LA POSTE AUX LETTRES DE LA RUE MARTLN
D*ailleurs, en principe, à cette époque, la malleposte, incommode et fatigante, n'était point destinée au transport des voyageurs, mais bien plutôt à celui des dépêches et des objets précieux mais de modeste volume, lesquels étaient placés dans une vaste caisse de bois noir fermée par de fortes courroies de cuir*. * Celle de Lyon était, ce jeudi 8 floréal, abondamment
chargée, car le contrôleur continuait à appeler :
(( Une boîte au citoyen Couvert, à Nîmes ; une, Amiot, à Marseille; une, citoyen Bluchet, à Valence ; une, citoyen Philippon, à Avignon ; une, Legendre, à Mâcon ; ; une, Guérin, à Melun. Y étes-vous, Blavet ? Six paquets f pour Nîmes, onze pour Marseille, huit pour Grenoble, : trente-sept pour Lyon, etc...-. »
f Et puis c'étaient des commissions données individuel-
ij lèment au courrier, littéralement assailli :
(( Excoffbn, n'oubliez pas cette petite boîte pour
mon frère, le citoyen Prudent, à Lyon? Vous lui direz que vous m'avez vu au départ et que j'allais bien ! »
« Ne perdez pas cette boîte de bijouterie, que la maison Zindell, Rocaufort, Le Conte et C'** me réclame depuis longtemps ^ ? »
Et, pour chacun, le brave homme avait une parole de promesse.
Enfin, entra dans la cour, escorté de quatre gen- J darmes, le fourgon de la Trésorerie nationale, d'où l'on déchargea rapidement dix boîtes de bois contenant sept millions d'assignats pour les placer aussitôt dans la malle qu'on boucla de solides courroies de cuir. L'inspecteur Gillet en donna reçu au commis de la Trésorerie.