PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION. XIII
ces deux manuscrits cités plusieurs fois dans cette nouvelle édition, non seulement à cause de quelques menus détails qu'ils nous ont fournis, mais encore parce que d'aucuns ont cru trouver dans ces documents Tinfirmation des conclusions que nous avions données à notre livre, tandis qu'ils en sont la confirmation la plus complète. Quelle est en effet l'appréciation finale que nous avions formulée dès la première édition^ Y Affaire du Collier? — «. Les conclusions de Joly de Fleury, procureur général, disions-nous, étaient équitables et modérées1. » Or ces conclusions de Joly de Fleury sont précisément l'expression des documents, mémoires, « résumés », notes, projets de réquisitoires, réunis dans ces deux volumes, par le procureur général lui-même. Et de la sorte nous sommes presque heureux de ne pas avoir connu ce recueil de pièces manuscrites en écrivant la première rédaction de cet ouvrage : par cette rencontre exacte avec les magistrats qui ont étudié l'affaire de la manière la plus approfondie, notre appréciation reçoit à présent un inappréciable appui2.
1. Affaire du Collier, début du chapitre xxxvi (dans la 5e édition, chapitre xxxix).
2. On a cru pouvoir faire argument d'une « lettre confidentielle » du 15 novembre 1785 (ms. Joly de Fleury 2088. fos -2-11--243), dont l'auteur estime à cette date que « M. le cardinal est beaucoup plus coupable que la dame de la Motte ». Cette « lettre confidentielle >< est un rapport du substitut Laurencel à son procureur général. Laurencel était tout dévoué à Marie- Antoinette, conséquemment hostile à Rohan. A la date où il écrit, les interrogatoires n'étaient pas terminés. Rétaux de Villette. le principal complice de Mme de la Motte, n'était pas arrêté. Au cours du procès, le premier président, le procureur général et son substitut ne cessèrent de marcher d'accord. Les pièces du recueil Joly de Fleur}- en apportent de nouveaux témoignages. Voyons ce qu'écrit le premier président quand le procès fut terminé : « Dans le cours de l'instruction et tant qu'il n'y a