‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 15 sur 80 · L ARRESTATION DK COURIOL KT DK I.A FILLE BREBAN · texte numérisé non relu

L ARRESTATION DK COURIOL KT DK I.A FILLE BREBAN

Heudon, dont la redingote ouverte laissait apercevoir répharpe tricolore, répondit d'un ton rude :

« Vous aurez bien plus ])eur lors([ue vous saurez ce qui nousamène. Vous vous appelez bien Couriol Etienne, ayant demeuré à Paris, rue du Petit Reposoir? »

Couriol fît un signe de tête affirniatif.

« Et la femme à vos côtés est bien la fille Madeleine Breban, votre maîtresse? »

Couriol trouva cette fois inutile de répondre.

u Citoyen, je vous arrête, ainsi que c^elte fdle; vous savez mieux que moi pour (|uelle raison.

— Ah ! pardieu, répliqua Couriol dont la figure, un moment étonnée et craintive, venait de reprendre son impassibilité habituelle, je crois, citoyen, que vous vous trompez. Aussi ne fais-je aucune diflîculté pour vous obéir, persuadé que dans quelques instants vous reconnaîtrez loyalement votre erreur. »

Madeleine Breban n'avait pas aussi belle assurance, et, en entendant Heudon déclarer qu'il les arrêtait tous deux, elle s'était mise à pleurer. La tête enfouie sous les couvertures, elle sanglotait. Guénot etOohier, restés à la porte, regardaient, atterrés.

« Allons, dit l'inspecteur, habillez-vous promptement, nous n'avons pas de temps à perdre. — Vous, dit-il à l'agent Aubry, fouillez-moi ces vêtements et cette armoire, tout en ayant l'œil sur ces particuliers. »

Pendant que l'agent remplissait la mission qui lui était dévolue, le lieutenant de gendarmerie pressait Couriol et sa maîtresse de terminer leur toilette; lieudon était descendu dans la salle à manger pour rédiger son rapport et procéder aux premiers interrogatoires. Guénot, ayant été mandé, déclara qu'il ignorait les faits que contenait l'arrêté du Bureau central dont il

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venait de lui être donné lecture et quMl ne connaissait point les auteurs du délit dont il s'agissait.

« Il est possible, citoyen, que votre bonne foi soit entière, lui répondit l'inspecteur; mais, veuillez toutefois vous tenir à la disposition de la Justice. Je me vois dans l'obligation de saisir tout ce qui est à vous, et notamment vos papiers. Vous irez les retirer au Bureau central à Paris, lorsque Tinslruction le permettra et que vous serez avisé. »

Heudon entendit ensuite l'agent Aubry qui avait perquisitionné, et, après avoir inventorié les objets saisis, il remonta dans la chambre de Couriol pour procéder à son interrogatoire. Couriol y était étroitement gardé par deux gendarmes.

C'était un homme de 5 pieds 4 pouces \ au visage allongé et brun, aux joues plates, au front haut, mais en partie couvert par les cheveux; ces cheveux, comme la barbe et les sourcils, de même que les yeux, étaient noirs; le menton, pointu, se terminait par une fossette; quant au nez, qui était long et aquilin, il portait du côté droit une légère cicatrice; la bouche était quelconque.

« Quels sont vos noms, lui demanda l'inspecteur de police?

R.— Jeme nomme Couriol, natif d'Avignon (Bouchesdu-Rhône) ^ âgé de vingt-trois ans, et demeurant à Paris, rue du Petit-Reposoir, n° 200.

D. — Quel jour étes-vous parti de Paris?

R. — Je suis parti le 17 floréal.

D. — Quels motifs ont donné lieu à votre départ, et où alliez-vous?

2. Avignon faisait alors jjartie du dt-parteniont dos Buuchesdu-Rhûiic.

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11. — Des alTaircs de commerce ont donné lieu à mon départ pour me rendre a Troyes, en Cliampagne.

D. — Quel est votre connuerce; est-il en gros ou en détail?

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