose crûment, dans une lettre au ministre, de lui donner 30 louis. Vergennes se décida pour une tabatière en or. « Vous voudrez bien, écrit-il au chargé d'affaires Hirzinger, témoigner ma sensibilité à ce sujet à M. de Reuss et l'engager à accepter une tabatière que je vous envoie ci-jointe. Vous la lui remettrez de la part du roi comme une marque de satisfaction que Sa Majesté ressent de sa conduite et de ses bons offices. »
Rétaux de Villette s'était réfugié à Genève où il vivait caché sous le nom de Marc-Antoine Durand. Ce fut encore l'inspecteur Quidor qui fut chargé de le découvrir. 11 obtint des syndics l'ordre d'arrestation, laquelle se fit le 15 mars 1786. Dans sa prison, à Genève, Rétaux reçut plusieurs fois la visite de l'auditeur Bontems. Nous avons une relation détaillée de la conversation que celui-ci eut avec le prisonnier ainsi que des interrogatoires q'ue les syndics avaient ordonnés.